Dépression, cette maladie incomprise.

Le 27 octobre 2013, se déroulera la 10e journée Européenne de la Dépression. Durant toute la semaine, à partir du 22 octobre, 10 villes proposeront des films-débats, des conférences, des stands d’informations, des animations culturelles ou encore des démonstrations de thérapies complémentaires, autour du thème “Dépression et travail“.

Pourquoi je vous parle de ça ?

Parce que la dépression est une maladie qui m’a touchée de plein fouet, et ça a duré… plusieurs années. Car la dépression est une maladie souvent mal comprise et mal acceptée. Car les personnes qui en souffrent sont souvent jugée et dénigrée.

Mon parcours auprès de cette fichue maladie a commencé très tôt. Dès mes 15 ans, j’ai connu des profondes phases de déprime et de mal-être, mais on mettait tout cela sur la déprime hivernale, et sur l’adolescence, ce qui ma foi était légitime.

Cependant, ça n’a pas cessé… J’ai continué à traverser des périodes de grand malaise, de troubles alimentaires, où je ne savais plus ce que je faisais ici, où je ne comprenais pas cette tristesse persistante alors que j’avais vraiment tout pour être heureuse. L’été de mes 19 ans, après une perte de poids significative et un craquage au travail, le mot est tombé comme un couperet : DEPRESSION.

Je l’ai pris comme un coup de poing, c’était juste impossible que MOI je sois dépressive, non non non. Et pourtant… J’ai pris des médicaments, 4 mois seulement car je ne voulais pas m’y habituer. Quand j’ai fini par accepter cette maladie, car s’en est une, et bien j’ai commencé paradoxalement à aller mieux.

Je n’ai pas été voir de psychiatre ou de psychologue, en tout cas pas immédiatement. Je m’analysais toute seule, jusqu’à me rendre compte qu’il n’y avait pas de raison particulière à ce mal-être, enfin en tout cas, qu’il n’y avait pas d’élément déclencheur. J’avais au fond de moi un malaise, je ne trouvais pas ma place, je me dévalorisais beaucoup, je vivais mal mes échecs… je m’étais créé tout un tas de mécanismes inconscients d’autodestruction finalement!…

Quand j’ai fini par comprendre que c’était moi qui me détruisait, j’ai été voir une psychologue, qui m’a beaucoup aidé. Et puis, je me suis mise des coups de pieds au derrière, car il était pour moi, hors de question de persister dans cet état! J’avais toute la vie devant moi, alors il fallait que j’avance.

J’ai toujours été d’une nature optimiste et naïve malgré tout.

Voilà comment pendant près de 4 ans, je me suis battue contre mes rechutes, pour me relever quand je me sentais de nouveau tomber. Je n’ai pas pris de traitement, j’ai cherché des solutions ailleurs : dans la danse et dans la cuisine par exemple.

Si je vous livre ce témoignage de cette partie de moi que j’ai longtemps repoussée, c’est dans l’espoir qu’un jour on cesse d’accabler les gens dépressifs. Cela peut arriver à n’importe qui, et véritablement nous tomber dessus.

De mon côté, j’ai appris par la suite, qu’il y a un terrain familial, que notre patrimoine génétique joue son rôle lui aussi… et la dépression est une affaire de famille do côté de ma mère. Et puis, on m’a trouvé un gros déficit en vitamine D, que je ne fixe et ne fixerais jamais, ce qui occasionne des périodes de déprimes à l’approche de l’hiver.

Bref. La dépression est un sujet important, que l’on banalise trop souvent. La France compte le plus grand nombre de consommateurs d’antidépresseurs et d’anxiolytiques. Le burn out professionnel est malheureusement une réalité qui touche de plus en plus d’actifs…

Alors, je soutiens cette semaine d’information autour de la dépression, et autour de la pression au travail.

Et vous, la dépression vous en pensez quoi ?

 

 

(Plus d’informations ici)

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Parce que ça n’arrive pas qu’aux autres

Maud
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11 thoughts on “Dépression, cette maladie incomprise.

