Un tel contraste

Je suis plutôt absente ces derniers temps. Il faut dire que les semaines passent à une vitesse folle, que le moral n’est pas toujours au top… Pourtant, l’envie d’écrire est toujours là… J’ai des tas d’articles qui me trottent en tête, mais je manque de motivation pour me mettre devant le clavier ^^ Mais ce soir, je prends un peu de temps pour poser mes mots. Pour parler d’un sujet qui me tracasse. L’école.

Je ne m’arrêterais pas cette fois sur la déception que je digère mal concernant l’école de Petit Girafon. J’en ferai sans doute un autre article une autre fois… quand j’aurais pris un peu plus de recul sur tout ça. Aujourd’hui, c’est d’autre chose dont j’ai envie de parler, mais qui est intimement lié à l’école. Mon Petit Girafon est tellement différent lorsqu’il va à l’école.

Je récupère un petit garçon fatigué, grognon, irritable… Qui crie, tape, s’énerve… est… explosif. Il se passe rarement un jour où il va à l’école, sans crise de colère venue d’un autre monde, sans que je me fâche plus fort que je ne le voudrais, sans qu’il pleure, crie, hurle… Sans opposition quasi constante. C’est épuisant. Ce n’est pas anormal vous me direz. Certes. Je m’y étais même un peu préparée à ça… L’histoire de la figure d’attachement, le besoin de relâcher les tensions… Oui, je le sais tout ça. Mais, quand je vois le contraste qu’il y a entre les jours où il va à l’école (et il n’y va que le matin…) et ceux où il est à la maison, je ne peux m’empêcher de me questionner… et de haïr un peu l’école.

Parce que lorsqu’il reste à la maison, c’est un petit garçon tout autre avec lequel je vis. Bon, je ne vais pas vous mentir en vous disant qu’il est calme et tranquille. Non. Il reste ma petite tornade branchée sur le 220V. Mais il est nettement plus posé, moins irritable. Il jouer tranquillement, parfois de longs moments seuls. Il est moins demandeur d’attention. Il me parle normalement. Même lorsqu’un truc l’énerve, il n’en vient pas à l’explosion. Il est bien plus coopératif et souriant. Ce n’est pas facile en fait de retranscrire cette différence qui m’est flagrante. Sur l’écran, ça paraît si peu. Mais, en réalité c’est tellement énorme. C’est comme si j’avais deux petits garçons différents.

Mon Girafon a toujours été intense dans tout. Depuis bébé, ses besoins sont intenses, ses émotions, ses réactions. Mais, avec de la patience, de l’écoute et de la bienveillance (et des ratés parfois… je suis humaine ^^), chaque jour il apprend à se connecter à lui-même pour mieux se gérer. Il verbalise de plus en plus ses émotions et arrive à exprimer ses besoins de plus en plus naturellement, sans exploser. Alors, je ne rêve pas, mon petit garçon ne sera jamais calme comme une brise d’été hein. C’est une tornade, il est plein de vie, plein d’une énergie qu’il trouve on ne sait où. Oui, c’est fatigant souvent. Mais, c’est tellement d’avantage, en positif aussi.

Cette différence m’a marqué encore plus cette semaine. Son enseignante étant absente toute la semaine, il a gagné une semaine de plus de vacances. J’ai pris cette nouvelle avec un tel soulagement! Nous venions de passer des semaines éprouvantes émotionnellement. Beaucoup de cris, de larmes, de conflits… Et cette semaine passée a été d’une douceur!… Je ne me suis pas fâchée une seule fois. Oui, j’ai bien râlé un peu, mais ça, ça n’est rien de méchant ^^ Je n’ai pas haussé le ton une seule fois. Il n’y a pas eu une seule crise de colère. Des colères et frustrations oui, mais qui se sont gérées en toute sérénité et sans explosion, sans heurt. C’est fou. Si bien que j’en viens à redouter le moment où il faudra enfiler à nouveau le cartable…

J’imagine bien que je ne suis pas la seule maman à vivre ça, et que ça finit sans doute par passer. Mais je ne peux m’empêcher de me demander si l’école c’est vraiment fait pour lui… J’ai toujours senti au fond de moi que son équilibre serait ailleurs. J’ai d’ailleurs toujours ressenti cette envie de lui faire l’instruction à la maison. Mais, j’ai fini par me raisonner, par me dire que je reportais sur lui mes craintes, mon vécu mitigé de ma propre scolarité… J’ai fini par me fondre dans la “norme”, en essayant de me convaincre que ça se passerait bien ou du moins à peu près, comme pour la plupart des enfants. J’ai presque fini par croire les discours qu’on m’a tant rabâché. Presque. Toujours est-il que je ne me suis jamais autant questionnée qu’aujourd’hui sur cette question de l’école. Je culpabilise déjà beaucoup d’avoir fait le mauvais choix avec son école actuelle… Alors quel avenir scolaire pour lui? C’est vraiment pas simple… Je laisse du temps au temps, à la réflexion… Mais, je ne veux pas que l’école me l’abîme.

