Mon hypersensibilité

L’hypersensibilité, c’est un peu comme l’hyperactivité… On en entend beaucoup parler, ce sont deux mots qu’on emploie un peu à tout va. Les enfants qui sont très dynamiques, qui bougent beaucoup ne sont pas tous hyperactifs… je dirais même qu’au final, ceux qui le sont réellement représentent un faible pourcentage. Et bien, c’est pareil pour l’hypersensibilité… la plupart des personnes très sensibles, ne sont pas pour autant hypersensibles. Je ne prétends pas connaître la vérité absolue, et je serais bien incapable de définir clairement l’hypersensibilité… Mais j’avais envie de vous en parler au travers de moi.

L’hypersensibilité m’accompagne depuis ma tendre enfance. Mais, j’ai toujours essayé de gommer cette petite différence. J’ai toujours fait avec, je m’en suis accommodée, mais finalement, sans jamais réellement tenter de la comprendre et de l’apprivoiser. Cependant, de part le parcours que nous suivons tranquillement pour Petit Girafon, elle me saute en plein visage. Déjà, depuis ma première grossesse, je la sens plus présente, plus oppressante… tout simplement car jusque là j’essayais de l’étouffer et de changer ce que je suis, pour entrer d’avantage de le “cadre”. Sauf que c’est impossible, et aujourd’hui, j’ai choisi d’écouter cette hypersensibilité, d’apprendre à la décrypter et ainsi pouvoir faire la paix avec moi-même et avec certains moments passés.

Je vais donc vous parler de MON hypersensibilité, de la manière dont ça se manifeste chez moi. Il y a des traits communs à tous les hypersensibles, mais des subtilités extrêmement différentes d’une personne à l’autre. La première chose que j’ai envie de dire, c’est qu’il est très réducteur, par exemple, de qualifier d’hypersensible, quelqu’un qui pleure facilement. Je suis hypersensible et je pleure difficilement. Non pas que je suis sans coeur… mais j’intériorise mes chagrins. Au décès de mon grand-père, il y a 10 ans, par exemple, il m’a fallu beaucoup de temps pour pleurer. J’étais bien évidemment très triste de sa mort… mais j’étais encore plus peinée par la tristesse des autres, et c’est ça qui m’a fait pleurer. Quand j’ai vu mon père pleurer, je n’ai plus pu m’arrêter ensuite. Et d’une manière générale, c’est souvent ainsi… la peine des autres me fait pleurer et m’emplit d’un chagrin incommensurable… et il m’est très difficile de contrôler ce déluge de tristesse… Je suis tellement triste de voir les autres tristes… En réalité, c’est comme si je voulais porter leur peine. Et c’est, pour moi, valable pour beaucoup d’émotions d’autrui, j’aimerais pouvoir les porter à leur place. Du coup, je suis comme une éponge qui absorbe tout et je me retrouve en surcharge d’émotions, qui souvent ne m’appartiennent pas. Et pour en revenir aux pleurs, je peux restée totalement impassible devant un film triste, comme pleurer toutes les larmes de mon corps devant Shrek… Beaucoup de paramètres jouent : le contexte, mon moral, avec qui je regarde etc. Donc, une personne qui pleure facilement n’est pas forcément hypersensible, tout autant qu’un hypersensible ne pleure pas forcément facilement.

