J’ai comme un souci, si l’on peut nommer cela ainsi. Je suis à la fin de mon premier trimestre de grossesse et je ne me sens toujours pas enceinte. Certes, j’ai vécu (et pas forcément bien) les désagréments du début de grossesse qui m’ont bien rappelé mon état… mais c’est étrange… je n’ai pas l’impression d’héberger notre futur bébé, même si je l’ai vu à l’échographie.

Quand j’ai projeté ce deuxième enfant, j’imaginais vivre une grossesse plus sereine. Pour Petit Girafon j’avais détesté être enceinte, même si j’avais eu une grossesse relativement calme. Pour celle-ci, je me disais que sachant ce que c’est la grossesse, je ferais tout pour la vivre mieux. Malgré les horribles nausées, mon incapacité à m’alimenter tellement les dégoûts étaient importants… je savais que cela passerait. Je me répétais que ça irait, que ça n’était que la mauvaise passe de ce premier trimestre.

J’envisageais une grossesse la moins “médicale” possible. J’ai choisi un suivi sage-femme pour éviter de voir les médecins. J’ai choisi de nouveau la maternité où j’ai accouché pour Petit Girafon car ils accompagnent le souhait d’un accouchement physiologique, car ils encouragent l’allaitement. Je voulais me ménager du temps pour moi, pour me reposer, pour me ressourcer. J’étais optimiste et heureuse à l’idée de vivre une grossesse d’été, avec le soleil! Bref, je voulais vraiment vivre cette grossesse avec sérénité.

C’était sans compter sur ce diabète gestationnel qu’on m’a diagnostiqué à cause d’un taux 0,01 au-dessus de la norme. Sans compter sur le régime alimentaire auquel je dois me restreindre. Certes, il n’est pas trop strict, mais laisse peu de place à l’imprévu et à la gourmandise… très peu de place… Et sans compter sur la dictature de ces chiffres qui s’affichent sur mon dextro… Mes taux sont bons, même très bons, mais je dois m’astreindre à ce contrôle… 6 fois par jour me piquer le bout du doigt… Alors on me dit que c’est pas si contraignant, que ça va aller, que je vais m’y faire, qu’il y a pire, que je dois penser au bébé avant tout… Certes. Mais pour l’instant je le vis très mal. Je ne suis pas quelqu’un qui fait des excès répétés dans l’alimentation, mais j’aime ne pas me prendre la tête. J’ai mis des années à me sortir de mes troubles alimentaires… des années à cesser d’être obnubilée par le contrôle de ce que je mangeais… Et je sens bien que je marche encore sur un fil fragile… Alors cette situation me pèse. Mais je dois faire avec, et surtout ne pas trop m’en plaindre… J’ai le sentiment que ça paraît indécent de se plaindre de sa grossesse, donc je garde ça pour moi et j’essaie de garder le cap.

Mais voilà… Ca peut sembler dérisoire tout ça. Ca l’est sûrement. Cependant, moi, ça ne m’aide pas à me sentir enceinte… Pour l’instant la seule chose que je vis, c’est ma fatigue et le contrôle que je dois exercer sur mon corps par mon alimentation. Je n’ai pas de ventre… J’ai perdu 5kg… je suis encore plus plate qu’avant ma grossesse… Il est encore trop tôt pour que je sente ce petit être bouger en moi… C’est peut-être un genre de déni après tout? Mais un déni tout en sachant que je suis enceinte…

Et pourtant c’est dire si on le voulait ce deuxième bébé (et d’ailleurs on le veut toujours ^^)… Et je suis vraiment heureuse à l’idée d’agrandir la famille. Mais je ne sais pas… Pour l’instant, je ne parviens pas à me sentir enceinte. Je le sais. Sans le ressentir. C’est assez étrange. C’est aussi assez culpabilisant. On nous montre tellement partout l’image de la future maman épanouie, heureuse, qui ne doit surtout pas se plaindre car c’est la plus belle chose de la vie… J’en finis par me demander si je n’ai pas vraiment un souci. Et ce qui est assez difficile au final, c’est que si l’on éprouve le besoin de parler de nos états d’âmes, de ce fait de ne pas aimer être enceinte, de mal vivre ceci ou cela… on trouve très peu d’empathie en face de nous. C’est déconcertant et encore une fois très culpabilisant.

Je n’ai pas écrit cet article pour me plaindre, mais parce que j’avais besoin de partager ce sentiment étrange qui m’habite, cette incapacité à me sentir enceinte alors que ce bébé est tellement désiré. Je me dis que je ne suis peut-être pas la seule à vivre mal ma grossesse, à avoir du mal à l’investir… que je ne suis peut-être pas la seule à me sentir justement seule face à ça.

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Maud

Maman blogueuse pro allaitement, maternage et éducation positive, pratiquant l'instruction en famille. Rédactrice web et traductrice. Résolument optimiste, j'espère vous transmettre ma bonne humeur et ma douceur!
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