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Maud

Maman multi-casquettes, un brin écolo et pratiquant l'instruction en famille. Résolument optimiste, j'espère vous transmettre ma bonne humeur et ma douceur!
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12 thoughts on “Un tel contraste

  1. ici aussi on a été confronté à un comportement différent entre l’école et la maison.
    Ils nous ont dit qu’il ne s’arrêtait JAMAIS, qu’il ne savait pas se poser.
    ici aussi il est monté sur ressort, mais quand on a 3 ans et demi avec un gabarit de 6 ans, on a + de chance de pouvoir faire toute la folie (dans le sens amusement) qu’il nous passe par la tête….
    Je n’y croyais pas… ben oui… Paul a la maison joue à la pâte à modeler seul, sans notre aide. Sait faire des puzzles de 60 pièces sans notre aide. Aime regarder des livres seul… et tout cela facilement 30 minutes d’affilé…
    Bref je n’arrivais pas à me dire qu’il était sans aucune pause…

    et puis nous avons eu le RDV avec les éducateurs. J’ai un peu + compris.
    En fait, Paul veut tout savoir, tout gérer, tout contrôler… si il est seul, il va se lever pour savoir ce que font ses petites copines “où est….?”.
    Et puis si il aperçoit un copain, il va voir ce qu’il fait (ils sont plus grands que lui et ce qu’ils font eux, l’intéresse toujours)
    Enfin, suffit d’un pote qui passe à côté de lui pour que cela soit motif à chahutage.
    Paul est la mascotte de l’école, les filles lui caressent les cheveux, lui font des calins. Les garçons lui disent “tape en 5” ou autre…
    Bref… tout pour le sortir de son calme.

    Peut-être que c’est également cela pour ton girafon?

    De plus, nous avons vu un ORL (on observe toutes les pistes… absolument toutes ! même le vermifuger au cas où… )
    Cet ORL a dit qu’il avait du liquide derrière les tympans, et donc du coup, qu’il entendait comme si sa tête était sous l’eau, ou que ses mains étaient en permanence pressées sur ses oreilles. On n’a pas du tout déceler le problème pour plusieurs raisons : Paul n’a pas eu mal (otite sereuse ne font pas mal), et comme au début il n’écoutait pas trop car pas envie, on n’a pas fait gaffe que là c’était peutêtre du à un pb physiologique… et puis il entend de petits bruits donc on n’a pas du tout pensé à cela…
    Il se fait opérer le 31 janvier, on verra ce que cela donne.

    Quoiqu’il en soit, si cela ne donne rien de mieux : on fera des tests pour vérifier si avance ou retard ou autre…
    On va le faire se “dépenser” avec du sport et de la musique (il adore) sans aucune pression… histoire qu’il soit un chouilla plus fatigué, mais aussi que sa curiosité débordante, et son envie permanente de tout savoir soient un peu assouvie et qu’il soit donc, un chouilla plus calme…

    Et puis on lui donne de l’homéopathie pour le canaliser un peu car c’est vraiment très difficile et même si à la maison il a des périodes de calmes, il est clair qu’il est différent de “la norme”. Donc ok ce n’est pas déviant en soit, mais si cela pose problème pour son apprentissage plus tard, il en sera de même pour un futur emploi… donc on essaie de travailler maintenant sur tout cela.

    Encore bon courage à toi… je sais que ce n’est pas facile… mais que les jugements négatifs de nos entourages sont eux, tellement faciles!!! (et dès que cela touche nos enfants, nous sommes + émotives, + ciblées, + touchées, + malheureuses…)

    1. Merci pour ton partage d’expérience 🙂

      Pour mon bonhomme… il ne se même pas vraiment au groupe. Il a un camarade avec qui il aimait jouer, mais il n’a jamais trop aimé les grands groupes, il préfère rester observateur (et ça lui est reproché par son enseignante…).