Ensuite, ce qui caractérise de nombreux hypersensibles, c’est une sensibilité sensorielle accrue. Pour certains, cela va se concentrer sur un ou deux sens… pour d’autres, comme mon Girafon, c’est tous les sens qui sont, sans cesse en éveil maximum… comme si son corps n’était que petites spores ouvertes qui absorbent tout ce que l’environnement offre (de plaisant, comme de moins plaisant). Mais, comme c’est encore un enfant, cela évoluera certainement. De mon côté, j’ai une sensibilité toute particulière au bruit et aux odeurs. Comme tout le monde, je ne peux pas toucher certaines matières, et je suis sensibles à la lumière (les phrases la nuit par exemple)… mais ça n’est pas trop handicapant au quotidien. Mon hypersensibilité aux odeurs est plutôt gérable, tant que j’évite les parfumeries et les produits d’entretien agressifs (qui me font suffoquer), et que je n’entre pas dans la salle de bain quand Papa Girafe vient de s’asperger de déo et de parfum ^^ En revanche, mon intolérance au bruit peut vite poser souci… J’ai toujours travaillé avec des enfants, et c’est ce que j’aime, sinon je ne passerais pas mon temps H24 avec les miens je crois… Je parviens à contrôler certains paramètres. Ce qui m’est insupportable, c’est l’accumulation de bruits. Papa Girafe n’est absolument pas dérangé s’il y a la TV allumé et qu’il regarde en même temps une video sur youtube avec le son à fond, et les enfants qui crient derrière. Pour moi c’est juste insupportable! Je dois éteindre une source de bruit, ou alors quitter la pièce sous peine de perdre totalement pied et d’exploser. Je peux très bien écouter la musique fort… mais à certaines conditions : pas trop longtemps et avec un son de qualité. Je ne supporte pas, par exemple, d’écouter de la musique via un smartphone… le son est beaucoup trop criard… Les sons aigus me transpercent les oreilles, je ne peux pas le décrire autrement, ça en devient douloureux. Je peux tout à fait aller à un concert, j’ai fait beaucoup de festivals aussi… mais j’ai besoin derrière de temps de repos, de silence pour m’en remettre. Mais j’ai déjà assisté à des concerts mal sonorisés, et cela a été une réelle torture pour mes oreilles, si bien que j’ai vite acheté des bouchons pour atténuer le son. Cette hypersensibilité au bruit est, pour moi, la plus compliquée à gérer au quotidien. Je n’aime pas particulièrement le silence, je peux difficilement vivre sans musique… mais j’aime avoir le contrôle sur le bruit qui m’entoure. Sinon, ça peut vite me faire exploser. Donc … je vous laisse imaginer avec des enfants… j’apprends à perdre le contrôle et à trouver des stratagèmes d’adaptation sans cesse.

Mon hypersensibilité se traduit également au quotidien, par une grande fatigue. D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été fatiguée, même enfant. Pourtant, j’ai toujours beaucoup dormi.. avant d’avoir mes enfants on s’entend ^^ J’étais une couche-tôt, lève-tôt. Mais, je dormais toujours une dizaine d’heures. Pourtant la fatigue m’accompagne depuis toujours. Je pense que je n’ai pas un sommeil très réparateur, il est très parasité par mon cerveau qui a du mal à se mettre en pause… Mais, plus je chemine et plus je réalise que cette fatigue vient aussi des efforts constants d’adaptation que je fais au quotidien. Parce que j’ai un réel sentiment de décalage. Je suis quelqu’un de sociable, j’aime être en compagnie des gens. Mais pas tout le temps, pas en toutes circonstances. Et c’est là que ça se corse un peu. Je suis tout à fait à l’aise quand je maîtrise certains paramètres : le lieu, les gens qui seront là par exemple. Ca va moins bien, quand les contraintes s’ajoutent… si je vais dans un lieu que je ne connais pas, avec des étrangers et mes enfants… ma tension intérieure va être à son maximum, car je vais me mettre à anticiper toutes les difficultés auxquelles nous pourrions être confrontés. Forcément, ce mécanisme là s’est énormément accentué depuis que je suis maman, car je dois aussi prendre en compte mes enfants… un paramètre humain, donc imprévisible (ajoutons à cela l’hypersensibilité de Petit Girafon…). Quand j’étais jeune, je détestais, quand on était de mariage, qu’on m’installe à la table des enfants ou des ados. Vraiment, ça m’angoissait. Je ne voyais pas ce que faisais là, forcée d’y être, avec des enfants/ados que je ne connaissais pas, à qui je n’avais pas forcément envie de parler. Je me débrouillais toujours pour fuir la table, aller avec mes parents, ou rester avec mes petits frères, prétextant souvent que je les surveillais, pour ne pas avoir à m’intégrer à ma propre table. Et bien, devenue adulte, ça n’a pas beaucoup changé. Quand je suis projetée dans un groupe, j’ai besoin d’abord d’observer, et le plus souvent ça n’est pas moi qui vais aller vers les autres. J’attends qu’on vienne me solliciter, ensuite, en général ça me débloque et je suis une personne très sociable, joviale et tout ce qui va avec. Mais, si on vient me solliciter alors que je n’ai pas eu suffisamment de temps pour m’imprégner de l’environnement, il est possible que j’ai une réaction un peu surprenante, une réponse un peu étrange. Ca me rappelle notre dernier pique-nique “non sco”… je m’étais installée sur une couverture avec ma Little Marmotte et j’observais de loin mon Girafon. J’étais près du groupe de parents, sans être dedans. On est venu me proposer de me rapprocher et tout ce que j’ai trouvé à répondre c’est : “Je profite que ma fille soit un peu calme pour rester assise avec elle”. Une réponse totalement en décalage avec la question posée… et je l’ai su tout de suite que j’avais répondu à côté de la plaque, au “euh ok” de mon interlocutrice. Mais je n’y pouvais rien, je ne me sentais pas encore assez secure dans cet environnement. C’est une situation que je vis très souvent. Quand on va au parc, tout va bien tant qu’il n’y a pas trop de monde, ou que je connais les personnes qui sont avec nous. Ca se complique, pour moi, quand je ne connais personne et qu’il y a foule. J’anticipe trop ce qui pourrait mal se passer, je me sens oppressée, je redoute le regard des autres… C’est même plus complexe que ça, mais je suis incapable de décrire autrement ma tension intérieure dans ces moments-là. Pour autant, je n’évite absolument pas les gens. J’essaie seulement de faire au mieux avec la façon dont je fonctionne… et si je suis très sollicitée socialement, j’aurais besoin de “repos” ensuite, de quelques jours à la maison, dans notre cocon, pour me ressourcer et être prête à passer de nouveaux moments en groupe. Mais je le répète, j’aime voir du monde, j’aime passer du temps avec des ami(e)s, avec des mamans… Je ne suis pas du tout quelqu’un de sauvage, qui reste dans son coin… J’ai juste besoin d’un petit temps d’observation et d’adaptation, quand trop de paramètres qui m’insécurisent sont rassemblés.

