Bilan de confinement POSITIF !

Alors que le déconfinement est annoncé pour lundi, j’ai envie de faire un petit bilan de ces deux derniers mois… même si je suis convaincue qu’on n’est pas sorti d’affaire et qu’il y a des risques pour qu’on nous confine de nouveau. En tout cas, que l’on continue à nous demander de vivre de manière plus “restreinte” que d’ordinaire. De notre côté, il est certain que nous n’allons pas nous déconfiner totalement. On va retrouver un minimum de vie sociale, car les enfants sont très très en demande… mais on ne reprendra pas notre vie comme avant le confinement. Mes enfants venaient en courses avec moi, on allait à la médiathèque toutes les semaines, régulièrement dans des lieux accueillant beaucoup de public… Tout ça, on ne reprendra pas. Je vais continuer à aller seule faire les courses. Si la médiathèque rouvre, j’irais seule. Nous allons continuer à limiter nos sorties. Parce que l’épidémie, on est encore loin d’en être sortis, à mon avis.  Enfin, bref. Le sujet du jour n’est pas le déconfinement et comment chacun va le gérer.

Nous n’avons pas particulièrement souffert de ce confinement. Tom a bien montré des signes d’impatience, car ses copains lui manquent, ses grands-parents aussi. Mais nous avons passé deux mois sereins et je retire beaucoup de positif de cette période ! Et c’est de cela dont j’avais envie de parler aujourd’hui !

Chaque jour, j’ai mesuré ma CHANCE. Cette chance d’avoir un toit sur la tête, de pouvoir nourrir ma famille sans souci, d’avoir de quoi nous divertir, un petit coin de verdure pour nous aérer sans sortir… et j’éprouve énormément de gratitude. J’aurais pu naître dans un autre pays, ou une autre époque et vivre des confinements à répétition, de plusieurs mois, dans une pièce lugubre, la faim au ventre. Cela m’a fait faire un grand bond dans ce chemin de la simplicité volontaire que j’emprunte. J’ai besoin de peu pour être heureuse, et ce “peu”… et bien, il est énorme en réalité !

Ce confinement a été, pour moi, l’occasion de nombreuses autres prises de conscience. Notamment sur moi. J’ai redécouvert mon côté solitaire et casanier. Ce côté de moi que j’ai souvent camouflé, me fondant dans une vie sociale trop intense pour moi, trop fatigante. J’ai toujours su que trop de sollicitations sociales me fatiguaient… mais prise dans le tourbillon de la vie, je me suis un peu oubliée… et beaucoup épuisée. Evidemment, je me mets une certaine pression, car mes enfants étant instruits à la maison… il est aussi de mon devoir de leur offrir la possibilité d’avoir une vie sociale riche et variée. Mais… de cette pression est née, une totale incapacité, de ma part, à dire “Stop ! Là c’est trop pour moi.” J’ai redécouvert à quel point j’aime ma solitude. Ce n’est pas une solitude, seule, sans personne, puisque je vis H24 avec mes enfants et que j’ai un mari aussi. C’est ce côté casanier… le fait de me sentir bien, chez moi, avec eux. Au calme, dans mon cocon, avec des interactions sociales limitées. Mais surtout ! Surtout, j’ai compris que j’avais le droit de l’assumer. Que je POUVAIS l’assumer. Ce n’est pas une tare ou un défaut. C’est un besoin, important. Alors, à présent, sans pour autant me couper de toute vie sociale (car j’aime aussi passer du temps avec les autres !), je vais être plus attentive à ce besoin de solitude et tenter de parvenir à mieux concilier les besoins sociaux de mes enfants, et les miens. Essayer de ne pas m’oublier totalement.

