Education bienveillante, phénomène de mode?

Au risque d’en décevoir certains et de peut-être me faire des ennemis, mon avis sur la question est déjà très clair. Pour moi l’éducation bienveillante (non-violente, positive) n’est bien sûr pas le dernier truc à la mode en matière d’éducation. Non. C’est une évolution. Une évolution normale et salutaire de l’éducation, éclairée par nos nouvelles connaissances sur l’enfant, ses besoins, le fonctionnement de son cerveau. Je vais être assez tranchée dans cet article, mais après tout je suis chez moi ici, et puis c’est écrit en haut “Blog pro allaitement maternel et maternage, Education bienveillante et non violente” 😉

Pour moi, l’éducation non violente devrait devenir la “norme” éducative pour TOUS les parents, TOUS les enfants, TOUS les professionnels de l’enfance et de l’adolescence. Oui oui, rien que ça. Pourquoi? Parce qu’avec toutes les études, les recherches et les avancées faites depuis des années (pour ne pas dire presque un siècle, puisque les pédagogues des pédagogies alternatives s’interrogeaient déjà à ce propos), on ne peut pas continuer à dire que c’est bon pour nos enfants de les taper (entendez par là : fessée, gifle, claque, tape sur la main ou la couche, et autres gestes violents), continuer à les punir, les vexer, les humilier, les dominer… On ne peut plus continuer à affirmer que cela fait d’eux des enfants sages qui deviendront des adultes responsables et respectueux. Jusqu’à preuve du contraire les délinquants et criminels n’ont pas été élevés dans la non-violence éducative.

On se plaint souvent que les enfants mentent. Ils le font tous. Mais au départ, ils mentent pour arranger la réalité, pour se la rendre plus rassurante, plus agréable… Ils sont souvent guidés par leur imaginaire. Mais quand l’enfant se met à mentir pour dissimuler ses bêtises… De quoi a t-il peur? D’être puni, grondé, corrigé (=tapé) le plus souvent. Un enfant qui n’a pas peur d’être puni, fessé, grondé, viendra plus facilement de lui-même avouer sa bêtise, et la réparera sans qu’un conflit qui blesse tout le monde ne naisse.

Je ne parle pas là du pays des Bisounours où les enfants seraient des anges, sages comme des images. Non. Un enfant est entier, avec ses besoins, ses désirs, ses opinions, ses émotions débordantes. Seulement, soit on choisit la méthode forte qui fait entrer la disharmonie dans la famille, soit on se tourne vers une éducation plus respectueuse. Taper son enfant, être trop dur avec lui ne va pas le rendre respectueux envers nous, mais craintif et souvent renfermé et/ou provocateur. Je crois fermement que pour que mon enfant me respecte, je dois commencer par le respecter. Cela me paraît logique, tout autant qu’il est illogique d’apprendre à un enfant qu’il est interdit de taper ou crier, en le tapant ou en lui criant dessus. Bien sûr qu’on aime ses enfants même quand on est dur avec eux, même quand on les frappe… Mais quel message lui envoie t-on? Qu’on peut aimer quelqu’un et lui faire mal, lui faire du mal?

Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il faut tout laisser faire à l’enfant, tout lui céder. L’éducation bienveillante n’est pas synonyme de laxisme, absolument pas. Il y a des règles à respecter, des règles de vie, des règles sociales. Mais au lieu de les imposer en force, on les met en place avec l’enfant en douceur, en l’accompagnant avec bienveillance pour qu’il les comprenne et les intègre. Et non qu’il s’y sente “contraint”. Cela permet aussi de le responsabiliser face à ses actes.

Donc clairement, pour moi, l’éducation bienveillante n’est pas un phénomène de mode. Bien sûr c’est difficile… Il est bien plus facile de filer une fessée à son enfant quand on est excédé par son comportement. Moi aussi des fois j’aurais envie de tout envoyer valser, de hurler que j’en ai marre… Des fois j’ai des loupé, souvent je manque de patience… Mais je continue car je suis convaincue d’avoir emprunté le bon chemin. Eduquer sans violence, sans punition, demande du temps, beaucoup de temps, de la patience et des remises en questions. Il faut aussi être capable de demander pardon, car l’erreur est humaine, on n’est pas parfait. Enfin, il faut réussir à s’affranchir de sa propre éducation. On est nombreux à avoir reçu des gifles ou des fessées, à avoir été punis, à avoir reçu des mots cailloux, et à aller bien, à “ne pas en être mort”… Oui, mais quelles séquelles cela a t-il laissé sur notre confiance, notre estime de nous-même? Sur notre émotivité? Sur notre capacité à faire des choix? Et puis, on n’est pas obligé de reproduire l’éducation qu’on a reçu.