Autre chose qui me caractérise, c’est cette sensation de décalage. Je l’ai ressenti très tôt, sans trop pouvoir l’expliquer. Encore aujourd’hui, je me sens souvent en décalage, avec les autres, avec mon environnement… c’est très difficile à écrire ou à verbaliser, car j’identifie difficilement le pourquoi du comment. Parfois ça va se traduire par un comportement totalement à côté de la plaque, par un repli, par la fuite, par du désintérêt (pour un sujet, une conversation par exemple) ou par un effort énorme de suradaptation pour tenter de coller à ce qu’on attend de moi à cet instant précis. Je me débrouille plutôt bien pour ça, mais ça accentue ma fatigue derrière.

Enfin, je vais parler d’une façon plus générale avec un terme que je n’ai pas utiliser jusque là : surstimulation. Parce que ce qui fait que les hypersensibles ont parfois (ou souvent?) des réactions surprenantes, parfois inadaptées, c’est qu’ils se retrouvent vite en état de surstimulation. Comme un bébé qui ne trouverait pas son sommeil car il a reçu trop d’informations et qu’il est incapable de les traiter. Les hypersensibles, c’est pareil. On se retrouve vite surstimulé, par l’environnement le plus souvent, et on devient incapables de rationaliser, de traiter ce trop-plein d’informations. Ca peut nous envahir et les réactions de chacun dans ces cas-là peuvent être très déroutantes. Personnellement, je ressens le besoin de m’isoler un peu, pour me recentrer et mieux analyser ce qui me dérange. Parfois, c’est juste un bruit de fond qui vient me parasiter, un courant d’air, le parfum d’une personne. Il suffit de pas grand chose, et la majorité du temps, j’ai le pouvoir d’agir dessus, ce qui me permet de poursuivre sereinement. Mais, si je ne m’octroie pas ce temps de repos, ma tension intérieure va aller en s’intensifiant et c’est là que je peux dégoupiller.

Bref. Je crois que j’ai beaucoup écrit! Je ne sais pas si j’ai toujours été très claire, j’ai suivi ma pensée… mais qui n’est pas toujours très linéaire. Il m’aura fallu 28 ans pour accepter que cette hypersensibilité fait partie de moi et que cela ne sert à rien de la renier ou de me dénigrer car j’ai des réactions parfois bizarres. J’ai pris le parti d’enfin essayer de mieux me comprendre. C’est pour moi la clé. Si je comprends comment je fonctionne, ce qui me rassure, ce qui, au contraire, me met dans l’inconfort, je peux alors essayer de mettre en oeuvre des choses pour que tout se passe au mieux. Et, m’accepter ainsi, me permet aussi, petit à petit, de me libérer de ma culpabilité.

