Ces rêves envolés

Quand je travaillais, une de mes collègues m’appelait “la rêveuse”. C’est vrai que j’ai toujours eu plein de rêves dans la tête, que j’ai toujours été un peu utopiste aussi. Si j’avais pu avoir un super pouvoir, j’aurais voulu pouvoir rendre la vie plus douce à chacun, éradiquer la faim et la guerre. Cela m’a valu des passages particulièrement compliqués, émotionnellement. Je ne pouvais plus regarder les informations, sans être écrasée par une forte culpabilité, d’être à la place où j’étais pendant que d’autres vivaient dans la misère. Quand t’as 14-15 ans, c’est pas vraiment évident à vivre… Parce que ce n’est pas le genre de préoccupations que je confiais à mes copines… Disons, que ça ne faisait pas partie des inquiétudes de la majorité des ados autour de moi. C’est comme quand j’ai adhéré à Greenpeace à 14 ans… J’étais un peu en décalage avec les autres. Donc, je gardais ça pour moi.

Depuis toute petite, j’ai toujours nourri beaucoup de rêves. Je les gardais souvent pour moi, car j’étais rarement prise au sérieux. Aujourd’hui, je prends chaque jour un peu plus conscience que tous ces rêves se sont envolés, sans que j’ai même essayé de les réaliser. Pour la majorité en tout cas. Et je trouve ça triste. Parce qu’à 28 ans, je réalise que les barrières que j’ai pu me poser sont encore là, bien fermées. Et j’ai du mal à remonter à leur origine. En tout cas pour certaines. D’autres, je sais exactement à quel moment elles ont été posées. Cependant, je n’ai sans doute pas eu le courage ou la force de les soulever malgré tout.

Ma vie actuelle me plaît, elle me convient même si ce n’est jamais tout rose. Je n’échangerais ma place pour rien au monde. Mais, je ne peux m’empêcher de me dire qu’elle aurait peut-être pu être différente, ou un peu plus à mon image si j’avais, ne serait-ce qu’essayer de m’accrocher davantage à tous ces rêves. J’ai toujours senti que j’avais un peu l’âme d’une artiste, en tout cas la fibre créative. J’ai écrit mes premiers poèmes à huit ans et je n’ai cessé d’écrire depuis. Ecrire a toujours été mon moyen préféré pour communiquer de façon plus profonde. Je crois que l’écriture m’a aussi sauvée pendant certaines périodes particulièrement difficiles de mon adolescence. Et puis, il y avait la musique. Je n’ai jamais vécu sans. Elle m’est indispensable. J’ai aussi rencontré le théâtre. J’ai rêvé de devenir comédienne. Mais, je n’ai pas bravé le manque de soutien de mon entourage, alors j’ai choisi une voie plus sage… que j’ai quitté en cours de route. Ensuite, c’est la danse qui est entrée dans ma vie comme un souffle magique. C’est resté ma plus grande histoire d’amour.

J’ai tellement rêvé d’une vie où j’aurais pu réunir toutes ces passions en un seul lieu, en un seul temps. Avant de rencontrer Papa Girafe, je visitais des corps de fermes. Je voulais retaper une vieille bâtisse et en faire la maison du bonheur. Ouvrir une ferme pédagogique, avec un petit maraîchage bio… Avoir un ou deux gîtes, un atelier de transformation pour faire de la vente directe de bons produits. Je la rêvais aussi avec une belle salle pouvant accueillir un sublime parquet, pour organiser des bals avec mes musiciens préférés… J’avais le rêve d’une vie. D’une vie où le travail n’aurait pas été dissocié du reste. Une vie où mes enfants auraient grandi au grand air. Une vie saine, plus en harmonie avec mes valeurs, mon rythme et notre chère planète. Les exigences en temps et en disponibilité d’un tel projet ne m’ont jamais fait peur. Encore aujourd’hui, je ne peut m’empêcher de nourrir l’espoir qu’un jour peut-être je pourrais mettre la machine en marche.

En attendant, au lieu de ça… au lieu d’avoir suivi mes rêves, j’ai pris la voie d’une petite vie plus sage, plutôt rangée où ma tête me rappelle souvent à l’ordre. Parce qu’on compte sur mes épaules pour porter le quotidien. Et je pense souvent, avec une pointe de mélancolie à tous ces rêves envolés… à tous ces rêves que j’ai laissé s’envoler sans essayer de m’y accrocher. J’ai cessé de me culpabiliser à ce propos. Je travaille sur moi, j’essaie de reconstruire des passerelles là où elles ont pu s’écrouler. Je tente de renouer avec cette moi si rêveuse que j’ai planqué derrière celle si raisonnable. C’est long. Ca le sera sans doute encore. Cependant, je veux me donner la chance de suivre, un jour, la voie de mes rêves.

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Maud

Maman multi-casquettes, un brin écolo et pratiquant l'instruction en famille. Résolument optimiste, j'espère vous transmettre ma bonne humeur et ma douceur!
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10 thoughts on “Ces rêves envolés

  1. Il n’est jamais trop tard. Il faut des gens pour réinventer le monde et des utopies nécessaires pour les inspirer. N’abandonne pas, tu es investie, curieuse, créative, engagée, c’est ce que je vois de ta vie à travers ton blog, et je ne te trouve pas “rangée’, je pense que tu es “en chemin”, et que t’es déjà dans un mode de vie plus résilient que la plupart des gens de notre époque. alors chapeau bas.

  2. Ton texte est très touchant. Moi aussi j’ai laissé mes rêves s’envoler… comme l’impression que c’est ce que nous enseigne l’âge adulte mais il n’est pas trop tard pour les réaliser ou bien rêver encore un peu. Bisous

  3. Oh, il faut garder tes rêves. Parfois, il faut du temps pour les laisser maturer. Et puis y aller, un pas après l’autre. En tout cas, j’espère que tu arriveras à toucher du doigt tes rêves même si c’est un peu sur le tard et que ta priorité du moment est à tes enfants. 🙂

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