Pourquoi j’ai de moins en moins envie de scolariser mon fils.

Attention, dans cet article, je vais parler de ce qui ne me plaît pas dans le système scolaire actuel, mais en aucun cas je ne condamne l’école ou accuse les enseignants de quoi que ce soit. Je préfère le préciser! Ce que je vais exprimer, ce sont mes ressentis, mes inquiétudes, mes doutes, c’est très personnel! 🙂

Jamais je n’aurais cru en arriver un jour à cette question… “vais-je scolariser mon fils?”. De par ma formation, mes expériences professionnelles, j’ai eu la chance de découvrir les pédagogies actives (ou alternatives) mais aussi de travailler en milieux scolaires “classiques”. Cela m’a permis de me faire une idée, de faire naître quelques réflexions sur les rythmes, les programmes et tout ça.

Mais ça devient beaucoup plus concret depuis que je suis maman, car je dois avouer que l’école classique ne correspond à ce que je souhaite offrir à Petit Girafon. Je trouve que les journées sont bien trop longues, les apprentissages trop éparpillés (au détriment des acquis fondamentaux), l’enfant trop passif, sans parler du système de notation et d’évaluation qui me dérange vraiment. Le fait de réfléchir à tout ça a fait remonter beaucoup d’émotions de mon enfance. J’ai toujours été bonne élève, même très bonne élève… pourtant je n’ai JAMAIS aimé l’école. Je me souviens peu de l’école maternelle, normal… En revanche, dès les premières années de primaire, j’ai eu ce sentiment de ne pas être à ma place, sentiment qui ne m’a quitté que lorsque j’ai commencé à bosser. Je n’aimais pas qu’on m’impose des trucs qui ne m’intéressaient pas, ni de rester les fesses sur une chaise pendant des heures. J’avais cette impression d’inutilité… Pourtant j’étudiais, je faisais mes exercices, j’étais même une élève modèle… Sûrement pour ne pas décevoir, mais certainement pas pour moi. Je prenais plaisir à une minorité de matières qui elles me plaisaient véritablement. J’allais à l’école (puis collège et lycée) avec le sentiment de perdre du temps… Du temps que j’aurais pu consacrer à écrire, à lire, à cuisiner, à écouter de la musique, à faire des recherches, à aller me promener dans la nature… J’aurais pu faire de grandes études, j’en avais les capacités, pourtant j’ai tout abandonné pour les emplois précaires… mais j’y étais épanouie.

Enfin bref, je crois que j’aurais aimé qu’on me donne la possibilité d’être actrice de mes apprentissages, d’apprendre en fonction de mes intérêts et à mon rythme. J’ai envie d’offrir ça à Petit Girafon. Qu’il puisse s’il veut apprendre les fractions en faisant une tarte aux pommes plutôt qu’en planchant sur des exercices. J’aimerais aussi lui laisser la liberté des apprentissages autonomes.

J’ai peur de l’école, du système scolaire, je n’ai pas honte de le dire. Peur de ces notes qui classent les enfant, peur des comparaisons entre eux, de ces histoires de lacunes, de retards qui pour moi ne sont que des soucis de rythmes différents… Tout cela ne me correspond pas. Certains diront peut-être que ma démarche est égoïste, que je pense à moi avant de penser à lui ou encore que j’essaie de réparer mon enfance… que pour Petit Girafon ça se passera sûrement très bien comme pour la plupart des enfants. Peut-être oui. Mais si je peux lui offrir autre chose, qui correspond d’avantage à mes valeurs, pourquoi ne pas le faire?

J’ai accompagné pendant dix ans des enfants qu’on disait “en difficulté”, qui ne comprenaient juste pas la méthode qu’on souhaitait leur imposer. La découverte d’autres pédagogies m’a permis de les aider, et de réaliser que l’école peut être différente de celle que j’ai vécue.

Voilà, je voudrais seulement permettre à mon Girafon se s’approprier ses acquisitions, de se faire confiance pour apprendre. Certes, je n’ai pas les moyens pour les écoles alternatives très onéreuses… Alors il y a ce projet partagé avec deux autres mamans de créer la nôtre… En attendant, Petit Girafon n’entrera pas à l’école en 2015 (à 2 ans et demi il en est hors de question!), et peut-être pas non plus en 2016 si notre projet n’est pas encore en place… Et puis l’IEF ne me paraît plus si inaccessible, ni si marginale, je la comprends mieux… je l’envisage même. Je n’ai pas peur que mon Girafon soit en retard (par rapport à qui? à quoi?) ni moins sociable (la sociabilité n’est pas qu’une question de collectivité!). Je ne doute pas non plus de mes compétences. Mais j’ai l’envie de partager, mes compétences, celles d’autres, de partager cette envie d’une école différente, plus à l’écoute du rythme et des intérêts de chaque enfant. D’où ce projet d’école alternative.