J’espère n’avoir heurté personne avec cet article. Si c’est le cas, je tiens à présenter mes excuses et à préciser que je ne porte aucun jugement. L’éducation de nos enfants est la mission la plus difficile qu’il nous soit confiée. Cependant, j’en ai juste marre des énormités et des horreurs que je peux lire et entendre… Je pars du principe qu’on ne fait pas ce qu’on VEUT avec ses enfants, mais qu’on fait ce qu’on PEUT, du mieux qu’on peut. Nos enfants ont des droits, tout comme nous. Sauf qu’en 2015, on se permet encore des choses envers l’enfant qu’on n’oserait même pas imaginer faire à son mari, à un ami, ou même à son animal.

Il faut que ça change. Il faut que les outils d’accompagnement à la parentalité se développent, se multiplient, qu’ils deviennent accessibles à tous. Il faut plus de structures d’aide pour les parents, où l’écoute est active et bienveillante, car il nous arrive à tous de nous retrouver totalement perdus et démunis.

C’est un gros pavé que je viens de lancer… mais j’avais besoin de l’écrire. Si vous êtes arrivés au bout de cette lecture, n’hésitez pas à me laisser un commentaire. Même si vous n’êtes pas d’accord. Il est vrai que je suis assez tranchée par rapport à la violence éducative, mais je suis quelqu’un de profondément ouvert, j’aime échanger.

***

Si vous cherchez des lectures :

– Mon article sur le blog Côté Bébé : http://blog.cotebebe.fr/education-non-violente-maman-mammouth-341.php

Pour une enfance heureuse : repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau de Catherine Gueguen (éclairage scientifique)

Parents efficaces de Thomas Gordon

Eduquer sans punir de Thomas Gordon

J’ai tout essayé d’Isabelle Filliozat

Au coeur des émotions de l’enfant d’Isabelle Filliozat

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent Faber et Mazlish

(liste non exhaustive)

*Image provenant de CE BLOG.

Maud
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49 thoughts on “Education bienveillante, phénomène de mode?

  1. Je suis totalement d’accord même si pour moi l’éducation positive n’est pas encore au top. Je tente d’évoluer vers malgré encore beaucoup de raté. Oui cela est dur et il est vrai que cela serai aggréable d’avoir du soutien des conseils. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai commencé a suivre votre blog pour prendre tout les conseils toutes les astuces pour pouvoir évoluer dans cette éducation.

    1. C’est très beau de choisir de “changer”, même si ça n’est pas parfait (de toute façon, rien ni personne ne l’est)…
      J’ai eu la chance de découvrir cette éducation positive à la naissance de mon fils, de donc de le faire grandir avec, et moi de devenir une maman très différente de celle que j’avais imaginé être, une maman plus douce, plus à l’écoute.
      Mais j’admire vraiment les parents qui font cette démarche, même après plusieurs années d’une éducation plus “traditionnelle”… car il n’est jamais trop tard, et car ça n’est vraiment pas simple 🙂

  2. Je partage tout à fait ce point de vue et je fais de mon mieux pour emprunter ce chemin avec mes filles. Mais c’est parfois difficile. J’ai parfois l’impression de me dire que je saurais gérer une situation et d’oublier tout le moment venu sous l’effet de la fatigue, l’énervement…
    Merci pour cet article!

    1. Tu as raison, ça n’est pas toujours simple… Comme toi, je me dis que je saurais gérer telle ou telle situation mais une fois devant… c’est moins simple… Mais heureusement, on a droit de se tromper et on a toute une vie pour progresser 🙂

  3. Vaste programme que de transformer l’autorité parentale en un accompagnement éducatif.
    Depuis que le monde est monde, la sévérité et la soumission ont été imposées aux enfants.
    Chacun de nous porte en lui cette marque de fabrique.
    Se débarrasser de ces démons génétiques n’est pas une mince affaire mais l’effort en vaut la chandelle.
    Comme vous le dites si bien, les criminels ont tous eu une éducation violente………..ou pas d’éducation du tout.
    Vous êtes dans la quête d’un juste milieu. Même si ça ne garantie pas un avenir équilibré aux futurs ado et adultes, le mérite aura été de leur permettre un choix, de leur donner un exemple.

    Concernant les structures que vous imaginez, je ne suis pas persuadé qu’il faille impliquer encore et encore la société pour trouver de l’aide.
    C’est un parcours initiatique qui reste inclus dans la cellule familiale.
    La société a pour devoir d’en faire autant dans l’accompagnement à l’éveil et à l’instruction et se pose ainsi en élément supplétif (et pas intrusif) à l’accompagnement de l’enfant.
    Chacun doit garder son rôle. Ceci n’empêchant pas pour autant une entraide de parents à parents (pourquoi pas sous une forme associative ou, comme vous le faites, par l’intermédiaire de blogs).

