J’ai décidé de ne pas être mère

J’ai décidé de ne pas être mère

Chloé Chaudet

Editions L’Iconoclaste

19€

« Le destin d’une femme n’est pas de devenir mère. Pas le sien, en tout cas. Chloé Chaudet a 35 ans. Elle n’aura pas d’enfant. C’est décidé.

Ce choix suscite l’incompréhension, voire l’agressivité. « Tu ne vas pas regretter ? » « Tu n’as pas peur de finir seule ? » Toujours ces mêmes questions, quels que soient l’âge et le milieu.

En France, la maternité semble une évidence; pourtant, près de 5% des femmes la refusent. C’est un sujet tabou que même la révolution féministe tient encore à l’écart.

« Comme des centaines de milliers de femmes indociles, j’ai pris une décision qui demeure inacceptable : vivre comme bon me semble. » Chloé Chaudet confie les raisons de son choix, décrit sa fragilité face aux réactions qu’il suscite et tente de comprendre les diktats inconscients qui nous habitent.

Un livre éclairant, qui bouscule les préjugés. »

Il peut paraître étrange qu’une telle lecture apparaisse ici, sur un blog de maman. Pourtant, même si devenir mère a toujours été pour moi une évidence, une envie profonde, je suis totalement en capacité de comprendre qu’on puisse ne pas souhaiter être mère. Je voulais une famille nombreuse et pourtant j’ai décidé de me faire stériliser après deux enfants, car il était impossible pour moi d’envisager une maternité supplémentaire. Alors,  forcément, ce n’est absolument pas le même débat, on est d’accord 😉 Cependant, je trouve injuste qu’on oppose toujours les différents choix, au lieu de simplement considérer que ce sont des chemins parallèles, tout aussi légitimes les uns que les autres. J’ai beaucoup de mal à comprendre, cette nécessité de juger, de critiquer, de donner son avis alors qu’il n’a pas été sollicité.

J’ai donc eu envie de découvrir ce récit, qui traite du non-désir d’enfant. Un sujet encore très tabou, et encore plus lorsqu’il s’agit des femmes. Comme s’il était impossible de concevoir qu’une personne dotée d’utérus puisse ne pas avoir envie d’enfanter. J’ai aimé la réflexion que mène l’auteure. Elle parle d’elle-même, de son parcours, de ses doutes et de ses convictions, mais livre aussi ses analyses sur divers sujets de société qui touchent les femmes. J’ai trouvé cela très intéressant.

Il y a des passages qui m’ont davantage interpellée… Comme lorsqu’elle affirme « un enfant peut être adorable et étonnant, comme il peut être pénible et stupide » ou encore « je m’extasie devant des petites têtes à claques pour faire plaisir à leurs parents« . J’ai trouvé cela extrêmement violent. Alors, je sais que je m’arrête souvent sur des petits détails, mais je n’y peux rien, mon esprit bloque dessus. Et c’est malheureusement quelque chose qui me heurte facilement, car les enfants, eux, n’y sont pour rien si l’on souhaite ou non les avoir. J’avais déjà été assez ébranlée par des commentaires qui parlaient des enfants comme des « chiards » dans des conversations entre childfree. Je trouve cela dommage, car cela maintient le clivage entre parents et non parents… en tout cas c’est ainsi que je le ressens. C’est certes, langagier, mais cela peut heurter et du coup entraver le combat qui vise à normaliser le choix de ne pas devenir parent. Mais, j’affirme cela avec des pincettes, car je pense qu’il n’est clairement pas simple d’être dans cette position de minorité en permanence jugée, et que cela s’exprime… comme cela s’exprime ! 😉 Et si je ne vis pas les contraintes de la parentalité comme des entraves à ma liberté, j’entends totalement qu’on n’ait pas envie de vivre ces « contraintes »-là. C’est ok en fait, où est le problème ?