Bref, je n’ai pas fini d’approfondir mes réflexions, mais j’ai vraiment de moins en moins envie de scolariser mon fils. Ce pavé reste très personnel, je n’envoie aucune attaque, aucun jugement 🙂

***

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Maud

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33 thoughts on “Pourquoi j’ai de moins en moins envie de scolariser mon fils.

  1. Je suis dans le même questionnement que toi. L’école n’est pas tout à fait organisé de la même façon en Belgique qu’en France mais ce que j’entends ne me plait pas… pourtant, je suis enseignante mais je ne suis pas en accord avec l’évolution de l’enseignement.
    J’aimerais qu’Arsouille puisse évoluer sans devoir rentrer dans des cases.
    Et pour la sociabilité, je ne me tracasse pas !

    1. Non, pour la sociabilité je pense qu’elle peut se faire hors du milieu scolaire, et peut-être même parfois de manière plus “saine”… car l’école est aussi un univers cruel pour certains enfants…
      Je me demande si un jour ça évoluera… c’est mal parti pour l’instant… plus les années passent et plus c’est la course à la performance, il faut noter évaluer sans arrêt, soutien scolaire dès la maternelle dans certaines écoles… J’ai du mal à comprendre lol

  2. Je rejoins Un papa sur le fait qu’on ressent ton émotion dans ce billet ! Je trouve que tu as grandement raison d’écouter ton intuition et de te donner les moyens d’offrir à Girafon ce qu’il te semble le mieux. C’est tout à ton honneur et je trouve ta démarche très belle, le projet vraiment sympa, de valoriser les compétences des uns et des autres 😉 Je te souhaite le meilleur pour ce projet.

  3. Mes enfants ont la chance d’être dans une école sous contrat mais pourtant avec des profs d’école formidables qui les laissent bouger (dans la limite du raisonnable ;-), qui les laissent choisir leurs exercices et activités, et qui laissent certains pédagogies poindre parfois leur bout de leur nez. On a eu du bol… quand on y a inscrit WonderBoy, on avait déjà eu de bons échos et on a posé nos questions. Leur projet d’éducation et de vie dans l’école ressemble à ce qu’on vit à la maison. On est en phase 😉

    Mais je comprends très bien qu’on puisse se poser ces questions, surtout maintenant où l’IEF est entré dans les moeurs 😉

    1. C’est rare de trouver des écoles comme la tienne… trop rare…
      Tous les enfants devraient pouvoir aimer apprendre, être acteur et actif dans ce qu’ils apprennent… malheureusement, dans la majorité des écoles on est très très loin de ça, et on s’en éloigne de plus en plus…
      Oui, l’IEF est bien moins tabou qu’avant, après en terme d’organisation, c’est parfois compliqué, surtout financièrement… mais bon, on va voir où toutes mes réflexions me mèneront 🙂

  4. Je te rejoins. Mais j’ai peur de ne pas savoir donner une éducation à mon fils…
    Peur qu’il se retrouve devant l’échec, de ne pas savoir m’organiser, peur de ne pas arriver à lui apprendre ce qu’il faut
    J’ai aimé l’école jusqu’au collège environ puis après… Une horreur, entre le harcèle (du collège jusqu’aux études supérieurs), les professeurs qui me rabaissaient, l’ennui dans la classe, l’impression d’apprendre des choses stupides, de trouver la façon d’apprendre ridicule.
    Et surtout la notation. Je me rappelle des profs qui disaient “je vais rendre les copies de la plus mauvaise à la meilleure” je trouvais ça méchant et humiliant :s
    J’aimerai tellement que mon fils connaisse mieux que ça. Mais les écoles alternatives sont tellement chères. Alors je voudrai essayer de le faire moi-même, grâce aux blogs de maman qui donne pleins d’astuces 🙂
    Des livres entre frenet/montessori etc etc je compte faire mon mélange 🙂

    en tout cas si tu ne le scolarise pas j’espère pouvoir suivre ton parcours sur ton blog 😀

