Il n’y aura pas de petit troisième

Ceux qui me connaissent bien sont souvent très étonnés quand je leur dis ça. Oui, je suis celle qui voulait au moins quatre enfants, qui rêvait d’une famille nombreuse… Oui, c’est vrai. Mais c’était avant d’en avoir deux. Alors, on ne peut s’empêcher de me dire que c’est normal, que ma fille est encore toute petite, que je suis jeune, que “tu verras dans deux ou trois ans”… Mais non. Je le sens au fond de moi. Pour Petit Girafon, j’avais à peine accouché que je savais déjà qu’il y en aurait un autre, que j’accoucherai dans cette même maternité… pas toute de suite, mais qu’il y aurait un deuxième. Pour ma Marmotte, elle était à peine dans mes bras que j’ai pensé que ce serait la dernière. Et ce sentiment n’a pas évolué.

Je ne veux pas vivre une troisième grossesse. Je déteste tellement ça être enceinte. On aura beau me dire que chaque grossesse est différente, ça n’y changera rien. Je n’aime pas ce corps qui se déforme, je n’aime pas mon irritabilité, mon humeur en dents de scie, la fatigue, ce corps qui ne fait que ce qu’il veut. Et puis je ne veux pas d’un nouvel accouchement. Vraiment pas. Alors, j’imagine que quand l’envie d’un autre bébé se manifeste, on finit par faire abstraction de tout ça. Mais, pour moi, l’envie n’y est pas. Pour tout un tas d’autres raisons.

C’est assez futile, mais il y a aussi l’aspect financier… On a déjà du mal à rester la tête au dessus de la surface de l’eau… On doit compter chaque centime pour partir en vacances, et le plus souvent on ne peut finalement pas partir. Alors, serait-ce raisonnable de faire un enfant de plus? Je sais bien que la vie change, que parfois la roue tourne et puis qu’on se débrouille toujours de toute façon. Mais j’y pense quand même.

Mais, ce qui me donne le plus cette certitude de ne pas en vouloir d’autre, se trouve ailleurs, au fond de moi. Outre, la fatigue, ces années sans dormir que j’enchaîne… Je sais qu’émotionnellement, je n’y arriverai pas. Les gestes, la gestion du quotidien, même si cela serait sans doute pesant, j’y arriverais. Gérer la fatigue, certainement aussi. Mais, avec deux je me sens déjà sans arrêt déchirée entre eux… J’ai toujours cette impression de ne pas être suffisamment disponible pour chacun d’eux… Je suis tiraillée entre leurs besoins propres, et mes besoins dont du coup, je m’occupe rarement. Ce que je ressens au fond de moi est très difficile à retranscrire… Mais souvent je déborde, oui je suis comme un vase trop plein, qui ne s’arrête jamais entre les enfants, la maison, les repas, les papiers, les courses, les soucis… Et je sens que parfois, souvent en fait, je ne suis pas vraiment avec eux. Je suis un peu en mode automatique… Et puis, même quand je suis avec eux, que je joue, qu’on rit, qu’on se fait des chatouilles… vient toujours un moment où je suis face aux conflits entre leurs besoins respectifs… Et émotionnellement c’est dur. Vraiment dur. Quand les deux sont en demande d’attention, en même temps. Quand les deux pleurent, en même temps. Quand ils veulent tous les deux des câlins, en même temps, mais pas ensemble. Mon coeur se déchire et j’ai juste envie de pleurer. Je culpabilise énormément, je ne sens si nulle parfois. Je sais, c’est inutile tout ça, ces sentiments négatifs n’ont pas leur place, ne servent à rien… mais ils sont là, ils me tiennent constamment compagnie. Alors, je sais qu’avoir un troisième enfant, ce serait comme un tsunami intérieur pour moi. J’aurais l’impression de délaisser les aînés, ou ce bébé, de ne pas réussir à trouver ma place au milieu de ces enfants et de leurs besoins. Je redoute de ne pas parvenir à être disponible pour chacun comme je le voudrais, comme ils en auraient besoin. Et, je ne sais pas si je le supporterais.

Et puis, il y a notre couple. Ce couple qu’on maintient comme on peut mais qui souffre. Vraiment. Je suis tombée enceinte rapidement après notre rencontre. Nous étions très heureux, mais nous avons finalement très peu profité de notre vie à deux. Et j’aspire à ce qu’on puisse reprendre du temps pour nous. Les enfants, ça grandit vite. Pour l’instant on profite d’eux, à chaque instant. Ils seront vite plus autonomes, et nous auront bien plus de facilité à prendre des moments pour nous deux. On en a besoin.

