Changer d’option #school

Je vous parlais il y a peu de nos difficultés face aux comportements de Petit Girafon lorsqu’il allait à l’école (ici). Les vacances nous ont fait beaucoup de bien, à lui comme à moi. J’appréhendais d’ailleurs la reprise avec bien peu de motivation… Et puis, le jour venu, au moment de partir à l’école… grosse crise de larmes, grosse panique… Mon Girafon ne voulait pas y aller, vraiment pas… Manque de bol, j’étais responsable des goûters toute la semaine, donc je n’avais pas le choix, je devais au moins m’y rendre (oui, je suis quelqu’un de fiable, donc je suis mes engagements ^^). C’est ainsi que j’ai pu le faire monter en voiture, en lui disant qu’on allait juste déposer le goûter. Je me disais qu’il changerait peut-être d’avis une fois devant l’école… Ce qui ne fut pas le cas. Du tout. Tout le trajet, il n’a cessé de me répéter : “Mais j’y va pas hein maman? J’y va pas!..” Bref. Il n’y est pas allé. Il a refusé de descendre de la voiture. Je n’ai pas insisté. A quoi bon?

Nous sommes donc rentrés à la maison, tranquillement. Au cours de la journée, j’ai pu creuser un peu le pourquoi du comment. Et il m’a clairement dit : “Je veux pas y aller, plus jamais… je veux pas que quelqu’un il me punit”. Nous y voilà… Et voilà comment en quatre mois, une enseignante a réussi à l’angoisser. J’ai reçu un coup de massue, le matin suivant, quand je suis allée le réveiller. Je devais amener sa soeur chez le médecin… Ses premiers mots, encore tout ensommeillé ont été “Mais maman, je va pas à l’école? J’y va plus jamais hein!…” Il était paniqué, il en tremblait, à deux doigts de pleurer… Et là, j’ai reçu une vraie claque. Même si au fond, je le sentais, cela m’a fait réaliser que le souci n’était pas juste une reprise difficile après des vacances. Je me suis sentie très triste. Même si je n’ai pas, c’est vrai, une image très positive de l’école, je voulais lui donner une chance d’aimer ça, de s’y sentir bien. C’est raté.

Pour vous resituer un peu le contexte, je vais reprendre dès le début.

L’inscription à l’école n’a jamais été une évidence pour moi. Je nourrissais depuis longtemps l’envie d’offrir à mon Girafon autre chose, par l’instruction en famille (IEF). Mais Papa Girafe n’étant pas très ouvert à cette possibilité, nous avons tenté de trouver un compromis en choisissant une école “différente”. Une Calandreta, une école occitane, à pédagogie d’inspiration Freinet. Après les différentes réunions d’informations, je me sentais plutôt confiante, par rapport à l’école et ses engagements, et vis à vis de la future enseignante, qui paraissait plutôt bienveillante. La déception a été à la hauteur des attentes que j’avais, quand ça a commencé à prendre une tournure assez négative. Certes, je ne m’attendais pas à l’école parfaite, je sais qu’elle n’existe pas. La première fois que mon Girafon a été puni à la récréation, j’ai un peu accusé le coup, mais j’ai fait avec. Et puis, il a commencé à me parler souvent de la punition sur la “cadièra” (=chaise)… J’ai sérieusement commencé à douter. Fin novembre, j’ai reçu un mot dans le cahier de liaison. Son enseignante souhaitait me recevoir. J’ai balisé tout de suite. On a eu beau me rassurer, me dire que c’était sûrement pour faire un bilan etc. C’était plus fort que moi, j’avais la boule au ventre…

A raison, puisque cet entretien, en présence de Petit Girafon m’a laissé un goût très amer. J’ai donc eu confirmation que mon petit garçon était très souvent puni, car il ne savait pas se tenir tranquille… Qu’il avait désormais arrêté de parler quand il ne devait pas, car il avait fini par comprendre (par quel moyen?… sûrement pas par la discussion…)… Elle lui a reproché tout un tas de choses… De ne pas jouer assez avec les autres, de ne pas se mêler au groupe, de ne pas prendre la parole au “Quoi de neuf?” du matin ou de raconter toujours la même chose… De ne pas mettre son manteau ou ses chaussures seul… Et puis, quand elle a employé l’expression “rapport de force”, j’ai perdu toute confiance en elle.

