Je reviens de plusieurs mois difficiles. Je menais un combat contre moi-même, des conflits internes, des doutes, des sentiments négatifs difficiles à gérer, une perte d’élan vital. Et puis ça va mieux. Tout n’est pas réglé, loin de là. Mais je respire enfin, je me sens plus sereine. Je pense avoir trouvé un rythme et un équilibre qui me conviennent. Qui nous conviennent. Mais surtout, je crois que je commence enfin à mieux me comprendre. Au bout de 28 ans il serait temps! ^^ Le parcours que nous avons commencé avec Petit Girafon a réveillé énormément de choses en moi. Des aspects de ma personnalité que j’ai souvent planqués ou évité de regarder en face. Sauf qu’il est devenu nécessaire que je prenne ce temps pour comprendre comment JE fonctionne… et que je me familiarise avec cette hypersensibilité avec laquelle je cohabite depuis toujours. J’ai enfin compris que je pouvais faire quelque chose de positif avec ce décalage que je ressens trop souvent.

Notre choix de l’instruction en famille n’est pas innocent. Bien sûr, c’est un choix induit par le blocage de Petit Girafon et son refus catégorique de retourner à l’école… Mais cette réflexion sur l’école, je l’ai depuis bien longtemps. Les quelques mois d’école de Petit Girafon l’an passé ont été assez dévastateurs sur moi-même. J’ai vu ressurgir un passé auquel je ne pensais plus! Je me suis revue, j’ai recommencé à avoir cette boule d’angoisse qui m’a accompagné chaque matin, dès 7 ou 8 ans. Jusqu’à maintenant, j’ai toujours cru que j’avais plutôt aimé l’école, ou en tout cas que je ne l’avais pas trop mal vécue. J’étais une élève modèle. Pas un pas de côté, sérieuse, impliquée, des bonnes notes, réfléchie… Bref. Et pourtant. D’aussi loin que je me souvienne, aussi loin que je remonte… je ressens encore cette oppression intérieure. J’ai toujours eu l’impression de perdre du temps. Pas “mon” temps, mais “du” temps. Du temps que j’aurais rêvé d’utiliser autrement…. à lire, à écrire, à faire des recherches sur les sujets qui me passionnaient vraiment. J’ai toujours aimé apprendre… mais pas apprendre n’importe quoi, n’importe comment.  Et puis, mon rapport aux autres n’a pas toujours été serein. J’étais plutôt sociable, je n’ai jamais été le bouc émissaire. Mais les conflits me dépassaient… Et par-dessus tout, je préférais mille fois n’avoir qu’une seule amie qu’être dans “un groupe”. J’avais alors du mal à saisir les codes, à savoir comment interagir. C’était sans doute trop de sollicitations à la fois. Je n’étais pas une solitaire pour autant. Comme aujourd’hui finalement… quand je suis très sollicitée “socialement”, j’ai besoin ensuite de “repos”, de rester au calme chez moi. Hypersensible un jour, hypersensible toujours. D’avoir enfin osé poser le doigt là-dessus m’a apporté beaucoup de sérénité.

Et donc, mon envie d’une vie sur mesure a encore grandi. Parce que Petit Girafon lui aussi est un hypersensible. Parce que quand je l’observe dans ses interaction sociales, je perçois ce qui le dépasse, ce qui le met dans des situations inconfortables. Je peux désormais l’accompagner en verbalisant, parce que je sais ce qu’il vit intérieurement dans ces moments là. Et de toutes ces observations, je comprends comme cela devait être parfois compliqué pour lui à l’école.

Il y a un autre point sur lequel lui et moi sommes très semblables. C’est notre rapport aux contraintes. J’ai toujours essayé de les fuir. Qu’elles soient horaires ou autres. Je m’accommode pourtant très bien des règles, je suis quelqu’un qui les respecte d’ailleurs scrupuleusement… Mais j’ai besoin de me sentir libre. Là est toute la nuance. Et mon Girafon est pareil. Lorsqu’il est dans un environnement très contraignant (déplacement à pied en ville par exemple), il est cet enfant “dur”, que d’autres jugeront de “capricieux”… En revanche, lorsqu’il est dans un environnement plus “libre” (en plein air) et bien ça n’est plus le même enfant, et il se conforme bien plus facilement aux règles, il écoute d’avantage, il explose nettement moins. Je me rends compte que c’est très difficile à expliquer avec des mots… Dans ma tête je perçois très clairement ce que je suis en train d’essayer de retranscrire ici… Mais, ici, ça n’est pas très clair… Je ne suis pas certaine que vous saisissiez vraiment ce que je cherche à expliquer! Pour prendre mon propre exemple… Je suis capable d’abattre un travail monstrueux lorsque je me sens libre de mon temps. Même si j’ai un timing court, parce que des délais à respecter… si je suis libre de disposer de mon temps comme je l’entends, je suis extrêmement performante et impliquée. En revanche, quand je cumule un délais serré, ainsi que des plages horaires très strictes (par exemple : 8h à 17h) et figées… et bien je peux vite perdre mes moyens et fuir. Ou alors je ferais quand même ce qui m’est demandé, mais au prix d’une énorme tension intérieure… Je crois que c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles, j’ai toujours préféré les emplois aux horaires variables… et pourquoi aujourd’hui, je cherche à me réorienter pour travailler de chez moi, et ainsi mieux respecter le fonctionnement qui m’est propre.