Je ne peux pas, ne pas parler des enfants… qui ont vécu ce confinement mieux que je ne l’aurais imaginé. Je ne me souciais pas trop d’Elena. Elle est encore, assez solitaire, et n’est pas en très grande demande de vie sociale. Ce qui lui a surtout manqué, c’est de ne pas pouvoir venir faire les courses avec moi, aller chercher des pizzas ensemble… des petites choses comme ça. J’étais davantage soucieuse pour Tom, tellement sociable et dont le rythme effréné s’est arrêté net ! Et bien, je crois que ça lui a été bénéfique. Après les 15 premiers jours d’ennui profond, où il tournait beaucoup en rond… il a développé une grande autonomie. Il s’est mis à créer des tas de choses, à dessiner des supports pour jouer, à bricoler avec des emballages. La demande récurrente de combler l’ennui avec des écrans est devenue quasi inexistante. Tom et Elena avaient déjà tendance à s’occuper facilement seuls, à jouer ensemble, cela s’est renforcé avec le confinement. J’ai également trouvé Tom bien plus calme et serein… alors, on s’entend, calme comme peut l’être un enfant… calme comme peut l’être un enfant autiste avec TDAH sévère 😉 J’ai beaucoup observé mes enfants… et je pense que finalement, il n’y a pas que moi qui avait besoin de ralentir, d’appuyer sur pause. Tom n’est pas facilement conscient de la fatigue qu’entraînent chez lui les surcharges sociale et sensorielle. Il aime tellement sortir, voir du monde… mais cela lui demande énormément d’efforts, et même s’il ne s’en rend pas compte, cela occasionne beaucoup de fatigue… qui se traduit par une excitabilité accrue, une grande instabilité émotionnelle, une irritabilité très forte… Grâce à ce confinement, nous allons donc repenser nos semaines, notre quotidien pour éviter qu’il ne redevienne aussi surchargé qu’il l’était depuis des mois. J’étais consciente que c’était trop car j’étais au bord du burn out… mais je ne parvenais pas à voir comment enrayer la machine. Cette pause forcée aura été salutaire !

Ce n’est toujours pas tout ! Ma charge mentale a également été amenuisée… et ça fait tellement de bien ! J’ai aussi pu revoir nos habitudes de consommation. Par facilité ces derniers mois, j’avais un peu délaissé la réduction de nos déchets… j’achetais moins local… Je n’avais plus l’énergie pour gérer cela en plus de tout le reste. Ce confinement m’a poussée à trouver des alternatives, pratiques et proches géographiquement, pour faire nos courses. Les premières semaines, je suis principalement allée au supermarché, car c’était ce qu’il y avait de plus près… Je n’en étais pas très satisfaite, et surtout, ma facture a explosé ! Et pas qu’un peu… alors je me suis à nouveau tournée vers les initiatives locales autour de chez moi. J’ai trouvé mon bonheur, à moins de 15km et j’espère bien conserver ces habitudes retrouvées !

J’oublie certainement plein de choses… Pour moi, le bilan de ce confinement est résolument POSITIF. Une pause nécessaire pour repenser la frénésie de nos vies. Je n’ai jamais aussi peu crié à la maison. Oui, je me suis agacée, j’ai râlé, j’ai haussé un peu le ton, mais mes dégoupillages se sont fait extrêmement rares. Et oui… moi aussi je pète les plombs parfois, moi aussi je hurle et ne suis pas toujours d’une bienveillance exemplaire. Ce n’est pas la faute de mes enfants, eux, ne sont que des enfants. C’est la mienne. Je ne m’écoute pas assez. Je me laisse submerger sensoriellement, émotionnellement… je me laisse m’épuiser… et ensuite, je fais au mieux pour garder la tête hors de l’eau. Forcément, ma patience en pâtit.

Donc beaucoup d’introspection, et je suis motivée comme jamais pour prendre soin de moi et de mes besoins. Je suis persuadée qu’il existe un moyen de conjuguer ceux de toute la famille sans que je m’épuise et que je relègue toujours les miens au dernier plan. Ca ne sera peut-être pas aisé, mais on va essayer 🙂

La vie au ralenti.

C’est ça dont nous avons besoin, et nous l’avions un peu perdu de vue ces derniers mois.

Maud
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2 thoughts on “Bilan de confinement POSITIF !

  1. Mon ressenti vis à vis de ce confinement rejoint un peu le tien… Je suis casanière, le relations sociales me sont compliquées et bien fatiguantes mais à l’inverse de toi je me rends compte qu’elles me sont un minimum nécessaires sans pour autant entrer dans un extrême… Côté loulou je me suis rendu compte que l’école à la maison l’a changé, il a appris bien plus chez nous qu’à l’école et je l’ai trouvé plus épanoui du coup la question de l’ief commence vraiment à se poser. On verra en septembre, on va refaire un essai jusqu’en décembre mais la descolarisation pour passer en ief ne nous effraie beaucoup moins alors à suivre.

    Cet épreuve du confinement et de la fermeture des écoles a finalement été positif et nous a amené à revoir nos habitudes et notre façon de vivre jusqu’à présent guidé par la “normalité”… Loustic n’allait en fait à l’école car c’était la norme mais je me rends aujourd’hui compte que ça n’était pas réellement un choix.

    Bizzz
    Adeline

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