Quand j’ai débuté mes recherches pour ce projet de livre sur l’allaitement, c’est une question qui m’avait été posée… Peut-il réellement y avoir des raisons de ne pas pouvoir allaiter, ou est-ce encore un mythe médical ? Malheureusement, encore aujourd’hui, de nombreuses mères cessent un allaitement, ou ne commencent même pas sur de mauvais conseils… Si dans la réalité, les médecins ont tendance à dire que dès lors qu’on doit prendre un traitement ou subir une opération il faut cesser l’allaitement… En vérité, il y a extrêmement peu de contre-indications médicales. J’ai été un peu révoltée quand j’ai pris conscience de cela… et donc du nombre d’allaitement avortés à cause du manque de formation et d’information des professionnels de santé.

Je n’écrirai finalement pas ce livre sur l’allaitement, mais je me suis dit qu’il serait intéressant de partager avec vous tout ce que j’ai pu apprendre… Si cela pouvait aider, ne serait-ce qu’une mère à s’opposer aux médecins si l’arrêt de son allaitement n’est pas médicalement justifié (et qu’elle souhaite poursuivre), ce serait le plus beau des cadeaux.

Il n’existe que trois cas de figure où l’allaitement est fortement contre-indiqué :

  • En cas de traitement par chimiothérapie

  • En cas de galactosémie congénitale : cette maladie, héréditaire, très rare, apparaît chez le nourrisson. Elle est due à l’absence des enzymes qui transforment, habituellement, le galactose contenu dans le lait en glucose assimilable par le corps. Ce galactose non transformé passe alors dans le sang et s’accumule dans le foie, le système nerveux et le cristallin où il est toxique.

  • En cas de séropositivité au VIH. Cependant, cette contre-indication vaut pour les pays où l’alternative du lait infantile est sûre. Dans les pays où ça n’est pas le cas, malgré la séropositivité, le lait maternel reste la meilleure option pour la survie du bébé.

Médicalement, il n’y a aucune autre raison valable de ne pas pouvoir allaiter.

Etonnant non ? Pourtant, je sais pertinemment que de nombreuses mères ont arrêté pour de nombreuses autres raisons, soit disant médicalement justifiées… qui ne l’étaient sûrement pas du tout. Il est important de savoir que de nombreux médicaments sont compatibles avec l’allaitement. Car choisir d’allaiter, ne signifie en rien cesser de se soigner. Cependant, le Vidal n’encourage pas les praticiens à recommander la poursuite de l’allaitement. Pour éviter tout risque, les laboratoires préfèrent contre-indiquer purement et simplement le médicament, alors que très peu de recherches sont effectuées dans ce domaine par les labo pharmaceutiques.

Pour la plupart des médicaments, la dose que recevra réellement le bébé par le lait n’excède pas 1% de la dose totale prise par la mère. Les posologies se chiffrent en milligrammes, mais les taux sériques (= concentration d’une substance dans le sérum sanguin) thérapeutiques sont de l’ordre du micro ou nanogramme par millilitre. Donc très souvent, ce qui passe dans le lait de la mère est même beaucoup moins important que la posologie pédiatrique.

Certains médicaments on des molécules trop volumineuses, qui ne passent même pas dans le lait. C’est le cas de l’insuline par exemple.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, une mère allaitante peut tout à faire prendre des antidépresseurs ou des antibiotiques. Concernant ces derniers, quasiment aucun n’est dangereux pour le bébé allaité. Si on se penche sur le cas des antidépresseurs, tous ne peuvent pas être utilisés, bien entendu, mais il en existe de nombreux qui sont compatibles.

La contraception est souvent sujet à discussions également. Si l’allaitement constitue à lui seul, une certaine barrière contraceptive, pour les mères qui souhaitent être certaines de ne pas avoir de surprise, une contraception hormonale est tout à fait possible. Il suffit de choisir une contraception progestative et non oestro-progestative, et de respecter un délais de six à huit semaines avant de la commencer, afin de ne pas influer sur la lactation. Ce qui passe dans le lait est insignifiant, c’est plutôt l’impact sur la lactation qui est embêtant.

Enfin, je voulais juste ajouter une note sur les produits anesthésiques. La plupart des molécules ne posent absolument aucun problème ! Et la recommandation d’attendre vingt-quatre heure avant de redonner le sein ne repose sur aucune donnée sérieuse.

Pour allier traitements médicaux et allaitement, il suffit finalement d’un peu de bon sens. Comme pour chacun, on ne traite que si c’est réellement nécessaire (cette recommandation est valable pour chaque individu de cette planète). Trop de mère s’entendent dire qu’elles doivent cesser d’allaiter pour prendre un traitement qui n’est pas nécessaire ou qui, de toute façon, serait compatible.

Ensuite, un médicament utilisable en pédiatrie l’est également pour une mère allaitante.

Enfin, un médicament compatible avec la grossesse ne l’est pas forcément avec l’allaitement et inversement. D’une façon générale, la dose reçue par le lait est nettement inférieure à celle reçue par le foetus (par exemple pour les psychotropes).

La plupart des médicaments sont compatibles, et s’ils ne le sont pas, la grande majorité sont substituables par des traitements compatibles. Malheureusement, les mères allaitantes sont souvent obligées de se renseigner par elles-mêmes, car les professionnels de santé sont assez peu formés sur ce sujet là. Le site du CRAT est un premier support intéressant pour se renseigner. Ensuite, j’ai trouvé un document intéressant sur le site de la Leche League, que vous pouvez lire ICI .

Pour conclure, il faut juste garder en tête que dans la grande majorité des cas, malgré la nécessité d’un traitement médical, la poursuite de l’allaitement reste possible. N’hésitez jamais à solliciter les conseils d’une conseillère en lactation ou même d’une sage-femme (elles sont nombreuses à être très bien formées à l’allaitement).

Bref, j’espère que cet article pourra être utile 🙂

Maud
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Maman blogueuse pro allaitement, maternage et éducation positive, pratiquant l'instruction en famille. Rédactrice web et traductrice. Résolument optimiste, j'espère vous transmettre ma bonne humeur et ma douceur!
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