Ca y est, nous l’avons ce sésame. Nous l’aurons finalement attendu moins longtemps que ce que j’avais imaginé. Je suis à la fois soulagée et bouleversée. Nous avons la reconnaissance MDPH de Tom. Nous aurons suffisamment d’aides pour lui offrir les prises en charge dont il a besoin sans devoir sans cesse sacrifier des morceaux de budgets de-ci et de-là. Parce qu’il faut bien l’avouer, c’est injuste. Injuste que ces rendez-vous nécessaires ne soient pas, même un peu, remboursés. Injuste car de nombreux enfants ont besoin d’un suivi de psychomotricité, d’ergothérapie, de psychothérapie… parfois de séances avec des éducateurs ou éducatrices… Et rien de tout cela n’est remboursé. Alors, forcément lorsque l’on parvient à obtenir le sésame de la MDPH, un petit quelque chose qui va nous soulager de ces dépenses qui pèsent lourd chaque mois, il y a un grand soulagement.

Pour moi, ce soulagement s’est vite doublé de sentiments ambivalents. Bien malgré moi, ce simple petit papier me chamboule car il me met en pleine tête que mon fils est reconnu handicapé. Handicapé. Il n’est plus seulement différent. Il est considéré par la société comme porteur de handicap. C’est pas si simple à entendre. Évidemment, Tom est loin d’avoir un handicap lourd… il fait partie de ces êtres humains dont le handicap est invisible et ne l’empêche absolument pas de mener une vie normale, si ce n’est qu’il faudra, certainement, toujours quelques ajustements et qu’il sera, sans doute, souvent un peu en décalage. Tom est TDAH et dyspraxique. Cela influe sur sa manière d’appréhender les apprentissages, mais c’est loin d’être une fatalité. C’est un peu plus fatigant au quotidien aussi, toute cette énergie qui déborde, toute cette impulsivité. Cependant, cela n’a rien d’insurmontable.

Le sésame de la MDPH nous donne juste la précieuse clé de l’argent. C’est un peu moche quand on y pense… mais clairement, sans cela, à la longue, nous n’aurions pas pu continuer à lui offrir ses prises en charge. Alors, ces aides sont les bienvenues, même si cela implique de ranger Tom dans cette case du handicap. Avoir cette reconnaissance lui permettra également de bénéficier de certains aménagements lors du passage de ses futurs examens, et de prétendre à avoir la visite d’un inspecteur formé, dans le cadre des futures inspections IEF.

Pourtant, au fond de moi, j’ai peur qu’un jour il m’en veuille. Je craints que vienne un moment où il m’en voudra d’avoir officialisé cette différence, le rangeant dans une case dans laquelle il n’arrivera peut-être jamais à se reconnaître. Je crois qu’il ne se sent même pas différent. Il est encore tellement plein d’innocence, plein de vie, plein de sincérité… d’authenticité… de simplicité. Cela finira peut-être par changer… et cela m’inquiète. Je lui souhaiterais tant qu’il parvienne, en grandissant, à transformer ses différences en forces. Mais est-ce si simple ?…

Alors voilà… même si cette étape nous était nécessaire pour diverses raisons, ce n’est pas si facile, pour moi, à accepter. Cela génère énormément de questionnements et de doutes, auxquels je n’aurais sans doute aucune réponse. Devenir maman m’aura mené sur des chemins que je n’aurais jamais imaginé emprunter. J’espère simplement ne pas faire mauvaise route.

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Maud

Maman blogueuse pro allaitement, maternage et éducation positive, pratiquant l'instruction en famille. Rédactrice web et traductrice. Résolument optimiste, j'espère vous transmettre ma bonne humeur et ma douceur!
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