Remise en cause de la notion d’autorité

Il y a quelques temps, je vous avouais n’avoir aucune autorité naturelle. Plus le temps passe et plus je m’interroge sur cette notion d’autorité, car je ne ressens pas ce besoin de me montrer autoritaire. Je me demande bien pourquoi je devrais exercer de l’autorité sur mon enfant… Parce que je suis sa maman? Parce que c’est mon rôle? Parce que je dois l’influencer pour qu’il respecte les règles?

Ca me questionne. Je ne suis pas quelqu’un de laxiste, mais assez permissive et beaucoup dans le “laisser-faire”. Je pense que l’enfant apprend de ses propres expériences bonnes et mauvaises. Certes, il y a des règles à la maison, certes parfois je m’agace, je m’énerve, je râle… mais ça ne ressemble pas à de l’autorité ça, enfin je ne pense pas!

Pourquoi y a t-il une hiérarchie familiale? Plus j’avance et plus Petit Girafon grandit, plus je me demande si on peut pourrait pas construire un modèle familial égalitaire, où son papa et moi ne serions pas “au-dessus” de lui, mais plutôt “à côté” de lui, pour l’aider et l’accompagner. Je n’ai pas envie de prendre cette position de “dominante” par rapport à lui… je ne sais pas si je suis très claire, il faut dire que c’est encore à l’état d’esquisse un peu brouillonne dans ma tête!

Je pense que si l’enfant est impliqué dans la réflexion sur les règles, il parviendra mieux à s’y conformer que si on les lui impose purement et simplement. Chez nous, les règles essentielles tournent autour de la sécurité et du respect (on ne tape pas les chiens, on monte l’escalier avec un adulte…) Pour le reste, ce sont plutôt des routines, qui évoluent. Si Petit Girafon désire un jour prendre son bain le matin plutôt que le soir, s’habiller après avoir pris son petit-déjeuner plutôt qu’avant, manger dans l’assiette bleue plutôt que la verte… ça ne me pose pas de souci. J’estime qu’il a lui aussi le droit de s’approprier son quotidien, de “vouloir” et de “préférer”. Bien sûr il faut que les routines quotidiennes de chacun cohabitent et ça demande quelques ajustements.

Et quant aux comportements qui me déplaisent… Oui, je pourrais user d’autorité pour l’influencer à les modifier, mais est-ce que par la force, par ma prise de pouvoir sur lui, les modifierait-il de bonne grâce? Je n’en suis pas certaine! Je remets vraiment en cause cette notion d’autorité et son utilité concrète, car en fait je n’ai pas vraiment envie d’endosser cette responsabilité de cette qui impose les choses, je préfère de loin la coopération!

Pour nourrir ma réflexion, je me suis arrêtée sur le chapitre concernant justement cette notion d’autorité dans le livre Parents Efficaces de Thomas Gordon, je vous donne un petit extrait!

Je propose de remplacer le principe : “les enfants veulent que les parents emploient leur autorité et établissent des restrictions” par le suivant qui me semble beaucoup plus sain : “Les enfants ont besoin de connaître les sentiments qu’éprouvent leurs parents face à leur comportement et ils recherchent cette information afin de pouvoir modifier leur façon d’agir lorsqu’elle devient inacceptable pour leurs parents. Quoi qu’il en soit, les enfants ne veulent pas que leurs parents essaient de restreindre ou modifier leur comportement en employant leur autorité ou en menaçant de le faire. En somme, les enfants veulent limiter eux-mêmes leur attitude s’il leur apparaît que leur comportement doit être freiné ou modifié. Les enfants, tout comme les adultes préfèrent garder une certaine autonomie.”

Un dernier aspect : les enfants préfèreraient, en réalité, que leurs parents puissent accepter tous leurs comportements : ils n’auraient alors pas besoin de les limiter ou de les modifier.