Je me livre beaucoup dans cet article… Mais je crois que j’avais aussi besoin de poser des mots sur tout ça. Bravo si vous m’avez lue jusqu’à la fin ^^

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Maud

Maman multi-casquettes, un brin écolo et pratiquant l'instruction en famille. Résolument optimiste, j'espère vous transmettre ma bonne humeur et ma douceur!
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28 thoughts on “Mon hypersensibilité

  1. en voyant le titre de ton article j’ai d’abord lu par curiosité et au fur et à mesure j’ai eu l’impression sur beaucoup de point que tu parlais de moi!! ça ma fait tout bisard car oui j’ai toujours e l’impression d’être à côté de la plaque pas sur beaucoup de chose et oui comme tu dis nous devons nous accepté se que j’ai fait depuis longtemps (j’ai 42 ans) et c’est vrai on s’adapte tout les jours ! bon courage pour la suite

  2. Hypersensible aussi, mais je n’ai pas pleinement fait mon introspection. Je vis avec depuis toute petite, les gens me perçoivent comme quelqu’un de bizarre, mais ça ne.me dérange pas. Mais j’ai commencé à faire des recherches, à réfléchir sur moi-même maintenant que je vois que ma fille est comme moi. Je suis celle qui la calme, qui la rassure, qui la comprend, car j’ai été comme elle petite, mais sans avoir eu le soutien adapté de la part de mes parents. Donc je fais tout pour que elle, elle l’est.

    1. C’est une très belle démarche <3
      De mon côté, l'hypersensibilité de mon fils me déstabilise souvent... et je peux tout à fait réagir de façon empathique et totalement approprié, comme avoir une réaction inadéquat car ça fait trop écho en moi et je n'arrive pas à gérer. J'ai encore beaucoup de travail sur moi à faire ^^

  3. Je m’y retrouve auSsi et c’est vrai que le Fait d’avoir deux enfants en rajoutent Quand je me sens en insécurité quelques part et que en plus je dois veiller sur eux, Quand je ne connais pas un endroit par exemple.

  4. Bonjour, c’est tres interessant ce que tu dis, je me retrouve dans certains aspects, surtout la sociabilisation difficile (ah, faire le premier pas !), les reactions spontannées parfois à coté de la plaque, et la surenticipation continuelle…

    1. Ce sont des caractéristiques qu’on retrouve chez beaucoup d’hypersensibles, des grandes lignes… après chacun est unique et a ses propres particularités. Et on peut également les retrouver chez des “non hypersensibles”… seulement les hypersensibles les cumulent et ça rend le quotidien parfois compliqué ^^

  5. C’est drôle, en te lisant, je m’aperçois que je suis également hypersensible aux odeurs (je ne supporte pas le parfum, aller dans une parfumerie est un réel supplice!) ainsi qu’au bruit. J’aime bien quand il y a des bruits d’ambiance mais dès que ça devient trop fort ou qu’il y a plusieurs sources de bruits ça ma fait vraiment mal aux oreilles et je dois m’éloigner.
    Et comme toi, j’ai toujours eu besoin de beaucoup de sommeil malgré le fait que je me sente toujours un peu fatigué en journée (enfin, ça c’était avant d’avoir ma fille!)
    Je peux pleurer très facilement parce que j’ai besoin d’évacuer tout de suite les émotions. Mais je ne suis pas du tout hypersensible à ce niveau là (enfin il me semble 😉 )
    En tout cas, je suis ravie d’en connaitre un peu plus sur l’hypersensibilité.

    1. Ce sont quelques grandes lignes qu’on retrouve chez de nombreux hypersensibles, en plus des particularités propres à chacun ^^
      Après, les “non hypersensibles” peuvent aussi être sensibles aux odeurs, aux bruits etc. avoir des difficultés à s’intégrer à un groupe…
      Ce qui fait des hypersensibles ce qu’ils sont, je crois que c’est l’accumulation de toutes ces particularités,qui les met en situation de surstimulation très facilement… et la difficulté à gérer ça…

  6. Bravo pour cette article.
    Quand on m’a dit que j’étais hypersensible (après le diagnostic de mon loulou), j’étais tellement soulagée, de ne pas être folle ! Ou tout simplement bête.

    Pour ma part, mon hypersensibilité est très envahissante lorsque je conduit sur une route que je ne connais pas.
    Ça me fait un peu comme quand on s’apprête à faire le grand huit. Jai du mal à visualiser tout mon environnement, à tout gérer. D’ailleurs mes enfants le ressente et se taisent. J’ai besoin du GPS pour anticiper les virage et les croisement ect ect. Tout est un facteur de risque, le ciel ensoleillé, le fossé, les autres véhicules, la vitesse, la largeur de la route, bref j’ai 15 scénario catastrophe dans ma tête.

