Renoncer à cette liberté ?

Nous sommes fin mai et Petit Girafon n’est toujours pas inscrit à l’école pour septembre. J’attendais de voir la psychologue… Puis, comme elle nous a proposé de faire une évaluation, je me suis dit qu’on attendrait d’avoir le compte-rendu. Le temps a filé, nous aurons la restitution la semaine prochaine et je n’arrive pas à faire ce pas de l’inscrire à l’école. Lui n’est pas particulièrement motivé pour y retourner, même en changeant d’école. Et moi… et bien moi je suis pleine de doutes.

J’ai peur. Vraiment.

J’ai peur que mon petit électron libre se retrouve une fois de plus stigmatisé et que l’école tente de le faire entrer dans une petite boîte beaucoup trop étroite pour lui. J’ai beau avoir confiance en lui et en ses capacités d’adaptation, je sais comme c’est difficile, intérieurement, de devoir faire un effort d’adaptation si grand que ça en devient angoissant. Je n’ai pas envie que sa scolarité ne soit qu’un long combat. Pour lui. Pour moi. Pour le corps enseignant. Je ne souhaite pas remettre en question le travail de ces derniers. Non. Je sais que les conditions actuelles ne sont pas propices à un enseignement qui prendrait vraiment en compte les individualités, remettrait les élèves au centre de leurs apprentissages, quelles que soient leurs particularités et leurs tempéraments.

Et puis, le scolariser à nouveau induit énormément de changements. Je ne sais pas si j’ai envie de lui imposer, de nous imposer, ce rythme. Aujourd’hui, on a la chance d’avoir une réelle liberté. Petit Girafon peut se coucher tard, il pourra se lever à l’heure qu’il souhaite le lendemain. Il peut rester en pyjama toute la journée s’il veut, sortir pieds nus dans le jardin à n’importe quel moment de la journée. Il peut prendre son petit déjeuner à 11h et son déjeuner à 14h si ce sont les moments où il a faim. Il peut mener sa journée comme il en a envie. Nous pouvons aller au parc ou faire une promenade n’importe quand. Nous pouvons aller au marché ensemble. On ne subit pas cette fatigue des longues journées d’école, des longues semaines.

Alors, je vais être honnête… il y a bien des jours où je me dis que je le mettrais bien à l’école pour avoir un peu la paix. Oui, je suis humaine… parfois c’est difficile d’être H24 avec ses enfants, surtout quand on a une petite tornade comme mon Girafon. Mais, ces pensées sont éphémères et ne restent jamais. Quand je vois toutes ces choses qu’il comprend et intègre sans qu’on ait besoin de lui apprendre quoi que ce soit… Je ne peux m’empêcher de penser que l’école n’est pas indispensable.

Vous me parlerez sans doute de sa sociabilité et tout ça. C’est une idée fixe lorsqu’on aborde l’instruction en famille. Or, école à la maison ne signifie pas qu’on n’a aucune vie sociale. Seulement, on la choisit davantage. Et puis, la sociabilisation est-ce être enfermé six heures par jour avec trente autres enfants du même âge ?

En fait, quand j’échange avec des familles sans école, quand j’observe leur quotidien… c’est vraiment le mot « liberté » qui me vient à l’esprit. Je mesure tellement chaque jour cette chance qu’on a de ne pas avoir de contraintes horaires. Et aucune contrainte au niveau des apprentissages. Mon Girafon peut avancer à son rythme et surtout comme il en a envie. Parfois il va me demander de faire des activités « écrites » sur des cahiers d’activités, et va avaler la moitié du cahier en un après-midi… D’autres jours, il ne fera rien d’autre que jouer. Il peut s’intéresser à ce qu’il souhaite, en ce moment ce sont les panneaux de signalisation et l’alphabet. On peut utiliser les outils qu’on a envie : ludiques, conventionnels, alternatifs… Bref, on est libres quoi.

Mais, la pression sociale n’est pas toujours aisée à porter. Pour moi. Quand on me demande (souvent…) si on retente l’école en septembre, j’ose rarement dire qu’en réalité, je n’ai aucune envie de le rescolariser… Et puis, Papa Girafe est pour un retour à l’école… Il a du mal à concevoir la vie sans école, alors que de mon côté ça me paraît juste tellement évident. Alors, je me dis que je n’aurais sans doute pas le choix… encore faire un compromis… encore dire « amen »… retenter, et si ça se passait mal… déscolariser à nouveau. Oui… mais il y a un « mais ». Si ça l’abîmait encore mon petit garçon? Vous me direz peut-être que ça peut également bien se passer… Oui, certes. Mais, honnêtement, je doute que ça se passe « bien » intérieurement pour mon petit bonhomme. Il est épris de liberté, il a besoin de bouger et de parler quand il en a envie… c’est un enfant, intensément vivant, au tempérament de feu. Je ne suis pas certaine qu’il vive sereinement le fait d’être tant contraint par l’école.

