Continuité pédagogique VS IEF

Je crois que l’IEF (Instruction En Famille) n’a jamais autant eu le vent en poupe ! Nous, familles, qui avons fait ce choix, nous ne passons plus pour d’horribles marginaux, mais presque pour des héros !… Pourtant, il n’en est rien. Et ce que vivent aujourd’hui, la majorité des familles, n’est pas de l’instruction en famille. Et, c’est bien plus compliqué à vivre j’en suis convaincue !

Pourquoi ?

Tout simplement, déjà, parce que ce n’est pas un choix. L’IEF en est un, et la majorité des familles font, librement ce choix. C’est donc assumé, même si ça n’est pas tous les jours rose bonbon. De plus, nous, nous avons le libre choix des supports, de la pédagogie… nous ne sommes pas tenus de respecter les programmes de l’Education Nationale, tant que nous donnons une instruction qui mène l’enfant vers l’acquisition des compétences du socle commun (qui “doit” être atteint à 16 ans). Alors, évidemment, dans la réalité, avec les contrôles annuels, nous avons, parfois, un peu plus de pression pour nous aligner sur les cycles scolaires. Cependant, RIEN dans la loi ne nous y oblige. Tout comme nous sommes libres de faire travailler nos enfants uniquement 30 minutes par jour, davantage ou pas du tout. Nous pouvons également choisir de ne pas faire de fiches, de ne pas suivre de manuel, de choisir la ou les pédagogie(s) qui nous conviennent… d’en changer, de n’en suivre aucune. Nous pouvons nous organiser comme nous le souhaitons, prendre des vacances, faire des pauses quand on en a envie ! C’est donc extrêmement différent de ce que vous, majorité des parents, êtes en train de vivre actuellement. Et, je crois sincèrement que la situation actuelle est difficile, pour vous.

Tout comme, il est peut-être plus compliqué de mettre en place la continuité pédagogique… Peut-être aussi, que vos enfants s’ennuient plus facilement que les nôtres, en tout cas que les miens ? Pour nous, cette situation de confinement a juste modifié notre emploi du temps et les enfants sont en manque de leurs copains. Mais, pour le reste, cela n’a pas chamboulé drastiquement notre quotidien. Mes enfants sont habitués à jouer beaucoup, à s’occuper seuls, à s’ennuyer et à trouver des occupations par eux-mêmes… parce que je ne leur propose pas des activités toute la journée 😉 Un enfant scolarisé est habitué à être “occupé”, guidé six heures par jour. On ne lui laisse pas vraiment le choix de ses activités, il suit le programme de la journée, est accompagné tout au long de cette dernière par différents temps de travail. (Attention ! Aucune critique de ma part !) Je n’ai donc aucun mal à imaginer que l’ennui doit rapidement arriver à la maison… et que ce n’est facile à gérer pour personne.

Ensuite… et bien… vous devez composer avec les devoirs que les enseignants vous fournissent… et essayer de vous conformer à la façon de fonctionner de l’enseignant en question. Ca n’a absolument rien de facile ! En IEF, on ne nous demande jamais de jouer le prof ! On n’a pas à “enseigner” à nos enfants… nous devons simplement leur offrir une instruction. Ca semble être un détail de vocabulaire, mais je vous assure que cela a toute son importance ! Là non plus, on ne vous demande pas de remplacer un enseignant… En revanche, vous devez vous dépatouiller avec des supports qu’on vous fournit… et ce n’est pas forcément confortable. Sans compter que la coopération des enfants n’est pas acquise… “La maîtresse elle fait pas comme ça !”, “Mais je comprends rien quand tu m’expliques !”, “J’en ai marre, c’est nul !” … Bref. C’est pas easy non. Et puis, il ne faut pas, non plus oublier que toutes les familles ne partent pas sur un pied d’égalité… très loin de là. Où en sont les familles dont l’accès aux outils numériques et informatiques est très limité… voire inexistant ? Comment font les familles dont la situation familiale est complexe et souffrante ? Combien de petits élèves vont être abandonnés en cours de route ? Il faudra bien que là-haut, ils réalisent que cette année était juste particulière et prônent l’indulgence pour la prochaine année scolaire. Il y en aura besoin ! Les enfants en auront besoin !… et ma foi, les enseignants aussi, car ce n’est pas une période facile pour eux non plus (en fille de prof… je peux en attester !).