Enfin, il y a moi. J’aime mes enfants par-dessus tout et jamais je n’aurais fait un choix différent que de pouvoir les accompagner chaque minute de leur petite enfance. Même si certains jours j’en ai ras le pompon, je ne regrette pas une seconde ce choix d’être restée auprès d’eux. Mais tous ces besoins que j’ai niés commencent à me revenir en pleine figure… et je sens qu’il va être temps que je me recentre aussi sur moi, que je reprenne du temps pour faire des choses qui entretiennent mon positivisme, qui allègent mon esprit. D’ici un an ou deux, ma Marmotte sera déjà bien grande… j’aurais la possibilité de faire des choses pour moi, de danser, de coudre d’avantage, d’aller prendre l’air quelques heures seule… Aurais-je envie de signer à nouveau pour 3 ans de patience avec un petit troisième? Je ne pense pas. Alors, je sais que certaines mamans arrivent à concilier beaucoup… leur vie de famille, leur vie professionnelle, des moments pour elles, pour leur couple… pas moi. Je n’y arrive pas. Chaque chose en son temps me correspond mieux. Et puis, je ressens le besoin également de pouvoir entrevoir de me construire, enfin, une vie professionnelle réellement épanouissante.

Peut-être qu’avec cet article je laisse sentir que les enfants c’est contraignants, que ce choix de ne plus vouloir d’enfant est dû à une enchaînement de contraintes finalement. Mais pas du tout. Oui, les enfants, ça représente un certain nombre de contraintes, c’est vrai. Mais je les vis plutôt bien. Mes enfants sont la plus belle chose qu’il y ait dans ma vie, ils sont tout et mon tout. Seulement, je pense que je me sens complète comme ça. J’ai la chance en plus, d’avoir un garçon et une fille. J’ai l’impression que c’est notre bon équilibre. Deux enfants, c’est bien. J’admire vraiment les mamans de familles XXL… ma propre maman, qui a sur trouver du temps pour chacun de nous quatre. Personnellement, je ne m’en sens pas capable. Alors, notre famille sera la famille “classique” française… avec deux enfants. Parce que c’est déjà bien deux enfants.

Et chez vous ? Qu’est-ce qui vous a fait vous dire qu’il n’y en aurait pas d’autre ?

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Maud

Maman multi-casquettes, un brin écolo et pratiquant l'instruction en famille. Résolument optimiste, j'espère vous transmettre ma bonne humeur et ma douceur!
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13 thoughts on “Il n’y aura pas de petit troisième

  1. Cc maman mammouth, jai un petit,garcon de 3’ans et demi et une petite fille de 2 ans, pour nous ici pas de 3 eme, même si depuis que je suis petite je pensais en avoir trois, mais finalement peut importe le nombre, nous avons trouvé un petit équilibre à quatre et un troisième enfant n’aurait pas sa place …je me retrouve beaucoup dans ton post, même si je travaille à temps partiel et que les finances sont plutôt à l’équilibre , pour moi c’est plutôt une question d’équilibre de temps entre mes enfants, le tiraillement des conflits entre les deux, la qualité du temps que je passe avec chacun, ma fille a déjà deux ans et le temps est passé vraiment vite…je te souhaite plein de moments de douceur, de rire et de partage , bonne continuation

  2. Je me retrouve beaucoup dans ce que tu ressens, comme je te l’ai déjà dis ici ou par mail … Tout comme toi, je suis certaine qu’il n’y en aura pas un 3ème mais seule différence : j’ai adoré l’état de grossesse, pour les deux ! Comme toi, notre couple est mis à rude épreuve depuis l’arrivée de Mini Miss, un véritable “tsunami” que j’ai bien du mal à supporter (je risque d’en parler dans un prochain article “cuisine St Valentin” – rien à voir mais un peu quand même …). On a la chance d’avoir eu garçon et fille, la famille est au complet ainsi pour nous aussi 😉

    1. Oui, l’arrivée des enfants ça n’est pas toujours simple pour le couple… Pour nous ça a été difficile dès l’arrivée du grand… donc les fragilités étaient déjà bien là quand la petite demoiselle est arrivée… On sait que ça ira, mais parfois c’est pas évident… Alors je ne peux que te comprendre!

  3. Tu as parfaitement le droit de faire comme tu le sens et ne te sens pas coupable je te comprends totalement.
    Ne culpabilise pas de prendre un peu de temps pour toi toute seule ça fait tellement de bien de passer du temps soit avec ses amies ou son compagnon sans les enfants.

  4. Je suis encore indécise! Je suis dans cette période où les enfants prennent un peu plus d’autonomie, et où tu peux respirer à nouveau…un peu plus cool, j’apprécie vraiment, mais paradoxalement il y a aussi cette nostalgie de la grossesse (que moi j’ai adorée) et du bébé. mais c’est un vrai dilemne, car oui il y a beaucoup plus de questions logistiques, financières et de qualité de vie, pour un éventuel 3ème! On se pose moins de questions pour un 2ème je trouve…

A vous !

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