Bref. Malgré ces petits détails, j’ai trouvé ce témoignage vraiment intéressant ! L’auteure parle avec beaucoup de simplicité et de sincérité de ce choix qui est le sien, mais qui est encore difficile à assumer dans cette société où les injonction de maternité pèsent très lourds, et où il est marginal et mal compris  de ne pas souhaiter de cette maternité. Je pense qu’il est vraiment indispensable d’en parler, ouvertement, de plus en plus pour que cela devienne simplement un choix parmi d’autres. Une femme ne se résume pas à son utérus et à sa capacité à être mère. Je n’ai jamais bien compris pourquoi on s’acharne à nous fatiguer avec des histoires d’horloge biologique… comme si être mère était un passage obligé dans une vie. Il est aussi important d’en parler, pour qu’on apprenne à se détacher de cette normalité de la maternité, pour qu’on cesse les questions maladroites, les boutades qui blessent sans qu’on le veuille. Il serait bienvenue aussi que les professionnels de santé s’ouvrent davantage.

C’est bien écrit, c’est documenté et les réflexions de l’auteure vont au-delà de cette simple décision de ne pas être mère. Il y a une vraie recherche autour des diktats et des injonctions qui entourent les femmes, sur leur place dans la société, dans le monde du travail, sur leur considération. C’est très intéressant à lire !

J’ai envie de dire pour conclure…

« Ma vie, mes choix. Mon corps, mon choix. »

On ne devrait jamais perdre cela de vue. Parce qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un avis sur tout, ni de le donner, surtout lorsqu’il concerne la vie des autres.

Si j’ai piqué votre curiosité, vous pourrez vous procurer ce livre en librairie dès le 15 avril ou le précommander en ligne !

Maud
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3 thoughts on “J’ai décidé de ne pas être mère

  1. Au contraire, je trouve cela très enrichissant de partager nos points de vue, surtout quand cela s’effectue avec autant de bienveillance (ce qui est très rare sur ce sujet brûlant…) Merci à vous et bonne continuation également !

  2. Bonjour, c’est l’autrice qui vous écrit ! Je suis vraiment très heureuse de voir que vous avez trouvé un intérêt à mon livre ; c’est la première critique d’une mère que je lis et je tenais donc à vous remercier pour votre propos. Je regrette de vous avoir heurtée, mais comme je le dis dans mon livre, je ne peux affirmer que j’apprécie les enfants « en général  » — aussi peu que je dirais que j’aime les êtres humains « en général ». Jamais je ne les qualifierais de « chiards » dans leur ensemble, en revanche, à l’inverse de certains militants dénatalistes en effet : c’est bien la raison pour laquelle je mentionne dans mon livre des moments très spécifiques où tel enfant bien particulier a pu m’agacer. Mais certains enfants de mon entourage sont tout à fait adorables et intéressants, et je les apprécie sans réserve — bref, les enfants m’intéressent en fonction de leur personnalité, comme leurs parents, d’ailleurs 🙂 Je pense en tout cas qu’il faut se défaire de l’idée selon laquelle les femmes qui ne veulent pas devenir mères détestent forcément les enfants, car cela ne me semble pas tout à fait juste. Encore merci en tout cas, et au plaisir ! Chloé C.

    1. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de me laisser un petit message et merci pour ce témoignage que vous livrez à travers ce livre 🙂 C’est un sujet encore tellement tabou !
      J’espère ne pas vous avoir heurtée, à mon tour, à travers mes remarques. Ce sont des détails et à travers votre livre on perçoit la bienveillance et la tolérance dont vous faites preuve… alors que vous ne la recevez que peu en retour lorsque vous abordez votre choix.
      Effectivement, il y a une réelle différence entre vouloir ou non des enfants, et les apprécier. L’éducatrice qui suit un de mes enfants ne souhaite pas avoir d’enfant, et pourtant elle travaille chaque jour avec ceux des autres 🙂

      Je vous souhaite beaucoup de belles choses pour la suite !

A vous !

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