Mon enfance sauvage

Djalla-Maria Longa

Editions Glénat

19,99€

“Dans les années quatre-vingt, au coeur des montagnes ariégeoises, Patrice et Barbara Maisonnier font le choix de vivre en autarcie et de fuir la société de consommation. Ils élèvent ainsi leurs huit enfants.
Pas d’eau courante, pas l’électricité, pas de lits, pas d’assiettes ni de couverts, pas de jouets en plastique, pas d’école… tout ce qui vient du “monde d’en bas” est banni. Ils ont l’intime conviction d’être dans le vrai, jusqu’au jour où Djalla-Maria s’est interrogée sur le sens d’une vie aussi extrême, bousculant, à l’occasion, les principes de ses parents.
Elle livre ici un témoignage exceptionnel sur son enfance sauvage entourée de ses frères et soeurs.”

Avant de vous donner mon avis sur ce très beau livre, il faut que je vous raconte comment il est tombé entre mes mains ! Un matin, j’allais à La Poste avec les enfants… l’un en trottinette et l’autre en draisienne. Nous avons croisé la route d’un monsieur, retraité, que nous croisons régulièrement. Il nous a demandé si nous allions à l’école. Je lui ai répondu que non et que les enfants étaient instruits à la maison. J’ai piqué sa curiosité. Pas une curiosité malsaine comme c’est trop souvent le cas. Il m’a posée beaucoup de questions, sans jamais une once de jugement. Il a même dit à Tom que s’il avait pu ne pas aller à l’école enfant, il aurait été le plus heureux des petits garçons. Nous avons beaucoup discuté, en toute simplicité et j’ai été touchée par son ouverture et son côté chaleureux. Il en est venu à me parler d’un livre qu’il avait lu sur une famille ariégeoise qui avait élevé ses enfants sans école, de façon un peu extrême selon lui, et m’a proposé de me prêter ce livre. Il nous a ouvert sa maison comme si c’était normal et m’a confié son livre en me demandant juste si j’accepterais d’en discuter avec lui une fois terminé. Ce moment rare, m’a beaucoup émue. Ce n’est pas si courant de nos jours, de vivre des rencontres si simples et si riches. Ca m’a pourtant duré que 15 minutes tout au plus, mais j’ai éprouvé énormément de gratitude par la suite. Et j’ai donc assez rapidement attaqué ce livre qui m’intriguait.

C’est donc Djalla-Maria qui nous raconte son enfance, dans le village ariégeois de Massat. Je n’habite pas très loin de l’Ariège et j’ai côtoyé plusieurs fois des personnes vivants en communauté dans ce département, avant d’avoir mes enfants. Je suis souvent allée en Ariège pour danser, et j’ai toujours aimé discuter avec ces danseurs et danseuses, simples et chaleureux, qui vivaient un peu en marge… avec leur machine à laver montée sur pédales ^^ Bref, c’est tout un tas de petits détails qui m’ont rendue proche de ce récit.

Les choix de vie de Barbara et Patrice sont très extrêmes : pas d’électricité, pas d’eau courante, pas de table, pas d’assiettes etc. Une vie très minimaliste en autonomie alimentaire (ou quasiment) et énergétique. Ils ont fait un pari réussi, malgré la grande marginalité de leurs choix. A la lecture de ce livre-témoignage, j’ai parfois été un peu révoltée par le tempérament obstiné et dur de Barbara qui privait totalement ses enfants de la vie “moderne”… peu de confort, les jouets en plastique offerts partaient directement à la poubelle… et qui les astreignait aussi à un quotidien rythmé par les tâches agricoles et ménagères, pas forcément faciles à porter pour des enfants. Malgré tout, j’ai été touchée par cette mère aux principes forts, qui aime profondément ses enfants et, qui, petit à petit s’assouplit.

Durant ma lecture, il m’a fallu faire un peu abstraction des violences éducatives, assez présentes dans l’éducation de Djalla-Maria et ses frères et soeurs. Cependant, leur histoire, cette enfance hors norme est inspirante et nous pousse à penser aux valeurs qui nous sont chères. Comme me disait le monsieur qui m’a prêté ce livre, où est notre liberté aujourd’hui ? Où est celle de nos enfants ? Et il a raison. Lire ce livre, dans le contexte actuel où des lois castratrices pour nos libertés d’instruction vont être votées, m’a fait réfléchir.

Le parcours de Djalla-Maria est vraiment beau. Elle semble être la rebelle de cette famille, elle sera finalement un peu le moteur d’une évolution. Et elle, qui n’avait aucun niveau scolaire, est parvenue à passer des diplômes, à travailler, à voyager, à apprendre l’anglais… à écrire un livre. Ses frères et soeurs ont aussi trouvé leur voie malgré leur enfance atypique.

Je crois que ce livre m’a beaucoup plu également, car il a fait résonner en moi un projet que je porte depuis longtemps. Moi aussi, je rêve d’une vie un peu en marge, moins extrême évidemment, mais j’ai toujours rêvé d’acheter une ferme dans un petit village un peu perdu, entourée de verdure et d’élever mes enfants au grand air, tout en tendant vers l’autonomie alimentaire. Une vie simple. Je ne sais pas si ce rêve se réalisera un jour, et au fond, peu importe… mes enfants jouissent déjà d’une belle liberté et ça, c’est précieux.

Ce livre est vraiment intéressant à lire. C’est un très beau témoignage qui ouvre l’esprit, même si on n’adhère pas forcément aux choix de cette famille. De belles valeurs s’en dégagent : la famille, la solidarité, la liberté, le respect de la nature, la communication.

Bref, j’étais réellement ravie de lire ce livre tombé dans mes mains un peu par hasard, et si vous êtes curieux, je ne peux que vous en conseiller la lecture.

Vous pouvez le trouver en librairie ou en ligne :

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Maud
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Maud

Maman blogueuse pro allaitement, maternage et éducation positive, pratiquant l'instruction en famille. Rédactrice web et traductrice. Résolument optimiste, j'espère vous transmettre ma bonne humeur et ma douceur!
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