Ca me bouffe un peu tout ça en ce moment… j’aimerais tellement être capable de juste m’écouter, me faire confiance et mener notre vie comme j’en ai réellement envie. Cependant, j’ai encore beaucoup de mal à m’affranchir du regard des autres et du poids de la pression sociale…

Si vous êtes une famille sans école qui passe par là, n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire, à partager votre expérience… j’ai besoin d’être rassurée je crois 🙂

Maud
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13 thoughts on “Renoncer à cette liberté ?

  1. ici l’école à détruit ma puce donc grosse peur sco pour elle depuis l age de 2 ans 1/2 en ief depuis elle vient d avoir 5 ans
    ton enfant est petit donc laisse le temps profite de lui, profite du hors système on a encore le choix de garder nos enfants donc profites en car peut être qu un jour tu n aura plus le choix de le mettre dans le système…

    l école n est pas adapté pour tout les enfants car chacun d eux est différent
    laisse le vivre et profite de lui

    bon courage

  2. La question c’est: veux-tu le descolariser provisoirement (maternelle) ou totalement ? Le retour a l’ecole ne sera-t’il pas plus difficile apres dans cette perspective ou ton petit bonhomme se sera deja habitue a l’ecole a la maison (avec tout ce que cela engendre en terme de liberte d’horaires, socialisation etc).

    1. En fait, dans mon idéal… je rêve que mes enfants n’aillent jamais à l’école… ou alors très tardivement!
      Beaucoup d’enfants de familles sans école, retrouvent une scolarité une fois ados, et cela se passe bien, pour la majorité d’entre eux…
      Mais je suis encore loin de là! Mais vraiment, j’imagine réellement une vie sans école pour mes enfants… Cependant, je ne peux pas décider ce cela seule…

  3. J’essaie de me rappeller, en moyenne section, combien j’ai eu de la pression. Puis j’ai dit merde a tous parce qu’écouter mon fils me semblait bien plus important que mon égo, le regard des autres. C’était mon fils, j’aurai écrasé tout le monde sur mon chemin. J’ai montré les cros. ON TOUCHE PAS! Aujourd’hui l’ief plus personne ne m’en parle c’est un peu un sujet tabou pour certain membre de la famille, pour d’autre c’est l’inquiétude, eux aussi je m’en éloigne au bout de trois ans… Je suis la seule qui voit. Même mon conjoint a des inquiétudes mais des fois je saisi des instants et je lui dis: « regarde! » ou « écoute-le » un vocabulaire riche, un épanouissement total, de l’amour, du partage, une onde de créativité autour d’eux, c’est tellement de choses <3 plein de chaudoudoux <3

    1. J’ai pourtant un entourage compréhensif et ouvert… Mais, on me reproche de ne pas vouloir retenter, au moins essayer encore une fois… Et moi, j’ai du mal à comprendre pourquoi… pourquoi essayer encore? Dans quel intérêt?

      J’espère vraiment que mon homme se laissera convaincre qu’on a encore le temps pour l’école… que peut-être un jour, oui, il ira… mais que là, c’est vraiment trop tôt…

  4. Bonjour Maman Mammouth,

    Papa Girafe est-il prêt à prendre en charge sa décision ?
    A savoir que, s’il veut le rescolariser, s’occuper de tout ce qui a trait de près ou de loin à l’école (les papiers, l’emmener, aller le chercher, aller aux rdv avec les maîtresses et cie ?).

    C’est facile de prendre une décision quand on n’a pas à assumer les conséquences ? S’il doit emmener son fils tous les jours en larmes… Est-ce qu’il y arrivera ?
    Voir son fils perdre sa joie de vivre et sa soif d’apprentissage juste pour rentrer dans le moule, ne pas faire de vagues, pour « plaire » aux autres quoi…

    Bon, je dis ça, pour moi, c’est plus facile, le papa est convaincu. Entre un profil de zèbre, une scolarité traumatisante et une expérience de prof (où les élèves n’étaient pas le problème mais bien le « système » actuel)…
    Il n’est juste pas à l’aise avec le unschooling mais il a compris l’intérêt : comme le souligne le mari de Naomi Aldort dans « être et devenir », on fait confiance avec des papillons dans l’estomac – mais ça marche ! (bon, je suis loin d’être aussi bientraitante que Naomi mais j’y travaille).
    On verra le reste 🙂 pour le moment, ça se passe bien (mais elle n’a que 3,5 ans).

