Imparfaite écolo

L’écologie, le zéro déchet… ça a le vent en poupe et tant mieux ! Cependant, en même temps, cela peut être source de stress. J’ai vu naître des polémiques chez certaines chouettes instagrammeuses… parce qu’elles n’étaient pas parfaites dans leur démarche. Et alors ? Parce que nos déchets de l’année n’entrent pas dans un bocal, parce que de temps en temps on achète des biscuits industriels, qu’on se fait un fast-food ou qu’on met un pied dans un supermarché… on n’aurait pas le droit de parler, d’échanger, de partager son cheminement ? Il faudrait être 100% zéro déchet, 100% écolo pour avoir le droit de citer ? J’espère que les personnes qui se permettent de critiquer à tours de bras sont irréprochables dans leur quotidien… mais elles ne le sont déjà pas… elles vont sur internet et sur les réseaux sociaux 😉

Les réseaux sociaux sont un immense espace de partage qui peut être riche et positif. Mais pas que. C’est aussi anxiogène et négatif. On peut rapidement se mettre la pression et culpabiliser, et prendre pour des injonctions tout ce qu’on y voit concernant l’écologie. Pour moi, chacun chemine à son rythme. Prendre de nouvelles habitudes et en abandonner d’autres n’est pas toujours aisé. Evidemment, il y a urgence à ce que chacun fasse sa petite part… mais je suis convaincue que chaque petit pas compte et que si chacun met en place des petits gestes, on peut faire bouger les choses. Il n’est pas nécessaire d’être à 100% écolo, 100% zéro déchet pour agir et amener sa pierre à l’édifice. En tout cas, je le crois.

C’est rigolo car cet article est dans mes brouillons depuis un moment, et puis j’ai lu l’article d’Un instant de bonheur, sur le même thème. J’hésitais à publier le mien… J’avoue qu’en ce moment je n’ai pas l’énergie pour gérer l’éventuelle polémique que ça pourrait engendrer, ou pour encaisser des commentaires amers. Finalement, en la lisant, je me suis dit que, si, j’allais cliquer sur ce bouton “publier”. Je pense qu’il est important de montrer, aussi, qu’on peut être dans une démarche de réduction des déchets, sans être parfait.e… tout comme on peut être ecolo-friendly sans être à 100% opérationnel.le dans tous les domaines.

De mon côté, j’ai été attirée par les problématiques écologiques dès mes 13-14 ans. Pourtant, cela ne fait pas de moi une parfaite écolo… Oh non. Il y a des hauts et des bas, je fais des erreurs, et il y a aussi des domaines dans lesquels je n’agis pas encore, d’autres où je ne parviens pas encore à modifier mes habitudes… pour diverses raisons. J’ai eu des périodes où j’ai beaucoup culpabilisé, où ça occupait une trop grande place dans mon esprit. Je me suis tranquillisée. Je fais ma part, à mon échelle, du mieux que je peux… en essayant de tendre vers une amélioration, au fil du temps. Il y a des gestes adoptés depuis longtemps, d’autres lâchés en cours de route mais qui reviendront, des nouveaux, des “à venir”… Pour moi, il est important de se délester de la pression qu’on pourrait se mettre et de rester indulgent et bienveillant envers soi.

J’ai un rythme de vie qui fait que je ne peux pas toujours aller aussi loin que je l’aimerais dans ce mode de vie plus respectueux de la planète et du vivant. J’ai deux enfants H24, un autiste hyperactif (TSA/TDAH pour les initiés 😉 ) et une hyprasensible. Mon mari travaille du lundi au samedi… il part à 6h le matin et revient rarement avant 19h30. Donc je porte 90% du quotidien sur mes épaules. Je dois composer avec tout ça… l’instruction, les rendez-vous de Tom, les papiers, le linge et tout le reste… et les courses. Si je ne veux pas m’épuiser et terminer en burn out, je dois parvenir à trouver un équilibre entre les contraintes de mon quotidien, ma santé et mes valeurs écolo. Ca n’est pas toujours facile. De plus, monsieur n’est pas franchement porté sur l’écologie ^^ Par cet article, je ne cherche pas à me donner des excuses pour mes imperfections, ni à me déresponsabiliser. J’ai simplement envie de montrer qu’il est plus intéressant de regarder ce qu’on fait déjà, plutôt que s’accabler pour ce que l’on ne fait pas (encore).

Je suis donc une imparfaite écolo comme ça…

  • Je fais des drives.