(…)

Il devient donc tout à fait compréhensible que les parents ne puissent pas accepter tous les comportements de leurs enfants, et les jeunes apprennent assez bien à ne pas s’attendre à pareille perfection. Ce que les enfants sont en droit d’attendre, c’est que leurs parents leurs disent leur réaction à chaque fois qu’ils éprouvent un sentiment d’inacceptation devant tel ou tel comportement; par exemple : “Je n’aime pas être harcelé ou bousculé pendant que je parle à un ami.” Ce besoin reste très différent du désir de voir leurs parents employer la méthode d’autorité pour établir des limites à leur comportement. (p.204 – 205)

***

Comment expliquer que les enfants soient les derniers à être protégés contre les conséquences fâcheuses que peuvent avoir le pouvoir et l’autorité? Est-ce parce qu’ils sont plus petits ou parce que les adultes peuvent plus facilement rationaliser l’emploi du pouvoir par des notions comme “L’adulte a raison” ou “C’est pour leur bien” ? (p.208)

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Maud

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12 thoughts on “Remise en cause de la notion d’autorité

  1. Je crois que tu as bien raison de remettre en cause l’autoritarisme et certaines idées reçues sur l’éducation qui restent encore bien présentes aujourd’hui, même si elles viennent d’un autre temps (qui n’est pas si loin, il y a deux ou trois générations seulement en France, les parents avaient quasiment droit de vie ou de mort sur leurs enfants).

    Pour autant je crois qu’il ne faut pas jeter l’idée d’autorité avec l’eau du bain… elle est plus complexe que cela. Il y a bien des situations où il faut poser des limites, faire respecter des règles, imposer même ses choix ou décisions à ses enfants… la question est de le faire avec discernement et avec les bonnes manières.

    J’essaie dans cet article d’expliquer ce que peut être une autorité aimante et respectueuse :
    http://www.voyagebaby.com/2015/08/lautorite-en-voyage-avec-un-jeune.html

    Au plaisir d’en discuter avec qui veut…

    1. Merci pour ton commentaire… c’est rare qu’un homme commente mon blog 🙂
      Effectivement notre rôle d’adulte est aussi de faire respecter les règles (je n’aime pas trop le mot limite, qui me fait penser à “limiter” et je n’ai pas envie de “limiter” mes enfants 😉 ).
      Après j’ai très très peu d’autorité (malgré mes années de boulot auprès des enfants et des ados ^^), du coup je trouve d’autres voies pour que notre vie de famille ne tourne pas à l’anarchie!

      Je vais aller lire ton article!

  2. Tu touches du doigt ce contre quoi je me bats tous les jours : j’ai été éduquée dans l’autorité, avec des adultes qui savent mieux que les enfants et leur impose leurs choix. C’est donc un peu ancré en moi, mais après un long chemin, j’arrive enfin à m’ouvrir et à laisser la place à leurs sentiments, leurs besoins. Quand on y parvient, on se rend compte qu’on leur imposait un tas de choses inutiles et frustrantes … Après, avec 2 ce n’est pas toujours facile de concilier leurs demandes et besoins qui sont parfois opposés (ou vont dans le même sens et c’est la guerre pour avoir le verre bleu ^-^) mais ça c’est un autre sujet 😉

  3. Oui, il s’agit de sortir du rapport de force, ce qui ouvre beaucoup d’autres possibilités!… Plus efficaces en fait pour faire respecter “les règles”.
    Je suis aussi une fan de Thomas Gordon 😉

  4. Oh ! Comme je t’entends ! J’aime beaucoup ton “idée” de la façon d’éduquer un enfant.
    Je dis souvent, aux gens qui trouvent que je laisse trop mes enfants faire des choses pas forcément de leurs âges “S’il veut essayer, c’est qu’il s’en sent capable. Et je serais à côté de lui pour l’aider à y arriver”
    C’est aussi ça, être parent. Ne pas les enfermer dans un cadre rigide, mais les laisser s’évader et se construire à leurs rythmes

    1. Je te rejoints tout à fait!… certes, ce n’est pas un chemin facile, car nos enfant ne feront/seront pas forcément ce qu’on voudrait, mais au final, c’est leur laisser la liberté d’être eux même. Le regard des autres est pesant souvent… laxisme est un mot que j’entends souvent lol
      Mais j’assume mes choix, même si je suis consciente que ça ne sera pas simple tous les jours, comme n’importe quelle éducation je crois 🙂

A vous !

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