    1. Le souci c’est qu’il ne PEUT pas gérer tout ce qui entoure l’école… Il part à 6h30 le matin, rentre à 19h30… du lundi au samedi… C’est juste qu’il a du mal à se détacher de la « norme »…
      Cette année, après le fiasco de cette première expérience scolaire, c’est lui qui m’a dit : « on ne l’y remet pas ». Mais, en arrière plan, il y avait cette idée de retenter, dans une autre école en septembre.
      Il me reste 3 mois pour faire pencher la balance…

  5. Je ne suis pas une famille IEF… Je suis une maîtresse de l’éducation nationale…. Je remplace actuellement en toute petite et petite section et j’ai quelques électrons un peu plus libres que les autres dans ma classe … Et c’est dur. Pour eux. De venir s’asseoir au coin regroupement quand c’est le moment, de faire une activité peinture ou sur les chiffres ou autre chose le jour où c’est prévu alors que ce n’est pas leur besoin actuel, leur période sensible du moment. Pour moi, parce que j’aimerais tant pouvoir répondre individuellement à mes 28 élèves et parce que contrairement à ce que je souhaiterais je dois répéter expliquer encore me fâcher parce que je n’ai pas le temps d’expliquer individuellement sans arrêt. Pour les parents, à qui tous les midis je dois dire que j’ai encore expliqué à leur enfant que non on ne montait pas sur les bancs, non on ne faisait pas ce qu’on veut quand on veut. Parfois les jours de fatigue ou de trop plein leur dire que j’ai crié ou grondé ou puni sur la fameuse chaise à grandir…. Pourtant je crois en mon métier et je ne veux pas dénigrer l’éducation nationale dont je fais partie. Mais cette décision de l’IEF vous appartient à papa girafe et toi et malheureusement on ne peut pas prendre la décision pour toi ou tu ne peux pas la prendre seule mais fais toi confiance et trouvé les arguments pour le convaincre que c’est encore trop tôt pour lui pour toi pour vous un retour à l’école….

    1. Les conditions actuelles d’enseignement ne permettent pas aux enseignants d’avoir l’enseignement dont ils rêvent je crois… De toute façon comment faire avec 28 ou 30 tout petits ? C’est trop…
      Et les petits électrons libres comme mon Girafon ont du mal à trouver leur place, à s’astreindre aux règles quand il le faut… Sûrement parce que c’est trop tôt, trop tôt pour eux, pour vivre des journées aussi cadrées.
      C’est difficile, et j’imagine frustrant , peut-être même décourageant parfois, pour les enseignants…
      J’espère qu’on arrivera à trouver notre équilibre, j’ai encore trois mois devant moi 🙂

      Merci pour ton commentaire!
      Je te souhaite bonne continuation avec tes petits et aussi un peu de courage pour les jours où c’est plus difficile <3

  6. Bonjour
    Mon fils a eu 3 ans en Mars et nous nous étions décide à ne pas le mettre à l »école pour la rentrée j »aimerais qu »il ne fasse pas sa maternelle ou alors uniquement la grande section. Mais pas évident de gérer les gens autour et leurs remarques et puis qui intelligent comme ils sont , disent à notre fils qu »il est grand et qu »il est tant qu »il aille à l’école etc etc ou à nous qu »il faut qu’il se sociabilise que sinon il n’arrivera pas à écouter les règles et à vivre en communauté, qu »il aura du retard, qu »il apprendra à lire et écrire en maternelle ( euh la bonne blague quand on voit le nombre d’enfants en primaire qui lisent d’une façon catastrophique….). Donc non on me regarde bizarre mais non notre fils ne fera pas sa rentrée et oui il se porte très bien. Il découvre la nature, son environnement, pose des questions, apprend pleins de nouveaux mots lors des sorties, et lorsqu’un apprentissage l »intéresse nous « travaillons » de façon ludique et par le jeux, et utilisons différents support et ça marche super. J’ai eu l »occasion de faire une matinée activité au sein de l »école maternelle ( avec le RAM) et bien cela à confirmer mon choix… la surveillance ( pause café….) des enfants pendant la récré , le passage aux toilettes tous en même temps sans séparation entre les toilettes et pas vraiment encadré… et l’organisation en général…. alors le soucis notre fils parle de l’école, forcément à force d’en entendre parler… et il ne joue qu’avec des plus vieux et forcément la journée ils sont à l’école et donc demande pour être avec eux. Mais je penses que dans son esprit c’est pour jouer uniquement… enfin de toute façon la famille s’agrandit bientôt donc cela évitera qu »il se sente rejeté de rester avec nous et puis vive la liberté!!!! 🙂

  7. Tu sais ce que j’en pense….Et pour moi l’école a encore du chemin à parcourir ….Nous en sommes au premices…Alors j’ai envie de te dire laissez vous du temps et fais comme tu le sens

A vous !

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