    Bravo pour cet article.

    1. Merci pour votre commentaire 🙂
      Quand je parlais de “structure” c’était dans le sens d’associations par exemple, ou que les lieux d’accueils parents/enfants aient des intervenants au moins informés sur cette éducation… Juste pour que les parents ne se sentent pas seuls, qu’ils trouvent une écoute bienveillante quand ils se sentent perdus. Mais je suis d’accord, la société ne doit pas être intrusive 🙂

    2. Je suis entièrement d accord avec cet article. Et je pense comme l auteur il faudrai qu on nous informe de cette autre possibilité. Pour ma part J ai découvert cette façon de faire de manière inattendue (une tape sur la bouche de ma princesse de 17 mois et la révélation : non je veux pas être ma mère, un mot sur fb et une connaissance qui M à tendue la perche. ) je trouverai super que dans les boîtes de maternités / grossesse on mettent des listes de esr livre type J ai tout essayé , etc, ou carrément des extraits de livre. Pas pour convertir, juste pour dire on peut faire autrement.

  4. Quel bel article, j’essaye au mieux d’appliquer ce type d’éducation mais ce n’est pas facile à mettre en place et ce n’est pas nôn plus facile d’oublier la façon dont nous on nous a éduquer c’est encrée en nous . Il m’arrive bien trop souvent de crier j’ai elle lis des petite fessée et la seconde d’après qu’est ce que je m’en veut et je m’en veux pendant des heures, mais je n’arrive pas à me resonner avant de la faire , c’est plus fort que moi , je m’excuse auprès de ma fille en lui disant que j’étais très fâché pour sa bêtise mais que moi aussi je viens de faire une bêtise j’ai mal réagis que j’aurai du faire autrement . J’ai encore beaucoup de travail à faire sur moi , je pense justement à travailler sur ma propre éducation que j’ai reçu et ma confiance en moi et ma colère , mais bon sang ya encore du boulot. Merci pour cette article qui me donne encore envie de trouver le courage d’y arrivé

    1. Ps: je peux vous dire qu’il m’en faut du courage pour vous avouer ce que je viens d’écrire car j’ai honte d’être comme ça .
      Et pardon pour les fautes ( j’écris de mon tel donc correction automatique et puis je fait plein de fautes si je me relis pas , et même parfois quand je me relit lol)

      1. C’est difficile, comme tu dis… Les réactions de nos enfants font écho souvent à notre enfance et on réagi au quart de tour… Mais tu sais, le fait que tu essaies, que tu aies le courage de t’excuser auprès de ta fille, de lui dire que ce que tu as fait été une bêtise, je trouve que c’est déjà énorme! Cela lui montre qu’un adulte peut se tromper, être capable de le reconnaître et essayer de faire autrement, et je pense que c’est très précieux 🙂
        Courage, ça n’est pas un chemin facile, mais toutes les petites pierres que tu poses, malgré les embuches, sont des pierres précieuses! <3

  5. Un article parfait, qui reflète ce que je pense. J’espère que ces mots, ces phrases permettront de faire évoluer encore quelques mentalités parfois fermées.

  6. Je suis tellement d’accord avec vous que je ne sais par où commencer. L’éducation bienveillante est bcp trop souvent confondue avec du laxisme. Que de jugements et de critiques on reçoit quand on a fait le choix de cette éducation. Parfois même des gens les plus proches de nous… La société est formatée selon un autre mode. J’estime aussi que l’éducation positive, bienveillante devrait devenir la norme mais encore trop de parents se lancent sans savoir
    Parce que c’est tendance…
    Tous les parents n’ont pas compris que c’était un choix, un engagement à vie…
    Connaître les phases de développement, renforcer le lien d’attachement… ils ne savent pas.
    alors oui, je suis pour des cours de préparation lors de la grossesse ☺
    C’est le plus beau cadeau à offrir à nos enfants
    Écouter ses besoins tout en ménageant les nôtres, dans un respect mutuel. Fixer un cadre bienveillant et structurant pour en faire des adultes épanouis capables d’aimer.

  7. Je ne peux qu’être d’accord avec toi! Même si parfois c’est difficile (comme toi la patience) mais nous sommes humains après tout. Nous ne sommes pas parfaits et les enfants non plus! Cette éducation est difficile à faire comprendre aux plus âgés malheureusement. Nous nous sommes brouillés avec les parents de mon mari 🙁

    1. Oui c’est difficile au quotidien… mais on fait au mieux. J’ai la chance que mon entourage ait accepté notre choix, même s’ils ne comprennent pas trop, ils acceptent et respectent, c’est déjà beaucoup!

A vous !

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