Les journées comme ça, ce sont celles où les enfants se lèvent trop tôt, pour moi. Je suis fatiguée, engluée dans mon matelas après une nuit qui n’avait rien de réparatrice. J’ai pourtant l’impression d’avoir dormi. Je me suis même endormie sans trop de difficultés, mais au réveil, c’est toujours pareil… encore et toujours cette sensation désagréable de ne pas avoir fermé l’oeil. Mais, eux, ils sont en forme. J’ai ouvert les yeux depuis dix secondes et demi… ils sautent déjà sur le lit en se marrant. C’est normal, ce sont des enfants. Ils sont reposés, eux.

Je me lève péniblement alors qu’eux sont déjà en train de courir et de crier. Ma tête ne suit pas. Mes tympans non plus. J’ai mal partout. Je souffre. J’ouvre les volets. La lumière m’agresse. Il fait froid, il fait gris. Je suis déjà agacée. J’ai envie de me recoucher. Pourtant, il faut bien la démarrer cette journée. Il y a les courses à faire. J’aurais bien procrastiné mais il n’y a même plus de pâtes dans le placard. Je cherche désespérément un peu de motivation. Je cours après eux avec leurs vêtements à la main. Ils rigolent bien, à poil dans le salon. C’est normal, ce sont des enfants. Ils ont de l’énergie à revendre, eux. 

J’installe, tant bien que mal, tout ce petit monde dans la voiture. Elle trouve une boîte à goûter vide… mais pleine de miettes qui finissent leur course sur la banquette arrière. Je souffle un coup, je change de station de radio pour trouver un truc potable qui me détende. Y a quelque chose dans ma chaussure. Au niveau de la pliure de mes orteils. J’essaie de faire comme si de rien n’était. Je n’oublie pas de m’arrêter à la poste. J’ai des commandes à déposer. Trop de monde. J’irai au retour. Y a toujours ce truc qui me gène sous le pied. J’ai beau bouger mes orteils, il refuse de se déplacer. Je respire un coup, je vais bien supporter ça jusqu’au magasin. C’est rien, sûrement un petit caillou, c’est pas dramatique. Plus je roule et plus j’ai la nausée à cause de ce tout petit machin sous mon pied. Si ça avait été sous le talon, j’aurais mieux supporté, je le sais. Il est temps d’arriver, je me sens vraiment mal. Je retire ma chaussure. Rien. C’est dans ma chaussette. Une minuscule bouloche. La sensation me poursuit. Je dois arrêter d’y penser sinon la nausée ne partira pas. J’ai mal à la tête.

Ils parlent fort. Ils se battent pour peser les légumes et coller les étiquettes. C’est normal, ce sont des enfants. Plein de vie, eux. Il y a trop de monde. J’ai oublié ma liste. Je suis totalement désorganisée. Il se penche par-dessus le chariot. Il va finir par tomber. Elle râle parce qu’elle veut absolument peser le maïs à pop corn. Je crois que j’ai tout. Tant pis si j’ai oublié quelque chose. Vite à la caisse. Il parle non stop. J’ai du mal à l’écouter. Je le vois courir vers le parking… Je crie “STOP”. Je n’ai même pas d’énergie pour lui expliquer pour la dix millième fois que c’est dangereux. J’installe les enfants dans la voiture. Mon chariot se fait la malle. Je le rattrape. J’ouvre le coffre. Il est déjà plein… une poussette, deux trottinettes, un énorme sac de jouets, des bottes… J’ai oublié de le vider. Tant pis je trouverai bien de la place devant. En avant, on rentre.

“Maman pipi !”… “Moi aussi j’ai envie !”

5 minutes. On arrive à la maison. Je cours ouvrir pour qu’ils aillent au toilettes. Ils se battent pour qui ira le premier. Normal, c’est pressé. Je vais chercher mes courses. Elle pleure. Elle veut téter. Je l’entends frapper contre la porte d’entrée. Elle hurle aussi. Je largue les courses dans l’entrée. Elle tète. J’ai la tête ailleurs. Je suis en mode “automatique”, sauf que mon cerveau marche au ralenti. Je range les courses. Ils ont faim. Je leur sors trois bouts de concombre pour qu’ils patientent. 5 petites minutes.

J’ai l’impression d’avoir couru un marathon et je me sens nauséeuse. Je sens toujours cette petite bouloche sous mon pied alors qu’elle n’y est même plus. Ils veulent de la musique. Le son m’agresse, mais je fais avec. Oh de l’eau partout. J’ai laissé deux verres d’eau sur la table. Ils ont sans doute voulu transvaser. Ca les fait rire. C’est normal, ce sont des enfants. Je respire un coup et je leur demande d’essuyer. Miracle, ils le font.

“Maman ! Câlin !”… “Maman ! Té-té “… “Maman !”… “Maman, maman !”…

J’ai vraiment du mal aujourd’hui. Tout m’agace. Ils me touchent, ça me hérisse. Même faire un câlin me coûte. Ils sont trop près de moi. Je me sens étouffée. Les journées comme ça, je les déteste. J’entends puissance mille. Je ressens tout puissance maximale. Je n’ai plus de patience, tout me pèse. Les verres qui tintent manquent de me faire dégoupiller. Ca me fait mal. J’ai comme les tympans sur le point d’exploser. Je voudrais retourner me coucher avant d’entrer, injustement, en éruption. Pour le moment je râle d’agacement. Je limite les dégâts. Mais, je sais. Je sais que lorsqu’elle va pleurer, quelle qu’en soit la raison, je risque de partir en vrille. Je sais que lorsqu’il va jouer à se jeter du canapé, je serais à deux doigts de me mettre à hurler. Je suis sur le fil. Et ça n’a rien à voir avec eux. Ce n’est pas de leur faute, alors j’essaie, avec le peu d’énergie que j’ai de ne pas craquer.

Les journées comme ça font partie de ma vie. Elles vont et viennent. Mon hypersensibilité, mon hypersensorialité, ma fatigabilité et ce corps en souffrance sont autant de paramètres que je dois apprendre à régler. Comme il doit apprendre à apprivoiser ses particularités, je dois faire de même avec les miennes, car je ne crois pas avoir appris un jour. J’ai compensé toutes ces années. Cependant, le temps passe et je ne suis pas certaine de savoir compenser encore longtemps.

Alors voilà. Aujourd’hui était une journée comme ça. Je suis soulagée qu’elle se termine. Demain sera un jour différent.

Maud
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Maman blogueuse pro allaitement, maternage et éducation positive, pratiquant l'instruction en famille. Rédactrice web et traductrice. Résolument optimiste, j'espère vous transmettre ma bonne humeur et ma douceur!
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