    Et en société, surtout en famille, cet effort considérable pour faire comme les autres.
    Longtemps je suis passé pour une rabat-joie avec mes questions, je tentais de comprendre comment ça fonctionne, maintenant je me contente d’imiter.

    J’aurai aimé, vraiment, que mes parents y soient attentifs. J’ai tellement essayé d’être comme eux, mais tout me faisait tellement peur. Et je ne pouvais pas en parler. Je n’étais pas cette petite fille très à l’aise, avec pleins d’amis, un peu baroudeuse qu’ils espéraient .

    Ma fille a ce truc, elle passe facilement avec tout le monde, fait le clown et n’a pas peur de dire non. Et la j’ai compris pourquoi mes parents n’avaient jamais tenté de me comprendre. C’était tellement facile avec moi, il suffisait de me dire ‘c’est dangereux’ ou de hausser la voix et j’étais tétanisé. J’étais très docile du coup. Et comme je ne pouvais pas faire de crise de colère, tout aller bien.

    Je me rappel de mon fils, à terre, en pleur dans le salon, et de ma mère ‘tu ne me faisait pas ça toi’. Et pourtant je comprenais tellement bien le désarroi de mon fils que j’ai répondu ‘si maman, dans ma tête je faisait çà mais je n’avais pas le droit de le faire en vrai, tu m’ aurai abandonné ‘.

    Ça fait du bien de savoir qu’on est pas fou, juste que l’on ressent les choses différemment. Et ça nous aide à comprendre nos enfants.
    Désolé pour le roman.

    1. C’est drôle, je me retrouve beaucoup dans ton récit 🙂
      En voiture, c’est plutôt quand je me perds que je perds pieds lol… j’angoisse, je me mets à crier, à pleurer… l’horreur!
      Après, effectivement, j’étais aussi une enfant plutôt facile… mais à l’adolescence ça s’est corsé… je suis devenue dépressive, avec des troubles alimentaires, des crises d’angoisse très impressionnantes… Et j’ai eu la chance que mes parents soient de vraies épaules pour moi à ce moment précis.

      Malgré tout, dans mon quotidien ça n’est pas toujours simple… J’ai essayé de gommer ça longtemps, en faisant de gros efforts de suradaptation… et je crois que mes difficultés à pleurer (car des fois j’en aurais besoin pour évacuer)… viennent d’un blocage que je fais…

      En tout cas, merci beaucoup pour ton témoignage et je t’envoie plein d’ondes positives. L’hypersensibilité nous rend différent, plus perméable à notre environnement… c’est handicapant souvent, mais on peut, je crois, le transformer en une force! <3

      1. Mon adolescence a été simple ici. Bon j’étais gothique haha, mais aucune vague.
        En fait je n’ai eu aucune règle, vraiment aucune, et du coup je me suis tout interdit par peur.
        Si je demandais conseil c’était ‘comme tu veux’ c’était hyper stressant. Et j’ai vécu dans l’ombre d’une sœur artiste, et caractérielle.

        Mon loulou est comme moi, et ma fille non. Et c’est très déstabilisant pour moi qu’elle rit quand je lui explique qu’elle fait mal à son frère par exemple. On ne se comprend pas vraiment. Ça m’inquiète pour l’avenir.

        Je suis réfléchi, elle est impulsive.
        Je suis rancunière, elle est dans les nuages.
        Bref c’est dur du coup.

        Sinon je pleur peu aussi, sauf devant la télé. C’est comme si je ressentais pas les émotions, je les reconnais mais je suis anesthesier. Ma psy dit que c’est typique des enfants hypersensible non diagnostiqué. On se forgé une carapace.
        Je vais faire l’emdr du coup 🙂

        1. Moi je suis assez “hyper-empathique”… mais j’écoute rarement mes propres émotions… je “préfère” porter celles des autres.
          J’étais une ado assez “facile” malgré tout (j’ai été gothique un temps aussi… puis un peu hippie… un peu caméléon en fait lol)… Y avait juste cette dépression sous-jacente… ces hauts très hauts, et les bas très bas… très jeune, jusqu’à y a pas si longtemps.