    1. Après moi je crois beaucoup aux apprentissages autonomes. Il y a un mouvement autre que l’IEF qui est l’unschooling… c’est à dire qu’on laisse l’enfant libre d’apprendre ce qu’il veut quand il veut… pas de guide, pas de supports particuliers, on oublie le socle de compétence de l’éducation nationale… On propose un environnement stimulant (sorties en pleine nature, musées, livres à dispositions etc) et le parent vient accompagner l’enfant dans ses questionnements, mais pas de “cours” à la maison…
      Je trouve ça top, même si je pense que j’ai besoin de proposer un entre deux… entre l’instruction stricte et l’unschooling! Je te conseille de lire le livre d’André Stern!

      Je pense qu’on se met beaucoup de pression… mais finalement, on est capable de les mettre au monde, de comprendre et d’éveiller leur curiosité, alors je pense qu’on est toutes capables de les accompagner dans leurs envies d’apprendre 🙂

      1. Mais quand tu fais école à la maison il y a un suivit de l’éducation nationale non ? J’avais lu un article sur une femme dont les parents leur avait fait école à la maison et qui disait qu’ils avaient des visites pour vérifier leur apprentissage http://www.tarmasz.com/2015/03/lecole-la-maison-partie-1.html
        j’aime beaucoup sa bd en tout cas
        et une autre blogueuse qui fait école à la maison qui pareil à des suivis par l’éducation nationale.
        alors si on les laisse faire seul comment les “éducateurs” vérifie ?
        Personnellement je pense comme toi : musées, jardins, expositions, livres, bibliothèques peuvent suffirent.
        Mon fils à même pas deux ans que je “redoute” son entrée à l’école.
        D’ailleurs je trouve ça fou de les mettre la journée entière en classe !
        Après si il me demande lui-même je ne me verrai pas le lui refuser…
        Je vais voir pour acheter le livre merci ! Et qui sait peut-être trouverai-je le “courage” de sauter le pas le moment venu 🙂

        1. Oui il y a des évaluations, mais si j’ai bien compris en suivant les discutions sur un groupe d’unschooling, elles peuvent être refusées quand on pratique l’unschooling.
          Je suis encore un peu novice en terme d’instruction en famille, mais je continue à ramasser des infos! 😉

          1. Cela m’intéresse vivement! Pourrais-tu nous en dire plus sur les différences unscooling / IEF??? Je ne comprends pas comment on peut légalement refuser les “visites” de contrôles de inspecteurs académiques…
            Je connais quelqu’un qui faisait l’école à la maison pour ses enfants et qui a été “dénoncée” à la police par ses propres voisins! Elle le faisait en toute légalité, déclaration à la mairie, visites d’inspecteurs, là n’est pas la question: quelle honte de ne pas pouvoir offrir ce que l’on pense être le mieux à nos enfants!

          2. Oui la gendarmerie passe parfois pour vérifier pourquoi on ne scolarise pas les enfants… je vais essayer de me renseigner d’avantage sur l’unschooling, par rapport aux inspections et tout ça! j’essaierais de faire un article avec tout ça! 🙂

      2. Mais quand tu fais école à la maison il y a un suivit de l’éducation nationale non ? J’avais lu un article sur une femme dont les parents leur avait fait école à la maison et qui disait qu’ils avaient des visites pour vérifier leur apprentissage http://www.tarmasz.com/2015/03/lecole-la-maison-partie-1.html
        j’aime beaucoup sa bd en tout cas
        et une autre blogueuse qui fait école à la maison qui pareil à des suivis par l’éducation nationale.
        alors si on les laisse faire seul comment les “éducateurs” vérifie ?
        Personnellement je pense comme toi : musées, jardins, expositions, livres, bibliothèques peuvent suffirent.
        Mon fils à même pas deux ans que je “redoute” son entrée à l’école.
        D’ailleurs je trouve ça fou de les mettre la journée entière en classe !
        Après si il me demande lui-même je ne me verrai pas le lui refuser…
        Je vais voir pour acheter le livre merci ! Et qui sait peut-être trouverai-je le “courage” de sauter le pas le moment venu 🙂