      Après, il n’a pas encore acquis tous les codes de sociabilité et parfois quand il bouge bcp c’est qu’il cherche à attirer l’attention… le plus souvent car son énergie déborde ^^

      Mais bon… C’est pareil à la maison, je suis habituée 🙂
      Maintenant, reste à voir comment on gèrera ça dans le cadre “scolaire” ^^

  2. as tu penser un petit problème qui le bloquerait dans son apprentissage : un problème de dys ( dyslexique dysorthographique..) ou un problème de tdah se sont des choses qui peuvent facilement faire braquer les enfants si on ne les remarque pas assez vite et les mettre en echec scolaire alors oui il est petit mais l’école oublie souvent que ceux ne sont que des enfants et qu’il faut les laisser grandir!! aujourd’hui hélas on veut les voir grandir trop vite! en tout cas je te souhaite de bonne fête de fin d’année:)

    1. Pour moi il est encore trop petit pour déceler une DYS… Par contre on a pensé à l’hyperactivité ou un déficit de la concentration… Même si on pencherait d’avantage pour une hypersensibilité… On va donc lui faire faire un bilan psy, au moins s’il y a quelque chose à savoir on le saura 🙂

      Très belles fêtes à toi aussi!

  3. Si ton Girafon rentre si excité de l’école, cela ne me rassure guère pour la rentrée prochaine … Nous en ce moment, c’est la période de l’opposition / des grosses crises de colère alors c’est dur à gérer aussi ! Pour l’école, je te comprends : à partir du collège, j’y allais la boule au ventre (harcèlement scolaire) alors je serai particulièrement attentive avec nos enfants et je n’hésiterai pas si besoin de cours par correspondance pour leur éviter cette souffrance psychique.

    Je te souhaite un peu en avance de passer de bonnes fêtes : nos premiers Noël à 4 risquent d’être riches en émotion (Mini Miss est aussi bien ennervée avec les dents qui la travaille ces jours-ci et pleure bien plus que d’habitude ;-((

  4. C’est un plaisir de te lire et de suivre tes aventures de maman..
    Concernant ton “soucis” avec ton petit bonhomme: as-tu essaye de lui en parler? De comprendre ce rejet de l’ecole ? Peut-etre une mauvaise entente avec ses camarades? Peut etre une mauvaise entente avec la maitresse? Essaie de lui faire mettre des mots sur ces maux, ca aidera sans doute a mieux comprendre…

    Pour l’ecole a la maison, je n’ai pas d’avis la-dessus si ce n’est que cela enleve le cote social tres important de l’ecole.. Puis-je te demander ce que toi, tu as vecu a l’ecole pour la detester autant ?

    1. Merci pour ton commentaire.

      Mon petit bonhomme ne rejette pas l’école, il n’aime pas particulièrement ça, mais ne la rejette pas. Mais, je sais que ça ne se passe pas très bien pour lui, je sais comment et pourquoi et c’est difficile. Nous avons un choix à faire, mais qui n’est pas si évident. Notre 1er choix était de le changer d’école, ce qui n’est pas possible avant septembre… Il reste donc cette longue période jusque là où nous ne savons pas encore quoi faire…

      Le côté “social” de l’école… Je n’y suis pas particulièrement attachée. J’ai plusieurs amies dont les enfants ne sont pas scolarisés, et ils sont très sociables. L’IEF n’enlève pas la sociabilité je pense, mais offre une sociabilité choisie. Il est certain que si nous faisions ce choix, on verrait du monde, on profiterait des activités extra scolaires… Enfin, c’est toute une réflexion, et un choix à ne pas faire à la légère 🙂

      Après mon vécu de l’école… De l’extérieur personne ne pourrait croire que j’aimais si peu l’école. Excellente élève, élève modèle même, celle qui ne déçoit jamais, appréciée de tous les profs, bien intégrée dans ses différentes classes… Pourtant il y a peu de matin où je ne me suis pas réveillée avec une boule d’angoisse à l’idée d’y aller, et cela a commencé très tôt (j’avais 7-8 ans…). J’ai toujours eu l’impression d’une perte de temps, de me sentir totalement inutile assise sur ma chaise… J’ai du mal à exprimer clairement le pourquoi je n’aimais pas l’école, mais c’est un ressenti qui m’a suivi toute ma scolarité. Et d’ailleurs, alors qu’après mon bac, tout le monde attendait de moi que je fasse de grandes études… j’ai tout lâché.. commencé un BTS que je n’ai jamais terminé, je me suis inscrite à la fac et n’y suis quasiment jamais allée… J’ai préféré travailler. Ce qui est certain c’est que l’école a castré ma créativité et n’a pas arrangé le peu d’estime que j’avais de moi.
      J’ai choisi de travailler dans les milieux peri-scolaires… et ça n’a pas arrangé l’image que j’avais de l’école… Pour les enfants qui entrent dans le moule qu’elle demande, ça se passe plutôt bien… pour les autres, ça devient très vite un vrai parcours du combattant… (attention, je ne remets en rien en cause les enseignants et leurs compétences, mais le système scolaire dans sa globalité).

      Enfin bref ^^ Pour l’instant je profite de ces vacances sereines… et puis on verra bien … un jour après l’autre 🙂

A vous !

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