Voilà un thème que j’ai déjà abordé sous plusieurs formes dans le blog… En vous retranscrivant la conférence d’Isabelle Filliozat, en vous parlant de la formation de communication bienveillante que j’ai suivie… ou encore dans cet article qui reste l’un des plus lus et des plus partagés. Il y a quelques semaines, on m’a proposé de plancher à nouveau sur le sujet en participant à un carnaval d’articles. C’est-à-dire que nous sommes plusieurs blogueurs à écrire sur cette thématique pour vous donner notre “définition” de la parentalité positive, ou éducation bienveillante.

Ce n’est pas du tout quelque chose de simple à définir. Pour beaucoup de parents, ce chemin éducatif reste assez flou… De l’extérieur, beaucoup l’apparentent à du laxisme, ce qui n’a en réalité rien à voir. La parentalité positive exclu totalement le laxisme. En fait, éduquer ses enfants sans violence, de manière positive et respectueuse, c’est parvenir à allier fermeté et bienveillance… et autant vous dire que c’est un sacré challenge! Évidemment, si c’était facile, ça se saurait. En règle générale, l’éducation de nos enfants est, selon moi, la plus difficile mission qui nous soit confiée, quels que soient nos choix éducatifs.

Lorsqu’on décide de se lancer dans l’aventure d’une éducation différente des normes sociétales (oui… pour l’instant la parentalité positive n’est pas la norme… même si elle fait son nid petit à petit!), on fait face à plusieurs difficultés totalement indépendantes de nos propres enfants. Premièrement, le regard des autres et l’impression d’être un peu marginal. On passe souvent pour des extraterrestres, des babas cool, des gens bizarres et on entend des réflexions assez blessantes… “Tu verras dans 10 ans quand il te crachera dessus!”, “ouais mais c’est facile pour toi, ton gosse il est sage”… (et celles-ci sont assez soft). Oui, ça fait mal ce type de remarques, car on se sent vite remis en cause dans son rôle de parent.

Ensuite, il faut s’affranchir de sa propre éducation. Nous sommes encore assez peu à avoir été éduqués de manière non violente… Les “méthodes traditionnelles” sont donc bien ancrées en nous, et ont créé des réflexes dont il est parfois difficile de se défaire. Finalement, la parentalité positive commence peut-être par un travail sur soi ?

Enfin bref. Une fois qu’on est conscient de ces premières difficultés, on doit les conjuguer aux petits amours de nos vies : nos enfants. Ce sont des êtres entiers et en construction. Ils passent par tout un tas de phases qui nous émerveillent… ou nous poussent à bout. Non, ça n’est pas simple d’élever un enfant, malgré tout l’amour inconditionnel qu’on lui porte. Mais, choisir de l’éduquer sans violence c’est lui faire le plus beau des cadeaux selon moi. Choisir de ne pas punir, de ne pas taper (je rappelle que pour moi TAPER = fessée, petite tape sur la main ou la couche, gifle, grosse torgnole … Je ne hiérarchise pas la violence), de limiter les cris, de ne pas humilier, de se passer de chantage… C’est s’ouvrir d’immenses autres portes!… et surtout celle d’une communication qualitative.

Nous voulons tous que nos enfants nous témoignent du respect. Quand on se tourne vers l’éducation bienveillante, on choisit d’inspirer ce respect en montrant l’exemple et non en inspirant la crainte et la peur à son enfant. On sort de l’image de la supériorité parentale, pour se positionner en guide, en accompagnant. Nous devenons celui qui accompagne son enfant sur les chemins de la vie. Et bien entendu, les règles ont leur place! Il est évident que l’enfant a besoin d’un “cadre” pour évoluer sereinement. Il a besoin de repères, de savoir ce qui est permis, ce qui ne l’est pas, ce qui dérange l’autre, ce qui fait mal, ce qui peut être dangereux. Il est donc primordial d’établir des règles et de savoir les maintenir avec fermeté, justement pour ne pas tomber dans du laxisme. Mais la fermeté ne passe pas nécessairement par des punitions, par des cris, des mots cailloux, des fessées… Pour moi, il est bien plus efficace que l’enfant comprenne la portée des règles et qu’il y coopère plutôt qu’il s’y soumette. Et s’il transgresse une règle? Et bien il y a une conséquence éducative derrière… qui n’a rien à voir avec une punition (souvent sans rapport avec la “bêtise”). Il s’agit de “réparer”. Je renverse un verre -> je nettoie. Bon, d’accord, cet exemple-là est très simple… Forcément cela se corse un peu lorsque son enfant a tapé quelqu’un (ou nous a tapé), lorsque son ado n’a pas respecté l’heure pour rentrer… Mais taper son enfant en retour lui apprendra t-il qu’on n’a pas le droit de taper qui que ce soit ? Punir son ado de sortie sera t-il une solution efficace ? Je crois que dans les deux cas on risque de créer encore d’avantage de frustration, de colère… peut-être engendrer de la honte, voire même des envies de vengeance. Bref, ça n’est pas simple de trouver une conséquence éducative directe, mais on peut trouver des alternatives, et cela passe par une communication ouverte et de qualité. Il faut accepter d’écouter pleinement son enfant, même si ce qu’il dit ne nous plaît pas. Il faut savoir accueillir ses émotions, ses ressentis, même négatifs. Et il faut savoir soi-même exprimer ses propres émotions (“Je me sens… quand…”).

En fait, c’est tout un programme! Un vaste programme… Je pourrais en parler des heures, mais je vais finir par vous perdre ou vous faire peur! Oui, c’est clair que ça fait peur de se lancer sur ce chemin de la parentalité positive… Combien de fois je me dis que jamais je ne vais y arriver, que je n’en suis décidément pas capable… Mais quand je vois certaines petites graines semées qui germent, cela me donne la force de continuer, et me redonne foi en mes convictions. Choisir la parentalité positive, c’est offrir à son enfant tous les outils pour développer confiance et estime de lui-même. Et c’est un cadeau inestimable! Bien sûr, il y a des ratés, des moments de doute aussi. Mais cela fait partie du challenge. Le parent parfait n’existe pas, et oser montrer à son enfant qu’on a des failles, que nous aussi on fait des erreurs mais qu’on sait les reconnaître… c’est tout aussi précieux qu’accueillir ses émotions.

Au final, je ne sais pas si ce pavé clarifiera vraiment ce qu’est la parentalité positive. Mais, je l’ai écrit au fil de ma pensée, avec tout ce que m’inspire ce choix parental et éducatif. Je galère au quotidien, je ne vais pas vous mentir. Y a des grosses failles dans ma bienveillance, mais je suis convaincue par ce chemin que j’ai choisi, alors je fais tout pour m’améliorer, pour trouver des outils, des alternatives pour toujours plus d’harmonie entre mes enfants et moi.

Si vous avez envie de lire les articles des autres blogueurs participants à ce joli carnaval d’articles, je vous invite à vous rendre sur l’article de Jennifer : http://astuces-bienveillantes.com/inedit-12-blogueurs-definissent-leducation-bienveillante/

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Maud

Maman blogueuse pro allaitement, maternage et éducation positive, pratiquant l'instruction en famille. Rédactrice web et traductrice. Résolument optimiste, j'espère vous transmettre ma bonne humeur et ma douceur!
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