  1. J’en pense que c’est trop banalisé.
    Je suis de celle qui a essayé la thérapie mais ça me rendait tellement vide tellement fatigué je n’arrêtais pas de pleurer.
    Ma vie a été prise en main avec ce petit être pansement qui m’a donné le chemin j’ai enfin existé a travers lui, sans mes enfants m’a vie n’a aucun sens <3
    Je félicite cet article a cœur ouvert A bientôt

  2. C’est un très jolie témoignage.
    Il n’y a que comme ca que nous arrivons a toucher les gens sur des sujets sensibles, en faisant part de sa propre expérience =)

    1. Merci 🙂

      Oui j’espère qu’un jour les choses changeront, à force de témoignages et de preuves qu’on peut s’en sortir mais que cette maladie peut arriver à n’importe qui!

    1. Merci 🙂
      Je ne sais pas si je suis une battante, mais en tout cas j’ai confiance en la vie, et ces périodes dépressives dont j’ai réussi à me sortir par moi-même (avec le soutien de mon entourage bien sûr) m’ont donné aussi confiance en moi. Désormais, je sais que je peux me sortir de situations difficiles, que j’en suis capable 🙂

  3. Haaa, la dépression…

    Cette “amie” qui m’a accompagnée pendant des années … en gros, de mes 15 ans à mes 26ans. Avec des périodes ôù ça allait un peu mieux, puis des périodes terribles. Mon boulot a fini par rendre ça plus difficile encore. Je ne rentrerai pas dans les détails, je ne me sens pas pret pour ça (peut être un jour sur mon blog?) et ça serait long. Très long. Et difficile.

    Puis, à partir de la naissance de mes filles, petit à petit, j’ai commencé à perdre contact avec cette “amie”. Petit à petit, la dépression et moi, on ne s’est plus cotoyé. Aujourd’hui, parfois, je vois encore sa petite soeur, la déprime passagère. Mais mes filles m’auront aidé à aller mieux et à faire sortir la dépression de ma vie, de façon définitive je l’espère 🙂

    1. Merci pour ton commentaire.

      C’est vrai que ce n’est pas facile d’en parler… Finalement c’est assez tabou. Pour moi ça a été un peu pareil, la naissance de mon fils a éloigné l’ombre de la dépression qui planait au dessus de ma tête, s’apprêtant à reposer ses valises un jour ou l’autre, ainsi que tous mes troubles alimentaires. Il y a toujours comme tu dis la petite soeur “déprime”, mais je crois que nos enfants chassent nos démons, car on doit s’occuper des leurs et car ils remplissent tellement nos vies 🙂

      Je te souhaite que cette dépression ne revienne pas, et profite de tous les instants de ta vie de papa!

  4. La dépression.. comme tu l’as dit, ça peut tomber sur n’importe qui et n’importe quand. Malheureusement la plupart des gens vont critiquer et juger au lieu d’essayer d’aider. Certaines fois, quand on voit quelqu’un qu’on aime en être atteint, c’est difficile de savoir quoi faire, de faire justement le bon geste ou d’avoir la bonne parole. On a tellement peur d’empirer les choses…
    Peut-être que si on en parlait plus, ce serait plus simple pour les personnes dépressives mais aussi pour leurs proches qui (quand ils en ont quelque chose à faire) ne savent pas du tout gérer ça.

    Bref, un article très intéressant. Merci d’avoir parlé de toi, j’imagine que ce n’est pas si simple.
    Belle journée 🙂

    1. Non ce n’est pas simple, pour l’entourage car les mots quels qu’ils soient ne changent rien. Mais parfois il suffit juste d’accepter la maladie de la personne qu’on aime, et de respecter ses grandes tristesses, ses mauvais jours où elle ne veut voir personne… parfois cela suffit 🙂
      Il faut être présent, même avec maladresse, je crois, en tout cas moi la présence de mes amis et surtout de ma famille m’a aidé 🙂

A vous !

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