  5. Je ne partage pas forcément tes doutes sur le système scolaire actuel (j’ai personnellement toujours adoré l’école !), mais j’ai les mêmes envies que toi pour mes filles !
    J’ai réfléchi aussi un peu à l’IEF, au moins pour les années de maternelles car je ne suis pas sûre de pouvoir assurer le reste, mais quand j’ai soufflé l’idée à Chéri, j’ai vu que c’était pas gagné vu sa réponse : “il va d’abord falloir gagner à l’euromillions !” (et c’est pas tout à fait faux car avec un salaire en moins, ça risque d’être compliqué)…

    1. Je t’avoue que j’en ai même pas encore parlé à l’homme lol ^^
      Comme je suis ass mat, je me dis que ça peut être compatible pour moi de faire l’IEF.. mais reste à convaincre l’homme que non, l’école n’est pas indispensable! ^^

  6. Moi l’école ne m’avait pas forcément déplu, plutôt certains camarade 😉 c’est bien si tu arrives a offrir cela a petit girafon, mais du coup tu lui ferais jusqu’à quel âge ? (sûrement une question idiote mais je n’y connais rien en IEF)

    1. Moi au contraire l’école j’en garde juste les souvenirs des copains (et encore plutôt lycée qu’avant…), des manifs, des cours qu’on séchait lol

      Je ne sais pas du tout quelle durée, comment ça prendra forme… Il n’y a rien d’obligatoire niveau scolarisation, juste l’obligation d’instruction de 6 à 16 ans… et des contrôles de l’éducation nationale pour voir si on fait bien quelque chose! ^^ Pour l’instant j’en suis encore aux réflexions, mais disons que l’IEF ne me fait plus peur 🙂

  7. Bonjour. Très joli blog et billet (on sent une certaine émotion de l’auteur dans cet article)… même si je ne suis pas forcément d’accord avec toi. Je me dit qu’une école alternative au rythme de l’enfant ne vat-elle pas uniquement repousser le problème ? Quand Petit Girafon (j’aime bien le pseudo au passage) sera en âge de rentrer au collège avec des heures strictes plusieurs profs… Va t-il pouvoir s’adapter à ce mode de fonctionnement ? Car plus on vieillit plus le travail s’effectue en comparant en notant… Au plaisir débute lire à nouveau maman mammouth 😉

    1. Bonjour! 🙂 C’est rare un papa qui commente mon blog! Bienvenu!
      Je suis d’accord avec toi, la société est basée sur la course à la compétence, aux comparaisons, mais je pense qu’on peut réussir à faire des choix de vie qui nous en protègent au moins un peu… Pour ce qui est de l’école, je pense que ça ne pose pas forcément de souci. Passer par l’IEF ou une école alternative, n’empêche pas de reprendre un cursus “classique” par la suite (bien qu’aller au collège n’ai rien d’obligatoire 😉 )… Il y a même des études menées surtout aux Etats Unis et au Canada qui montrent que les enfants qui ont été en écoles alternatives ou en instruction en famille développent des compétences très recherchées par les employeurs, comme un meilleur esprit critique, plus d’indépendance, de confiance en soi, plus aptes à prendre des risques et des initiatives, plus curieux… moins “scolaires” en somme.
      Certes, je te rejoints sur le fait que l’adaptation à un rythme très strict quand on sort d’IEF ou d’école alternative n’est pas forcément aisé, plus pour une question de rythme personnel que de compétences, là dessus je suis assez d’accord avec toi.

      Je n’en suis qu’au début de ma réflexion, mais envisager que mon fils (et mes futurs enfants) ne soient jamais scolarisés avant leurs études supérieures ne m’effraie plus 🙂
      Mais je prends les choses un peu au jour le jour et je me dis… on verra bien, en fonction des envies de Petit Girafon aussi! 🙂

      Au plaisir de te lire, bonne journée!

    2. Bonjour! je rebondis sur ton commentaire, car je m’intéresse depuis peu aux pédagogies alternatives. J’ai vu et lu des témoignages de profs, de parents et d’enfants, notamment sur le passage Montessori / collège, car c’est une crainte très partagée que les enfants aient du mal à passer d’un “système” à l’autre. La réponse semble être la suivante: certes, la rupture est abrupte et le rythme et la discipline en totale contradiction avec ce qu’ils ont connu. Pourtant, les enfants qui sont passés par les “ambiances” Montessori ont acquis une confiance en eux et une capacité d’adaptation très développées, ce qui leur permet de surmonter l’épreuve de ce passage, et toutes les épreuves à suivre dans leur cursus “classique”. 🙂

A vous !

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