Et après, je fais quoi?

Cette deuxième grossesse m’a menée à de nombreux questionnements… Dont certains deviennent obsessionnels, j’y pense nuit et jour… Je m’interroge sur mon avenir professionnel… Je fais quoi après la naissance de ce deuxième enfant? Où je vais? Qu’est-ce que je fais?… Je devrais peut-être me tranquilliser, me dire que j’ai le temps. Mais au fond l’ai-je vraiment le temps? Ca passe vite une grossesse… Ca grandit vite un enfant… Et la perspective de me retrouver une fois de plus dans le flou, la tête dans le mur ne m’enchante pas… alors j’anticipe, mais ça m’angoisse car mes réflexions ne me mènent nulle part pour l’instant.

Mon parcours professionnel est jugé assez instable par certains, incohérent pour d’autres… Mon grand-père considère que j’ai loupé ma vie… C’est vrai, j’aurais certainement pu faire de vraies études et avoir un boulot stable et non précaire. Mais je n’ai jamais vraiment su ce que je voulais faire de ma vie professionnelle… j’ai en revanche toujours su ce que je ne voulais pas. J’ai travaillé tôt, j’ai fait de nombreux boulots différents que j’ai fait avec amour et en m’y investissant vraiment. Cependant, venait toujours un moment où je perdais la flamme, où je ressentais le besoin de changer, d’aller voguer vers d’autres horizons. Malheureusement pour moi, je me suis toujours tournée vers des emplois précaires. Alors, quand je vivais seule et n’avais que mes besoins à assumer, ça ne posait pas souci. Mais désormais, cela n’est plus si simple. Je commence à en avoir marre de côtoyer le rouge tous les mois, de devoir sans cesse réfléchir chaque dépense, jusqu’à la plus petite. Parfois, j’aimerais qu’on puisse reprendre notre souffle. Nous ne sommes pas dépensiers, je deviens même de plus en plus minimaliste… mais avec des enfants il y a des frais qui deviennent vite indispensables et puis il y a les imprévus de la vie (la voiture, les factures non prévues…).

Pour autant, je n’arrive pas encore à me mettre dans la tête que je devrais peut-être choisir un emploi “alimentaire”… J’ai toujours l’espoir de raviver la flamme. J’aime mon métier d’assistante maternelle, mais je m’y projette de moins en moins… Trop précaire, tellement précaire. Et si peu valorisé… Oui la reconnaissance au travail, ça compte un peu aussi. Enfin je trouve.

Toutes ces réflexions m’ont amenée à un triste constat… Qu’ai-je fait de mes rêves? De ceux-là même qui m’ont poussée à faire des choix affirmés au niveau de mes études? Je rêvais de monter une ferme pédagogique… avec un petit maraîchage bio, quelques animaux… des gites pour faire du tourisme à la ferme… un petit laboratoire pour faire des produits fermiers et les vendre en vente directe… accueillir quelques groupes d’enfants pour leur transmettre mon amour pour l’éducation à l’environnement, pour la nature et le monde agricole. J’aurais conjugué l’animation comme je l’aime et quotidien agricole. C’était pour moi la promesse d’avoir la frontière la plus fine entre travail et plaisir. Oui, le monde agricole c’est fatigant, ce sont des contraintes, c’est un quotidien parfois difficile… mais j’aurais de loin préféré un métier épuisant physiquement qu’épuisant moralement. Travailler en plein air… Me lever le matin aux aurores et prendre un bon bol d’air avant d’aller voir mes animaux… Je voyais même déjà mes enfants courir partout, se précipiter voir les animaux en rentrant de l’école ^^ J’avais des tonnes d’idées pour accueillir des enfants d’écoles et de centres de loisirs, je voulais me former à la thérapie par les animaux… Je l’avais tellement imaginé ce projet… J’avais même visiter des corps de ferme à rénover, j’avais passé les concours pour la formation d’éducatrice spécialisée pour compléter ma formation (j’ai été prise… mais Pôle Emploi n’a jamais voulu me filer un coup de main), je m’étais renseignée sur les démarches, les subventions… Mais on en revient toujours aux finances… comment à 20 ans sans CDI (je bossais beaucoup mais en accumulant les CDD) aurais-je pu convaincre une banque de me suivre dans ce projet un peu fou? Que je me sois formée et que je connaisse le milieu n’aurait pas changé grand chose…

Vous me direz, je suis encore jeune, j’ai pas 30 ans… Mais à 20 ans, sans enfant, sans attache, c’est tellement plus simple de plonger dans l’inconnu, que repartir à zéro quelques années plus tard mariée, avec bientôt 2 enfants et un crédit immobilier sur le dos.