Construire une vie sur mesure.

Depuis notre retour de vacances, c’est vraiment le sentiment que j’ai. Que nous vivons une vie sur mesure. Nous voyons les copains/ines non scolarisés, nous passons des journées entières dehors…. Quand nous sommes à la maison, nous jouons, nous chantons, nous dansons, nous “travaillons” aussi, nous cuisinons… Nous essayons d’ajuster nos rythmes et nos besoins, et de mon côté j’ai trouvé une organisation qui semble me correspondre. Je vois mon Girafon épanoui comme jamais. Je n’ai pas crié depuis notre retour, je ne me fâche quasiment pas. On prend le temps en fait. C’est peut-être juste ça… On prend le temps de s’écouter et de se parler, de trouver des compromis et des solutions. Notre quotidien est véritablement plus apaisé… nos émotivités respectives aussi.

Alors, j’entends déjà les voix qui me diront que c’est pas “ça” la “vraie” vie… Que je ne rends pas service à mon enfant, à mes enfants… Car je ne les prépare pas à “notre” monde, au futur monde du travail. Sauf que je n’ai pas la sensation de vivre une “fausse” vie. Et puis à 4 ans… le monde du travail c’est bien loin!… et selon moi, il y a mille façons de construire sa vie, personnelle comme professionnelle. Oui, le monde du travail est souvent cruel, ou en tout cas la vie professionnelle en entreprise. Mais est-ce la seule manière de construire son avenir? Peut-être que mon enfant n’aura jamais l’ambition d’être salarié? Peut-être voudra t-il être son propre patron? être artiste? être itinérant? Tout ce que je souhaite en réalité, c’est lui offrir la possibilité de grandir et d’apprendre en toute sérénité. Je n’ai pas envie de faire de mes enfants des futurs adultes endurcis et prêts à affronter la dureté du monde. Non. Je souhaite qu’ils soient suffisamment confiants, qu’ils aient assez d’estime d’eux-mêmes pour être capables de s’adapter à notre monde de fou sans que ce dernier ne les détruise. Je n’ai pas envie qu’ils se construisent en pensant que l’important c’est “d’avoir”… je préfèrent qu’ils sachent “être”.

Après, c’est peut-être utopiste tout ça. Je suis sans doute toujours un peu naïve. Mais, mes enfants ont le temps avant d’être des adultes. Ils ont le temps d’être juste des enfants. Ils peuvent être libres. Je sais aussi que c’est une chance que j’ai de pouvoir leur offrir, nous offrir cette vie sur mesure et cette liberté. Ca représente certains sacrifices (notamment financiers…), mais qui me semblent dérisoires par rapport à la richesse de notre quotidien. Alors oui, les fins de mois sont un peu tendues… beaucoup même. Mais, on apprend à vivre avec moins. On consomme moins. Et au final, on se détache un peu de cette société de consommation, de pression, de productivité, de masse. Je crois qu’en fait c’est un vrai cheminement. Nos différents choix sont intimement liés.

Bref. Il est long et brouillon cet article. Je n’ai même pas l’impression qu’il soit très clair ^^ Parce qu’en fait il m’est difficile de retranscrire mes pensée. Dans ma tête c’est limpide! Mais, au final, cet article avait, je crois, surtout pour but de mettre des mots sur l’harmonie qu’on a un peu retrouvé dans notre quotidien. Nos choix ne sont vraiment pas innocents. Il n’y a pas qu’UN choix de vie. Il n’y a pas QUE l’école. Il n’y a pas QUE le salariat. Il n’y a pas QUE les supermarchés… Je crois sincèrement, que peu importe la dureté de notre monde, on peut TOUS construire une vie sur mesure, une vie qui prenne en compte nos besoins et nos particularités, nos envies et nos ambitions, une vie qui nous ressemble. Sauf qu’on est nombreux à ne pas avoir eu les clés, enfants, pour assoir une bonne estime de soi.

Voilà… réflexion du soir bonsoir (oui j’ai écrit cet article sur papier en pleine nuit ^^). Bravo si vous venez de lire cet article jusqu’au bout! 😉

Maud
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Maud

Maman blogueuse pro allaitement, maternage et éducation positive, pratiquant l'instruction en famille. Rédactrice web et traductrice. Résolument optimiste, j'espère vous transmettre ma bonne humeur et ma douceur!
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