          Je suis une grande naïve et j’ai laissé trop de personnes me blesser profondément, alors maintenant j’essaie de me guérir, et de ne plus m’accabler 🙂

          Ah ça n’est pas simple ^^

          Et encore moins quand on a légué ça à nos enfants… Mon fils a hérité de l’impulsivité de son père, de mon hyper sensibilité… Le mélange est assez explosif! J’espère simplement qu’il ne vivra pas cette hypersensibilité comme un boulet…

          C’est intéressant ces échanges 🙂
          Merci d’avoir pris le temps de partager avec moi ton vécu <3

  7. Comme je m’y retrouve! Pas pour tout car chacun est unique mais… voilà les grandes lignes, le besoin d’observer avant d’entrer En contact, les réponses à côté de la plaque…une fois que je connais et suis à l’aise je suis une vraie boute en train et mes connaissance on souvent du mal à comprendre qu’avec ce caractère j’ai autant de mal à m’integrer a un nouveau groupe… la fatigue, terrible quand en pleine soirée entre ami je me mets à bailler toutes les 5 minutes car mon cerveau n’arrive plus a suivre, encore plus gênant quand c’est en réunion… moi par contre je pleure facilement, dès que je ne sais pas gérer une emotions, qu’elle prend trop de place, hop je m’effondre, j’en ai toujours eu honte mais je ne sais pas faire autrement… maintenant j’arrive un peu mieux à gérer grâce à un psychiatre qui m’a fait pratiquer la pleine conscience, et l’emdr, depuis j’accepte plus facilement mes émotions et leur donne de la place, je mets des mots dessus, les légitimes et du coup c’est plus simple, mais pas évident dans certains contexte, ou pour certaines émotions…pour moi le sens le plus handicapant c’est le toucher, je ne supporte pas qu’on me touche, je me raidit et m’enferme aussitôt dans ma bulle, même venant de la part de proche…mon mari ne me prend jamais dans ses bras, dans le canapé c’est chacun de son côté sinon c’est trop compliqué pour moi et je ne peux pas me reposer… je n’avais jamais mis de mot dessus jusqu’a Ce que ma fille arrive, et que ça me saute en plein visage… je me revois, cette petite fille qui a du mal à gérer ces émotions, qui pleure « pour rien » à qui la maitresse dit sans cesse « arrête de faire le bébé… quelle douleur pour moi d’entendre sa maitresse me dire l’autre jour « autant elle peut avoir un fort caractère autant elle aime faire le bebe dès que ça ne va pas dans son sens! » non elle n’aime pas faire le bebe, elle ne sais juste pas faire autrement face à ces émotions… elle pour qui c’est tres difficile d’intégrer un nouveau groupe, mais qui une fois dedans fait partie des « meneurs », elle qui en fait n’est qu’une mini moi… alors je m’interoge, quelle clé lui donner pour apprivoiser cette sensibilité et ne pas en souffrir comme j’en ai souffert quand j’etais Petite… et d’ailleuros est ce que je peux lui en donner des clés, ou vaut mieux que ce soit elle qui trouve les siennes… et voilà j’ai les larmes qui montent d’avoir peur pour elle…je m’en fiche je suis cachée dans les wc elle ne le verra pas!

    1. Tu vois maintenant que tu me parles du côté “tactile, j’en vois mes limites aussi. Je suis quelqu’un d’assez tactile, j’ai fait beaucoup de danse de couple, je fais facilement des accolades… mais je crois que j’ai un réservoir ^^
      Je donne tout à mes enfants en journée, si bien que le soir, je ne supporte plus qu’ils soient trop près de moi, qu’ils me touchent… et c’est dur de refuser des câlins à ses enfants… et mon conjoint du coup, le pauvre, subit aussi… car c’est comme s’il ne me restait rien pour lui…

      Ca n’est pas facile à gérer au quotidien… Je me pose les mêmes questions que toi, et j’ai peur de ne pas savoir accompagner mon fils, pour qu’il fasse de cette différence une force. Pour qu’il accepte son hypersensibilité comme faisant partie de lui, et non comme un truc handicapant qui lui colle à la peau.

      Je t’envoie plein d’ondes positives, pour toi, pour elle, pour vous <3

      1. Quand on l’acce Ça deviens plus facile, mais pour ça il faut faire un travail sur nous mêmes… et ça je me dit que c’est à elle de le faire quand elle sera prête… une chose est sûre, contrairement à moi, elle entendra toute son enfance, qu’elle a le droit de pleurer, que les émotions c’est pas facile, et de ne pas écouter ceux qui lui disent qu’elle est bizarre… ça fera pas tout… je culpabilise tellement… je me sens vraiment coupable de lui imposer cette partie d’elle même…

A vous !

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