Mais c’est comment tes douleurs ?

Mes douleurs suscitent souvent pas mal de questionnements. “Mais t’as mal où en fait ?”, “C’est comment tes douleurs ?”, “Non mais tu souffres comment ?”… C’est récurrent et il est difficile d’y répondre, car la douleur ça se met difficilement en mots. Ca s’explique mal la douleur, surtout quand elle n’est pas visible et que tu vis encore trop fort pour être totalement crédible. Et oui, ça aussi, ça fait partie de ma réalité. La façade est bonne, alors comment imaginer qu’en réalité tout est brisé derrière.

Et puis, la fibromyalgie.

Il y a désormais un mot sur ces maux qui m’épuisent depuis bientôt trois ans. Après avoir passé tant de temps à fuir les médecins, j’ai enfin trouvé l’écoute et la reconnaissance dont j’avais besoin. Trois ans à redouter d’aller chez le médecin pour parler de mes douleurs… Peur qu’elles soient encore minimisées, amenuisées, banalisées… Peur qu’on insinue encore que c’était dans ma tête, que je n’avais qu’à faire ceci ou cela, davantage de ceci, moins de cela… Peur de ne pas être prise au sérieux… Alors j’avais un peu lâché l’affaire, me disant que, tant pis, j’apprendrais à vivre avec. Mais, quand le moral, qui me tenait bien droite jusqu’à maintenant, a commencé à faiblir, j’ai su qu’il fallait que j’arrête de faire l’autruche. Mes enfants ont besoin d’une maman qui va bien, ou en tout cas, pas trop mal. J’ai demandé conseil, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai marqué ce précieux rendez-vous avec une doctoresse dans un centre de la douleur.