Et puis, la fibromyalgie.

Et puis, la maladie.

Fibromyalgie.

Il y a désormais un mot sur ces maux qui m’épuisent depuis bientôt trois ans. Après avoir passé tant de temps à fuir les médecins, j’ai enfin trouvé l’écoute et la reconnaissance dont j’avais besoin. Trois ans à redouter d’aller chez le médecin pour parler de mes douleurs… Peur qu’elles soient encore minimisées, amenuisées, banalisées… Peur qu’on insinue encore que c’était dans ma tête, que je n’avais qu’à faire ceci ou cela, davantage de ceci, moins de cela… Peur de ne pas être prise au sérieux… Alors j’avais un peu lâché l’affaire, me disant que, tant pis, j’apprendrais à vivre avec. Mais, quand le moral, qui me tenait bien droite jusqu’à maintenant, a commencé à faiblir, j’ai su qu’il fallait que j’arrête de faire l’autruche. Mes enfants ont besoin d’une maman qui va bien, ou en tout cas, pas trop mal. J’ai demandé conseil, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai marqué ce précieux rendez-vous avec une doctoresse dans un centre de la douleur.

J’appréhendais énormément ce rendez-vous. J’étais dans un état d’angoisse tellement palpable… J’aurais mal supporté une consultation de plus à devoir batailler pour faire entendre ma souffrance. Je n’ai pas eu besoin de me battre. J’ai reçu l’écoute qui m’avait tant fait défaut auparavant. Elle a su poser les bonnes questions, creuser un peu là où les souvenirs sont douloureux. Elle a su me bousculer, juste ce qu’il faut. Mais surtout, elle a mis un mot sur la maladie qui me ronge : fibromyalgie. Ca n’a pas été une grande surprise, car après de nombreuses discussions avec des personnes atteintes de cette maladie, je me reconnaissais beaucoup de symptômes. Cependant, je ne me sentais pas légitime… je ne suis pas médecin, peut-être que j’étais en train de m’inventer une maladie après tout. Mais non. Elle est bien là. Et mes douleurs sont réelles. J’aurais pu sortir anéantie de cette consultation, j’en suis sortie soulagée… même si ce n’est que le tout début du chemin. Même si je sais que je devrais vivre avec la douleur.

La fibromyalgie, c’est à vie.

Cette maladie se caractérise par des douleurs chroniques, des douleurs à la pression un peu partout sur le corps, des douleurs lancinantes… parfois articulaires, musculaires… Et puis se rajoute à ça une grande fatigue, des soucis de sommeil fréquents… Et d’autres symptômes encore (si vous voulez en savoir plus, tapez “fibromyalgie” dans votre moteur de recherche, vous trouverez plein d’informations 🙂 ). Toutes les personnes atteintes de fibromyalgie n’ont pas forcément les mêmes symptômes, ni tous les symptômes. C’est une maladie qui est encore difficilement diagnostiquée, malheureusement. J’en ai fait des radios, des IRM et des prises de sang qui n’ont absolument rien montré. Tout était normal. Et pourtant je souffrais, de plus en plus. Mais j’ai eu la chance de tomber sur le bon médecin. Il ne lui a pas fallu longtemps pour émettre son avis. Tout concordait. Elle a été d’une grande bienveillance, tout en allant droit au but, sans mâcher ses mots. Mais jamais un jugement, jamais mes douleurs et ma souffrance n’ont été remises en question. Je suis extrêmement reconnaissante d’avoir pu rencontrer cette doctoresse, que je vais revoir, puisque je vais débuter un parcours, sans doute long, pour essayer de diminuer mes douleurs.

Mais pas seulement…

Il va aussi falloir que je travaille sur mon anxiété, que je retrouve un semblant de sommeil réparateur. Il va falloir que j’accepte de me faire aider, que j’apprenne à accepter l’aide. Beaucoup de choses découlent de ce diagnostic. Il va y avoir du changement. J’avais dit que 2020 serait l’année où je m’occuperais enfin de moi. Et bien, c’est le cas. Cela va me demander de m’organiser, de me dégager du temps pour ça, de solliciter de l’aide extérieure si besoin pour me rendre à mes rendez-vous, par exemple. Je sais, par avance, que cela ne va pas être si simple. Je suis tellement habituée à tout mener de front… en m’oubliant dans le dernier wagon. Mais il le faut. Je n’ai que 30 ans (bon ok… bientôt 31 ^^)… Je ne veux pas continuer à regarder mon corps dépérir et ma tête s’enterrer dans la morosité et la résignation. Je veux essayer.

Pour l’instant, la maladie ne m’empêche pas de vivre… même si elle m’oblige à ralentir et que j’ai du mal à l’accepter. Il se pourrait qu’elle me stoppe net un jour, alors c’est maintenant ou jamais que je dois essayer d’aller mieux.

Bref.

Le premier pas est fait. Le mot est posé. Ma démarche pour faire reconnaître ma souffrance est légitimée.

Maud
Suivez-moi!

5 thoughts on “Et puis, la fibromyalgie.

  1. Chaudoudoux.
    Si besoin pour les enfants, hésite pas, je suis là! J’espère que tu sais que tu peux compter sur moi!

A vous !

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