J’en ai gros sur la patate depuis plusieurs jours. Ca tourne et retourne dans ma tête… Peut-être que le fait que je ne vais pas très bien en ce moment joue aussi. Ou pas. Etre la maman d’un enfant remuant, ce n’est pas toujours simple. Plus le temps passe et plus j’ai envie de nous replier sur nous-même. Je rêverais presque de vivre au milieu des champs. Sans personne autour. Loin de tout. Juste nous et les gens qu’on aime. Ca passera, mais ces temps-ci, c’est ce dont je rêve…

Avoir un enfant un peu plus remuant que la moyenne, me donne, oui, envie de me couper du monde. Car j’en viens à redouter chaque sortie. Ou en tout cas les sorties dans des lieux que je ne connais pas, chez (ou “avec”) des gens qui ne nous connaissent pas, ou qui n’ont pas (ou “plus”) de jeunes enfants. Je m’entends dire à mon Girafon : “Tu seras calme, n’est-ce pas? Je compte sur toi pour écouter les règles que je te donne.” … Mais au fond, ce ne sont pas ses comportements qui m’inquiètent, qui m’angoissent… Car, il a quatre ans, un enfant de cet âge ça bouge, ça n’écoute pas toujours ce qu’on dit. Lui, bouge peut-être un peu plus que d’autres. Ce qui me pousse à lui dire ça, ce qui me noue d’estomac, c’est qu’en fait je redoute le regard des gens. Ces regards réprobateurs car ton enfant court partout ou joue allongé par terre en plein milieu du passage, parce qu’il joue un peu bruyamment ou est incapable de rester assis sans bouger… on dirait qu’il a des épines sous les fesses… Les remarques aussi… La plupart du temps, je les entends, même quand elles sont chuchotées dans mon dos. Et je les encaisse quand je les reçois en pleine face. Mal. Mais je les encaisse, la tête haute et les dents serrées.

“Vous ne pourriez pas vous en occuper plus? Ca fait 30 minutes qu’il crie, il est surexcité (…)”

Voilà la dernière remarque que j’ai prise dans la figure. Lors d’une présentation de jeux, pour enfants. Je ne m’y attendais vraiment pas, car je trouvais justement mon Girafon plutôt tranquille. Ok, il commençait à s’agiter, j’étais en train de discuter. Mais, quelques minutes avant qu’on me fasse cette remarque, j’étais en train de jouer avec lui à un jeu… Mon sang n’a fait qu’un tour. Me mordant les lèvres pour retenir mes larmes, j’ai pris mes enfants et je suis partie. Illico. Mais depuis, cette phrase ne me quitte pas. Je me suis jurée de ne plus jamais retourner dans ce type d’événement. En réalité, je n’ai plus envie d’aller nulle part. En tout cas, pas dans des endroits dont les paramètres (configuration, personnes présentes…) m’échappent. Je me suis sentie extrêmement mal.

Parce qu’il faut être honnête, beaucoup de gens jugent les parents de ces enfants remuants. Qui peut dire qu’il n’a jamais pensé “et bah, il est turbulent cet enfant” ou “ses parents doivent pas être bien sévères…” (sous entendu “laxistes”) ? Pas moi. Je l’ai pensé, bien sûr et plus d’une fois. Avant d’être maman. Avant d’être la maman d’un de ces enfants qui bouge sans arrêt, qui remet en question l’autorité à longueur de temps et donc à qui on doit expliquer et expliquer encore les interdits, les règles, les dangers… Et je regrette aujourd’hui d’avoir pu poser des regards jugeants sur des parents. Car aujourd’hui, je sais ce que ça fait de faire face à ce type de regards. Sans parler des réflexions, directes ou dans le dos.

Je suis fatiguée de vivre dans un monde où on étiquette les enfants, leurs parents. Et je ne parviens pas à cesser de ruminer ça… Je suis profondément triste. Triste car je sais que, pour nous, ça n’est que le début. Qu’on continuera à recevoir des remarques blessantes et des regards réprobateurs. On continuera à nous juger et à estimer que je dois être une mère laxiste/dépassée, que mon enfant est un petit tyran. Parce qu’il bouge sans arrêt, parce qu’il est bruyant, parce qu’il n’écoute pas toujours ce que je lui dis, parce qu’il fait rarement ce que je lui demande… parce qu’il faut toujours lui expliquer le pourquoi du comment c’est interdit.

Bref. J’ai une grosse pensée pour tous ces parents qui ont comme moi un enfant un peu “trop” remuant. Ce n’est pas notre faute. Chaque enfant a un tempérament différent… le nôtre en a un, épuisant. Je vous envoie mon soutien, je sais combien c’est souffrant parfois.

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Maman blogueuse pro allaitement, maternage et éducation positive, pratiquant l'instruction en famille. Rédactrice web et traductrice. Résolument optimiste, j'espère vous transmettre ma bonne humeur et ma douceur!
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