Ô horreur je donne mon argent à des supermarchés ! J’achète du “faux bio” ! Et oui… Comme je le disais ci-dessus, je dois composer avec un quotidien bien rempli et il faut l’avouer, les drives c’est tellement pratique. Faire 3 ou 4 lieux pour faire mes courses, avec mes enfants, est tout bonnement impossible… Enfin, je pourrais le faire, quand on veut on peut, n’est-ce pas ? Mais la pénibilité serait à son point le plus haut et je tiens à ma santé mentale. Je pourrais également passer mon dimanche matin à courir les rares petits commerces ouverts… Mais vous comprendrez que je n’ai pas très envie de consacrer mon seul jour de week-end à ça 😉 Donc oui, je fais encore des drives. Un jour je ferai autrement, pour l’instant je ne sais pas faire sans. Ca reste le gros gros point noir dans ma démarche de réduction des déchets.

  • J’utilise un ordinateur et j’ai un iPhone.

Même s’ils sont de seconde main, ça n’en reste pas moins des objets très polluants, fabriqués dans des conditions abominables.

  • Nous avons deux voitures, dont une à diesel.

… et c’est celle que j’utilise au quotidien. Monsieur va au boulot tous les jours en voiture. Ce n’est pas très loin, certes, mais il ne peut pas y aller à pied.

  • J’utilise un sèche-linge.

On le sait, cet appareil électroménager est très gourmand en électricité… j’essaie de l’utiliser le moins possible, 1 à 2 fois grand maximum par semaine, uniquement sur la période automne-hiver. Mais il m’est difficile de m’en passer.

  • Mes enfants ont des jouets en plastique.

80% de leurs jeux et jouets sont de seconde main… mais la majorité sont en plastique quand même.

  • Nous fréquentons des fast-foods.

Ô sacrilège ! Oui… nous allons parfois chez Mc’Crado ou chez Flunch… Nous commandons des pizze (non, je n’écris pas “pizzas”) chez le pizzaïolo du village.

  • Je commande encore sur Amazon.

Cela m’arrive encore oui. C’est de moins en moins courant, mais je n’ai pas encore totalement abandonné.

  • On a une machine à café à dosettes.

Je ne bois pas de café mais monsieur oui… et il kiffe sa fameuse machine “What else” … Nous aimerions pouvoir investir dans un vrai percolateur, mais ça reste hors budget pour l’instant et monsieur n’adhère pas à l’idée de la capsule inox à remplir chaque fois qu’il veut un café… Tout le monde à ses flemmardises.

  • Je ne mange plus de viande ni de poisson mais je consomme encore des oeufs et du fromage.

Donc je participe encore à l’exploitation animale, et à la pollution, la dégradation des sols que cela engendre.

  • J’achète du tissu.

J’aurais beau essayer de faire moins pire en choisissant des tissus certifiés bio ou Oeko Tex… acheter du tissu reste non écolo. J’ai beaucoup réduit le rythme de mes commandes mais je craque encore de temps en temps.

  • Je ne fais pas TOUS mes produits ménagers.

Je fais ma lessive, le produit pour le sol… j’utilise du vinaigre pour le ménage… Mais j’achète encore des pastilles pour le lave-vaisselle et du liquide vaisselle car je ne suis pas satisfaite de mes essais, et je n’ai pas encore trouvé les recettes qui me conviennent.

Bref. Je m’arrête là, mais je pourrais citer encore des tas de petites choses qui font de moi une imparfaite écolo. Cependant, au lieu de ruminer sur mes failles, je préfère regarder tous ces petits gestes que j’ai déjà mis en place, toutes ces habitudes qui sont acquises au quotidien. Je sais qu’il me reste une grande marge de progression, mais je vois aussi que j’agis, à ma petite échelle en essayant de faire de mieux en mieux.

Il faut agir, sinon nous allons laissé une planète invivable à nos enfants et nos petits enfants… mais il n’est pas nécessaire d’être sur tous les fronts pour agir 😉

Maud
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6 thoughts on “Imparfaite écolo

  1. on en est tous là. Qui peut se permettre, en temps, énergie, argent, d’être un parfait écolo dans cette société? Je choisis mes combats et il n’est pas question que je me pourrisse la vie.

  2. Ceci dit… Si chaque foyer était aussi imparfaitement écolo que le tien, il n’y aurait nul besoin que quiconque soit 100% parfait…
    Si chacun y mettait du sien et repoussait le consumérisme, la planète se porterait déjà beaucoup mieux.

  3. Super article!
    Et je vous comprends et vous rejoint totalement!
    Je suis également une écolo totalement imparfaite et je fais aussi des drives! oui oui!!!
    Parce que faire ses courses dans des lieux différents avec 3 enfants dont un TDAH et enceinte de presque 9 mois, non c’est juste hors de ma santé mentale!!!
    Merci pour cet article!
    Nadège

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