Bref. Par cet article, j’avais juste envie d’envoyer des ondes positives à la majorité des parents, qui se trouvent forcés de faire école, à la maison. Parce que non, ce n’est pas parce que des familles choisissent l’IEF, que ça va être facile pour tout le monde… Simplement parce que ce sont deux situations très différentes. Nous, c’est notre quotidien, notre mode de vie… Un choix, une manière de mener le quotidien différente, rythmée différemment, avec des contraintes différentes. Alors, une ola pour vous tous ! Et surtout… ne vous mettez pas la pression. Ca va aller 🙂

Je trouve qu’on s’oppose trop souvent : les IEFeurs et les “scolaires”… mais c’est absurde. On prend juste des chemins différents, on fait des choix qui ne sont pas les mêmes, sans être incompatibles… et on peut s’enrichir des choix de chacun ! Je crois que ce confinement en est, justement l’occasion. C’est le moment idéal pour casser les préjugés et pour faire preuve d’ouverture et d’empathie. J’ai vu des commentaires de parents “IEF” hautains et moqueurs… je n’ai pas compris. A quoi bon ? A quoi ça sert ? Honnêtement… euh… nous aussi on galère parfois 😉 En ce moment, on vit peut-être avec plus de sérénité ce passage, parce qu’au niveau de l’instruction, en elle-même, pour nous, ça ne change rien, ou si peu.

Enfin bref. Paix et amour ! Aidons-nous, soutenons-nous, échangeons, discutons et enrichissons-nous de tout ça !

Différences entre continuité pédagogique et instruction en famille

Maud
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9 thoughts on “Continuité pédagogique VS IEF

  1. Tellement vrai ! Ici j’ai la chance qu’elles jouent beaucoup seules. Le matin est de base réservé aux jeux seuls (je ne propose que très très rarement des activités le matin ^^), simplement parce que ça nous permet de dormir un peu plus le week-end pendant qu’elles jouent 😉

    On a beaucoup de chance avec l’école, pour la petite en maternelle on a 1 “défi” par semaine, non obligatoire ; pour la grande y’a de la lecture et 1-2 feuilles d’exercices, ce qui prend maximum 1h et plus souvent 30 min).

    Après, oui, elles s’ennuient quand même parfois. Du coup je dégaine le “Gaston s’ennuit” :p Mais en général c’est leur façon de dire qu’elles veulent passer du temps avec nous. Donc je lis quelques histoires et ça repart. Elles font aussi des activités sur la tablette (ça a permis à la grande d’apprendre à lire l’heure ^^). Et puis si je fais cuisine ou ménage elles viennent spontanément m’aider (ou trouvent soudain une idée pour jouer si je leur demande de ranger :p).
    Les activités… je préfère qu’elles fassent des trucs où elles sont autonomes plutôt que de devoir assister / hurler silencieusement en voyant les catastrophes arriver ^^. Alors je les prévois sur le calendrier (comme les soirées dessin animé, les apéro, les repas pâtes/fromage… ^^) ; et on décide aussi ensemble de ce qu’elles aimeraient faire, de ce que j’ai besoin de faire, et de comment on organise tout ça. L’âge des enfants joue aussi beaucoup, je pense.
    Et de toute manière tous les enfants sont différents, et la situation des parents est différente aussi. Quand les 2 parents travaillent / télétravaillent, compliqué de rajouter tous ces devoirs en fin de journée…
    Mieux vaut lâcher du lest que se prendre la tête, de toute manière.

