Communication positive, le poids des mots

Si vous me suivez un peu, vous savez que je chemine vers une éducation bienveillante. Et pour moi il n’y a pas d’éducation bienveillante sans communication positive. 

Essayer d’oublier la négation, de limiter le “TU“, de ne jamais dévaloriser son enfant… Ce n’est pas toujours facile, car nous avons des automatismes, et les mots sortent parfois plus vite qu’on ne l’aurait voulu. Il m’arrive souvent de dire à Petit Girafon: “TU me fatigues là”… ce n’est pas très positif, ça n’est pas vraiment bienveillant non. Je devrais plutôt dire “JE suis fatiguée tu sais”.

Ou encore, je vais facilement dire à petit V: “Je suis fâchée car TU as fais ci ou ça..” alors qu’un “JE suis un peu en colère car il y a de l’eau partout, car j’ai besoin d’un peu de calme” serait peut-être une réponse plus adaptée.

On se laisserait facilement aller à des : “TU es vilain!”, “Regarde tes notes, TU es nul!”, “C’est pas possible TU as encore fait une bêtise!”

La communication positive pour moi commence par essayer de limiter ce “TU” accusateur mais aussi par toujours être vigilant à ne pas dévaloriser son enfant. Le petit enfant va vite faire le raccourcis: “Je suis un mauvais petit garçon/ Je suis une mauvaise petite fille… maman/papa ne m’aime pas”…

Et puis, il y a cette négation… le “NE… PAS“… que le jeune enfant ne comprend pas. Son cerveau lui n’entend pas cette négation… Alors lorsqu’on lui dit “Je ne veux pas que tu fasses ci ou ça”… lui entendra “Je veux que…” Ou si on lui dit “Je ne suis plus fâchée”, il peut très bien comprendre “je suis fâchée”. Cela peut paraître absurde, et pourtant c’est vrai! Il vaut mieux dire à l’enfant ce qu’on attend de lui, ce qu’il est autorisé à faire plutôt que ce qu’il ne peut pas faire. Par exemple, si vous dites à votre enfant de ne pas toucher un objet, et qu’il le fait quand même… Pourquoi ne pas essayer au lieu de lui dire: “Je t’avais dit de ne pas y toucher!”, de plutôt lui dire: “Oui, c’est cela que je t’ai interdit de faire”… Vous me direz, quelle différence au fond? Et bien dans l’une des phrases, on est dans une négation… l’autre est une phrase positive.

J’avoue moi-même que ça n’est pas toujours facile au quotidien… qu’avec la fatigue, les soucis, notre bagage émotionnel personnel etc… parfois on est bien loin de cette communication positive. Mais, l’important quand on est parent c’est de savoir se remettre en question non? 

En tout cas, c’est mon quotidien. Réfléchir et me demander comment je pourrai toujours plus tendre vers cette communication positive, vers cette bienveillance dans mes mots. Car si les coups font mal et marquent la peau, les mots eux brisent l’âme. Et un enfant a trop entendre “TU es sale”, “TU es nul”, “TU ne sais rien faire”, “TU es si maladroit”… va vite finir par s’en convaincre et perdra petit à petit toute estime pour lui même.

Essayer d’adopter une communication positive, c’est aussi s’ouvrir à ses propres émotions. Savoir dire “JE suis… parce que j’ai besoin…” Au final, tout le monde y est gagnant! Apprendre à s’écouter, à s’exprimer pour mieux comprendre l’autre, son conjoint, son enfant. Et mieux accepter leurs émotions parce qu’on accepte les nôtres.

Bref, pour moi, c’est un des maillons forts de l’éducation bienveillante, et c’est une clé pour une vie de famille plus sereine. Même si c’est difficile, même si parfois on fait des erreurs, qu’on s’énerve… savoir s’excuser, expliquer et mesurer le poids de nos mots me semblent être des choses importantes.

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Un petit outil sympa et ludique qui ne coûte pas grand chose :

Petit cahier d’exercices de communication non-violente– Anne Van Stappen

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Et vous qu’en pensez vous?

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23 thoughts on “Communication positive, le poids des mots

  1. c’est marrant car j’ai justement eu une formation aujourd’hui sur le même sujet, cela s’appelle “être assertif ” et la formatrice nous disait exactement la même chose que ce soit pour se faire comprendre par un adulte ou un enfant. Toujours utiliser le “je” en exprimant ce que l’on ressent. “Je suis en colère par ce qu’il y a ça qui ne va pas” “je suis fatiguée et j’aimerais un peu de calme”

    1. C’est ça, être assertif! Je l’ai vu en formation aussi, mais par rapport aux relations entre adultes 🙂
      Ce n’est vraiment pas facile, mais je crois que c’est un effort à faire qui en vaut la peine!

  2. Très beau billet ! j’essaie aussi cette méthode mais en effet, difficile de refaire notre propre éducation !! J’essaie également de valoriser au maximum quand les enfants font quelque chose de bien … genre m’écouter du premier coup, ou faire une chose sans que je leur demande. P’tit Loup a diminué “ses comédies” grâce à ca.

  3. Génial ce billet. J’avoue que je dis toujours “Tu” et “Je ne veux pas”… Et c’est sans le vouloir. Il faut que je travaille là dessus.. Et puis par contre, je ne dirais jamais à mon enfant qu’il est nul, chéri a toujours entendu ça par sa Maman étant petit, et aujourd’hui il a du mal avec ça, il se croit nul, alors que non !!!

    1. Moi aussi, il y a des choses dans l’éducation bienveillante à fond qui ne me correspondent pas… Mais en m’y intéressant, je découvre des choses comme cette communication positive qui peuvent, je pense vraiment adoucir la vie familiale… même si comme tu le dis c’est pas facile tous les jours! 🙂

  4. J’aime ! Cela me rappelle une formation que j’avais faite il y a déjà un moment (en 2005 je crois) et on avait de la pratique à faire avec le “je” … Tout ça me semble si loin, non pas que j’avais complètement oublié mais c’est vrai que je n’y ait plus trop prêté attention jusqu’à une récente lecture … C’est vrai que le “tu” sors très facilement et parfois quand je le dis (et que je viens de m’en rendre compte) j’essaie de reformuler ensuite …Ma mère n’arrêtait pas de me dire que j’étais nulle en Maths … donc je l’ai été finalement et j’étais persuadée que je n’y arriverai jamais dans cette matière …

    1. Moi j’ai réalisé il y a peu, combien on a pu accabler le dernier de mes frères. J’ai toujours été très proche de lui, mais il est très gauche, il est souvent ailleurs, dans son petit monde..
      Et sans vouloir être méchant ou le dévaloriser, on riait souvent de ses maladresses ou quand il était dans sa lune… Et finalement, ne l’a t-on pas enfermé dans cette image sans le vouloir?
      Alors, j’essaie désormais de valoriser en lui tout ce qui le rend unique 🙂
      Et j’espère réussir au mieux en famille à adopter une communication plus positive.

A vous !

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