J’avoue que j’ai été tellement sonnée durant cet entretien, que je n’ai rien objecté, je n’ai quasiment rien dit pour être honnête… j’ai ingurgité ce qu’elle nous disait, en ravalant ma déception et ma colère. Mon petit garçon n’aura entendu que du négatif! Pas une remarque positive… Ah si… que désormais la séparation était plus simple… Ouais, fin bon, ça a duré 15 jours la séparation difficile… c’était déjà passé ça… Bref, je me sentais également triste pour mon Girafon. Vraiment…

Alors oui, c’est vrai qu’il est remuant, que c’est un petit électron libre parfois. Ok, souvent. J’entends tout à fait que la gestion d’une classe, ça n’est pas simple, surtout avec une petite tornade au milieu (j’étais directrice de centre de loisirs, donc je sais que la gestion d’un groupe, surtout de petits ça n’est pas facile)… Qu’à l’école il y a des règle à respecter. Oui tout ça j’en suis consciente. En revanche, je ne vois pas quel sens cela a de punir sur une chaise… Bon ok, la fois où il a été puni car il avait jeté des cailloux… bon soit. Je ne suis vraiment pas adepte de la punition, mais il a compris la cause à effet. Là, concrètement, il est puni parce qu’il… bouge… parce que c’est un enfant, de même pas 4 ans… Je ne vois pas en quoi cela va l’aider à comprendre qu’il y a des moments dans la matinée où il doit se tenir tranquille. Bien sûr qu’il aurait fini par arrêter, tout comme il a cessé de parler tout le temps… Par peur ou par ras-le-bol d’être puni. Pas parce qu’il aurait intégré la règle. Bref.

A partir de ce moment là, j’ai commencé à douter. Beaucoup. J’ai très vite envisagé de le retirer de l’école, de le garder à la maison, de le changer d’école aussi. Mais, l’école du village a des classes déjà surchargées… Alors je me suis accrochée au fait qu’il avait l’air content, malgré tout d’y aller. Je me suis dit qu’on ferait en fonction de lui et qu’on aviserait pour l’année suivante. J’ai passé des nuits à cogiter… à culpabiliser aussi.

Et puis, il y a eu ses mots, ce matin-là… J’ai eu le déclic. Je me suis dit que ça suffisait maintenant de suivre la “norme”, de faire le mouton en lui imposant quelque chose qui ne lui convient pas. J’ai cette chance de pouvoir lui offrir autre chose, de pouvoir envisager de le garder à la maison. Décision a donc été prise de ne plus l’y remettre. Il finira l’année à la maison… et si Papa Girafe se laisse convaincre, peut-être que nous poursuivrons en IEF. Parce que je sens qu’il s’épanouirait vraiment. Et pour ce qui est de cette histoire de sociabilisation… nous ne vivons pas en ermites, donc je ne m’inquiète absolument pas. Nous troquerons juste une sociabilité “forcée” par une “choisie”. Nous allons aussi, en parallèle, profiter de ces quelques mois avant septembre prochain, pour lui faire faire un bilan avec un psychologue. Cela ne pourra que l’aider à avancer, peut-être à redevenir plus serein par rapport à l’école en général (pour l’instant, pour lui, il est hors de question de retourner à l’école quelle qu’elle soit), en vue d’une éventuelle future re-scolarisation.

Bref… Beaucoup de gens n’arrivent pas à comprendre cette décision, et j’avoue que je reçois assez peu d’empathie et de compréhension. L’école est tellement une norme ancrée, qu’on a du mal à s’imaginer la vie sans. Pourtant, cela ne signifie pas “aucune instruction” non. Mais pour une fois, j’ai décidé d’arrêter d’être trop raisonnable comme toujours, et de suivre mes ressentis, d’écouter mon enfant. 2017 ne sera pas l’année où je rentrerai dans des cases, c’est certain. Je reprends nos vies en main, je dépoussière mes rêves et mes valeurs, j’ose le changement. Et ça commence, du coup, par là pour nous. Et j’entrevois ce nouveau chemin avec beaucoup de sérénité et de bonheur 🙂

Voilà, j’avais envie de partager ce bout de vie avec vous. Parce que nos équilibres, c’est à nous de les construire, peu importe où se situe la “norme”.