Enfin bref.

J’en ai eu plein d’autres des rêves et des projets… aucun qui me mouvait autant que celui-ci, mais certains mériteraient peut-être que je les reconsidère… Je me serais bien vue aussi reprendre un salon de thé, faire mes pâtisseries… avoir des bibliothèques de livres pour ceux qui viendraient passer un moment de détente… avoir un coin pour les enfants aussi…

Le souci que j’ai, c’est que ces beaux rêves demandent des finances que nous sommes très loin d’avoir… Alors, avec le temps, je finis par me dire qu’il faudrait peut-être que je devienne plus raisonnable, que je sois plus terre à terre, moins rêveuse. Depuis des semaines je suis tiraillée par ça… Je vais finir par m’en faire des noeuds, mais je n’y peux rien, ça m’obsède. Je suis bien consciente que rien n’arrive sur un plateau d’argent. Certains projets professionnels demande du temps… Les recherches d’emploi en général demandent du temps. Si je n’anticipe pas, ce n’est pas face au mur, avec un bébé dans les bras et un enfant de 3 ans que j’y verrais plus clair, que j’aurais du temps à y consacrer. Alors j’y pense, trop sans doute. Et je suis toujours aussi perdue. Ce n’est sûrement pas avec ce pavé tout décousu que la route va s’éclairer, mais j’aurais au moins déposé un peu de mes angoisses quelque part.

Elle m’obsède cette question… Et après, je fais quoi?

Maud
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22 thoughts on “Et après, je fais quoi?

  1. Je suis comme toi, j’ai toujours fait des boulots précaires (principalement dans l’animation) et je m’interroge aussi. Tu as la chance d’avoir ce merveilleux projet qui te tient à coeur. On a qu’une vie alors pour ma part, il faut tout tenter pour le réaliser. Certes, pas facile, le côté financier est le plus difficile pour tous les projets en général. Mais qui ne tente rien n’a rien comme on dit! Je te souhaite de réussir et en attendant, fais un magnifique bébé! 🙂

  2. Et pourquoi pas ? (et moi je rêve d’ouvrir une bibliothèque ! mais dans mon coin paumé laisse béton !)
    Oui y a le côté financier … mais les banques peuvent suivre si le projet est viable… pour ça qu’il faut une bonne étude de marché au préalable et trouver le bon coin !

    1. Les banques sont frileuses… surtout pour des projets qui s’apparentent à de l’agricole…
      Et puis j’ai un mari frileux aussi… Mais j’espère pouvoir un jour, au moins m’approcher de ce projet 🙂

      Oh une bibliothèque c’est un joli projet! On en a une toute petite dans notre village… et j’en ai vu des minuscules dans des trous paumés (presque pire que chez toi ^^) et c’est chouette car ça rassemble les gens 🙂

  3. L’argent le nerf de la guerre….et pourtant je me dis qu un jour les gens avec de beaux projets vont finir par percer….car ce sont de nobles tâches, des porteurs de projets….il faut “tomber” sur les bonnes personnes….et qui sais un jour tu trouveras ton bonheur

    1. Et oui malheureusement… l’argent toujours l’argent… Comme tu dis, je pense qu’il faut tomber sur les bonnes personnes. Je ne perds pas espoir d’un jour m’approcher de ce projet qui me tient tant à coeur 🙂

  4. Coucou! Suite a la lecture de ton article, j ai un super book a te recommander ” 30 jours pour trouver sa voie et vivre ses reves” d’isabelle servant. Je suis ds le meme cas que toi, je me pose mille et une questions.. Ce book m’aide bien :))