  2. Quelle chance d’avoir des enfants qui s’occupent seuls ! Depuis… Toujours en réalité mon grand n’a jamais su (ou voulu) s’occuper seul à la maison. Alors qu’à l’école et à la crèche il a toujours vete adorable et indépendant. Chez nous, il réclame des dessins animés toute la journée. Et on peut expliquer, se fâcher, crier, négocier, expliquer encore qu’il y a un quota à respecter ainsi que des horaires, il nous en réclame tout le temps en boucle… Sauf quand on fait une activité ensemble. Si je m’assied quelques minutes il va débarquer pour avoir une histoire ou tourner en rond, ou jeter des trucs en l’ air ou embêter son petit frère. Si je les mets au jardin, il va tourner rond, taper avec un bâton contre un arbre puis m’appeler en hurlant ou rentrer… À côté de ça, le petit frère de 20 mois jour super bien seul, s’occupe dans le jardin, trouve toujours un jeu à sortir, à assembler… Parfois je me demande ce que j’ai raté avec mon grand ! Le vélo c’est pas son truc il pédale pas, ne fait pas de draisienne, ne joue pas aux petites voitures, ni aux playmobiles, ne construit pas… Sauf si je m’assied à côté de lui et lui donne des idées, lui passe des blocs, souffle comment assembler telles pièces… Alors qu’à l’école il construit, il débordé d’imagination… Je l’ai vu ! Par contre, à la maison il n’arrête pas de parler, il avale les feuilles d’exercice les unes après les autres et en redemande. A l’école, il est hyper lent pour les exercices sur feuille et ne dit pas un mot !!! Trop bizarre comme situation !

    1. Je pense que tu n’as rien raté, les enfants sont tous différents et l’ennui pour certain est très difficile à gérer, voire angoissant. Mon grand s’ennuie beaucoup, mais avec le temps il a appris à trouver des occupations. Et j’ai de la chance car il joue beaucoup avec sa soeur. Après j’ai du lâcher prise sur certaines choses… il ne joue pas toujours très calmement ^^ et embête aussi sa soeur, qui parfois aimerait jouer un peu tranquille. Il est assez impulsif, mais le TDAH n’est y est pas étranger. Mon fils est peut-être aussi un peu plus vieux que le tien (7 ans)? Parce que ça s’est vraiment installé au fur et à mesure qu’il grandissait, le fait de pouvoir s’occuper seul 🙂
      Petite, je me souviens que je vivais très mal l’ennui et je harcelais ma mère quand je m’ennuyais, pour qu’elle me trouve des occupations… Donc vraiment je crois que cela dépend du tempérament de chacun 🙂
      Mais, je comprends que ce ne soit pas évident à vivre au quotidien, surtout actuellement ! Plein d’ondes positives <3

  3. Ton article est tellement vrai.
    L’IEF je n’y avais jamais pensée, pas que je n’aime pas instruire mes enfants, simplement je ne m’en sentais pas capable ni l’envie.
    Et maintenant je me sens forcée et je trouve que c’est tellement compliquée de devoir prendre le role de l’instit alors que ma fille est habitué et aime travailler avec la sienne!!!!

  4. comme d’habitude, ton article fait écho à ce que je pense. J’avais commencé un article sur ce côté supers activités que font beaucoup de supers maman…Qui fait que je me sens tellement nulle, d’ouvrir la fenêtre et de leur dire de sortir dans le jardin et de vivre leur vie . Qui fait que je culpabilise de ne rien proposé de fun … bref, non, ici aussi cela ne change pas grand chose dans notre quotidien, tout juste notre besoin de voir des copains, et d’aller voir la famille.

    1. Tout pareil… je me surprends à culpabiliser de ne pas faire plein d’activités… et puis je regarde mes enfants, souriants, heureux, qui ne m’en demandent pas, en réalité, des activités… si ce n’est de faire un ou deux jeux de société avec eux ou de leur lire des histoires.
      C’est un peu le piège des réseaux sociaux… c’est une belle richesse, mais aussi un lieu où on a du mal à ne pas se comparer…
      Tu es une super maman ! <3

A vous !

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