Suivez-moi!

Maud

Maman multi-casquettes, un brin écolo et pratiquant l'instruction en famille. Résolument optimiste, j'espère vous transmettre ma bonne humeur et ma douceur!
Pour en savoir plus sur moi c'est par ici !
Maud
Suivez-moi!

Les derniers articles par Maud (tout voir)

20 thoughts on “Changer d’option #school

  1. Bien sur que tu as pris la bonne décision, l ambition de l école est de donner à nos enfants les moyens de s épanouir, si elle n y parvient pas c est aux parents de prendre le relais et tu as la chance de pouvoir le faire alors tout va bien! Pour petit girafon aussi tout va bien puisqu’il a exprimé son mal être et que celui ci a été entendu par sa maman, quelle chance!… en revanche qu’en est il du mal être de maman face à l institutrice? Ca, Ca me fait de la peine que tu n aies pas pu communiquer lors de l entretien.

  2. Je comprends… J’avais plus ou moins songé a l’ief pour Loan, mais c’était pas “normal” donc il allait de temps a autre en maternelle… Arrivé en moyenne section trois mois pour trouver mon fils malaise et vomissement… et quand on reprend le chemin ça recommence… quand on dit stop tu n’iras, il a fini par ce porter a merveille…
    Il nous restait a vivre la grande section pour finir mes études et je lui ai dit après tu n’iras plus jamais….
    Deux ans sans école, puis il a voulu faire sa rentrée en école alternative, au bout de 1mois un début de phobie: elle n’était pas loin, elle a resurgit si vite 🙁
    Nous avons arrêté, je crois en l’ief, mais je laisse mes enfants faire leurs propres expériences si un jour, ils veulent retenter (enfin ça sera pas dans le classique avant le collège 😛 )
    J’ai eu envie de t’écrire pour te dire que c’est pas toujours simple, que la phrase tu vas retourner a l’école ça me fera des vacances n’est pas très loin parfois sur ma langue… mais c’est vraiment beaucoup plus beau <3 je te souhaite une merveilleuse aventure le temps que ça durera, je suis disponible si tu as besoin d'échangé… c'est rare que j'écrive des pavés mais t'entendre dire que tu manques de soutient me brise le cœur <3

  3. Je vais rencontrer la même difficulté car nous allons visiter une école le mois prochain mais j’appréhende beaucoup. Pour l’instant on envisage de faire une inscription par étape et uniquement en demi journée mais c’est un grand changement quand on a la chance d’avoir garder notre fille à la maison depuis sa naissance…
    C’est une décision pleine d’amour et de courage.

    Je transfère le Manifeste – Heureux à l’école http://www.lemanifesteheureuxalecole.fr/

  4. J avoues je suis envieuse de cette force de dire stop. J espère que si je me retrouve dans la même situation je saurai moi aussi le faire. Maintenant faut il aussi avoir la force de faire “ecole” à la maison… je ne sais pas si j en serai capable même si l idée me séduit de plus en plus. J ai encore un peu de temps ma grande n’a que 2ans 1/2 mais ça arrive vite. Et pour les autres il suffit de rappeler que le éducation scolaire est obligatoire et pas l’ école

  5. Pour avoir vécu une année scolaire plutôt difficile avec mon loupiot l’an passé, je te comprends parfaitement et si j’avais eu le choix, je pense que j’aurais pris la même décision que toi. J’ai aussi été très déçue de l’école mais sa maîtresse de grande section est beaucoup plus motivante que celle de l’an passé et du coup, il fait des progrès.
    En fait, plus que le choix de l’école, je me suis rendue compte que c’est vraiment les enseignants qui la composent qui font toute la différence.
    Bon courage pour la suite

  6. bravo quelle belle décision…ÉCOUTER SON ENFANT ET SOI MÊME!!
    ce n’est pas toujours la bonne solution la norme et c’est peut être à l’école d’offrir autre chose….de plus adapté, bienveillant et à l’écoute….et dans le domaine il y a du travail!!

A vous !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.