  5. J’ai été très touchée en lisant ton article. Je suis nouvellement assistante maternelle, et pour le moment, je trouve cet emploi assez gratifiant (mais peut-être que c’est parce que, justement, je n’ai pas assez d’expérience, et que là où j’habite, dans le 31, il y a beaucoup de demande…)
    Bon courage pour tes recherches !! J’espère qu’elles te porteront là où tu souhaites aller 🙂

    1. Je suis aussi dans le 31 🙂
      Mais dans mon coin on est nombreuses à avoir du mal à trouver des contrats… et puis j’ai choisi le créneau de la bienveillance, qui ne correspond pas à ce que cherche tous les parents… C’est fou comme le ressenti de chacune est différent sur ce métier 🙂

      Merci d’avoir pris le temps de me laisser un petit mot <3

      1. Tu es dans le 31 aussi?! Tu es vers où? Moi je suis à Colomiers !
        Pas tant de demande que ça dans cette ville, mais c’est par mon blog que les parents viennent (c’est fou, d’ailleurs ^^) car justement, ils recherchent des assistantes maternelles pro-bienveillance !
        Si tu es dans le coin et que tu as des places de dispo, d’ailleurs, je connais des parents (TRES) intéressés.

        Mais bon, comme je te le disais, mon ressenti est biaisé, puisque je débute, donc je n’ai vraiment pas beaucoup d’expérience.
        Si ça se trouve, dans quelques années, je penserai comme toi…
        Bonne continuation en tout cas ! Je ne commente pas beaucoup ton blog, mais je le suis avec beaucoup de plaisir 🙂

        1. Je suis du côté de Muret 🙂
          Chez nous la demande est faible, voire très faible. Après actuellement avec ma grossesse je ne souhaite pas m’engager auprès d’une nouvelle famille pour l’instant ^^ Mais une chose est sûre, quand des parents me contactent c’est qu’ils cherchent un accueil bienveillant, c’est déjà très positif! 😉

          Bonne continuation à toi aussi! 🙂

  6. Oh Maud ton article me parle énormément… contrairement à toi j’ai un boulot stable, un bon poste qui paye bien et pourtant la flamme est éteinte… mon souci est que je suis trop terre à terre et que je n’arrive même pas à avoir des rêves farfelus de projet de reconversion…. j’ai testé le métier d’ass mat. Les contacts avec les autres ass mat et l’aspect non valorisé du métier m’ont rebutée… alors moi aussi je suis en pleine réflexion et moi aussi ça me mine du matin au soir et surtout toutes les nuits, je les passe à ressasser pour essayer de savoir dans quoi je pourrai m’éclater tout en ayant du temps pour mes deux filles… pas simple du tout même si je sais que ma situation peut paraître idéale pour tout le monde vu de l’extérieur… Je te souhaite de trouver une voie qui puisse te permettre d’atteindre le bonheur pro en le liant au perso… un bien dur challenge mais le seul qui vaille vraiment la peine car sans ça, sans cette flamme, nous ne pouvons être heureuse et rendre les notres heureux !
    bisous
    Vassiia

  7. Comme souvent ton article me parle beaucoup 🙂 je pense souvent à l’après bien qu’avec l’IEF l’après ce n’est pas pour tout de suite ! Mais je me laisse le temps pour le moment…mon projet est encore très abstrait et je n’ai pas encore assez de temps pour me poser vraiment.
    La grossesse et la maternité font que l’on se remet beaucoup en question! On ne pense plus à soi, on pense beaucoup plus à l’avenir.
    Je trouve ton projet formidable, et je suis sûre que tu arriveras à le porter à bien 🙂

    1. Je ne sais pas si je parviendrais à porter ce projet au bout… Ca n’est pas simple de tout plaquer quand on n’a rien pour assurer ses arrières… Je ne perds pas espoir qu’un jour je puisse au moins m’en approcher.
      En attendant, il faut que j’arrive à trouver un équilibre, et ça n’est pas si simple… 🙂

A vous !

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