Cet accouchement chamboulé

Mon accouchement n’était pas celui dont je rêvais… Je vous avais parlé de mes souhaits pour mon accouchement (clic clic). J’ai toujours été consciente que rien ne se passe comme on l’imagine. J’avais envie de me passer de péridurale, j’avais le souhait d’un retour anticipé à la maison. Les choses auront été un peu différentes.

Tout commence jeudi 4 août 2016 à 4 heures. Un réveil “pipi” comme d’habitude. Mais très vite, je ressens des tiraillements dans le bas du ventre et je ne me sens pas hyper en forme… Je ne tente même pas de me recoucher, je m’allonge un peu sur le canapé, au calme. Je comprends vite que cela ressemble à des contractions, quand cela se régularise toutes les cinq minutes. La douleur est très supportable, mais je sens que les choses sont en marche. J’appelle la maternité. La sage-femme me dit que j’ai encore le temps, mais je dois les rappeler dans 1h à 1h30. Comme c’est un deuxième on reste vigilant, car parfois cela va plus vite que prévu. J’attends donc que le réveil de Papa Girafe sonne pour lui annoncer qu’il n’ira pas travailler. J’appelle mes parents pour qu’ils viennent récupérer Petit Girafon. A 7h, nous décollons pour la maternité, contractions toujours régulières toutes les 5 minutes.

A mon arrivée, j’ai droit à un monitoring. Tout va bien. Col dilaté à 4 cm, mais le travail doit encore progresser. Je refuse la péridurale et demande à prendre un bain. Mais j’y reste peu de temps finalement, car cela ne me détend absolument pas. Très rapidement, je sens la douleur s’intensifier. C’est encore gérable, mais j’ai mal! La sage-femme revient, on fait un petit check up et elle m’annonce que je suis à dilatation complète!… Il aura fallu à peine 30 minutes! Ca va vite… un peu trop. La douleur devient soudainement insupportable! J’ai l’impression que mon corps se déchire, qu’il se brise de toutes parts, je ne contrôle plus rien. Je hurle avec une force dont je ne m’imaginais pas capable. Je ne gère plus du tout… Quelle que soit la position adoptée, je ne suis plus maître de mon corps. A chaque contraction, je n’entends plus personne, je ne comprends plus ce qui m’arrive, c’est l’horreur… la douleur est trop intense, beaucoup trop intense… Je ne suis capable que de crier toujours plus fort pour extérioriser… Je supplie qu’on me pose une péridurale en urgence. Je suis encore en salle de travail. Il n’y a plus de salle de naissance de livre. L’anesthésiste arrive quand même à me poser la péridurale (péridurale auto dosée). La douleur finit par s’apaiser. Je reprends le souffle que j’avais perdu. Je retrouve mes esprits. Je m’apaise et rassure Papa Girafe, tout blanc… décontenancé de m’avoir vue dans cet état, souffrir à ce point sans rien pouvoir faire pour m’aider.

Finalement, bébé a encore un peu de marge. On me laisse un peu de temps, pour que je récupère. Puis c’est le moment. Je pousse comme jamais. J’y mets toute mon énergie, tout mon coeur pour que mon bébé arrive. Malgré la péridurale, je sens mes contractions. Je suis fatiguée mais je suis confiante. Tout va bien.

Ou presque.

Bébé n’a pas la tête comme il faut. Elle l’a en arrière et non enroulée, et donc ne s’engage pas correctement. On essaie de la faire tourner. J’y mets encore une fois toute l’énergie dont je suis capable. Mais elle ne bouge pas. Une salle de naissance se libère, l’obstétricienne de garde m’y rejoint. Echographie rapide… Soit elle tourne, soit c’est la césarienne. On va tenter avec la ventouse, mais on va au bloc au cas où. Elle ne tourne toujours pas. On n’insiste pas plus, on me prépare pour la césarienne. A 14h12 on pose mon bébé sur mon torse. Ma petite boule toute blonde. Puis papa prend le relais.

Clairement, la césarienne, je ne l’avais pas envisagée. Je savais qu’il y avait toujours un risque, mais je n’imaginais pas la vivre. Je n’avais pas non plus imaginé qu’il était possible de souffrir à ce point. J’ai atteint ma limite de résistance à la douleur. J’ai eu la chance d’être bien accompagnée tout au long de mon accouchement. On m’a tout expliqué, j’ai été entourée de beaucoup de douceur et de bienveillance, même au bloc. Je crois que cela m’a aidé à vivre sereinement les événements. A aucun moment je n’ai paniqué ou angoissé. On m’a fait confiance. On m’a permis de tout essayer pour éviter la césarienne, on a été à mon écoute quand je souffrais tant. Et pour l’anecdote, j’ai été accouchée par la même sage-femme que pour Petit Girafon, et par la même obstétricienne (ventouse pour Petit Girafon).

Alors voilà, ça n’était pas l’accouchement dont je rêvais. Je n’étais pas préparée à ça. Cela a été très éprouvant, surtout physiquement. Mais je n’ai aucun regret. J’ai donné tout ce que je pouvais. Je me suis sentie écoutée, respectée et accompagnée avec bienveillance. J’en garderai le souvenir d’un accouchement chamboulé, mais personne ne m’en a dépossédé.

Ma petite Elena est donc née le jeudi 4 août 2016 à 14h12.

Un bébé très calme, qui sera ici “Little Marmotte” 🙂

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Maud

Maman multi-casquettes, un brin écolo et pratiquant l'instruction en famille. Résolument optimiste, j'espère vous transmettre ma bonne humeur et ma douceur!
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19 thoughts on “Cet accouchement chamboulé

  1. J’ai eu une cesa en urgence et deux programmées. Ce n’ets pas facile. Je t’encourage à aller consulter pour vider ton sac, car même sans t’en rendre compte, c’est un traumatisme qui peut donner de vilaines conséquences, un mois ou 5 ans après. D’expérience.

  2. Tout d’abord encore félicitation pour l’arrivée de “Little Marmotte” et Bravo a toi.
    Ma mère m’a souvent dit que les grossesses se suivent mais ne se ressemble pas. L’essentiel c’est que tu était celle qui prenait les décisions.
    La césarienne ce n’est pas si grave qu’on peut le penser. J’en ai eu deux, et je n’en garde aucun mauvais souvenir et pourtant plus chochotte que moi ça n’existe pas..
    C’est génial quand l’équipe est à l’écoute. J’ai accouché à Sarrus et c’était un régal, de l’arrivée jusqu’au départ.
    Pour la suite de l’aventure ai confiance en toi et tout se passera bien.
    Gros bisous et tous mes vœux de bonheur.

  3. Coucou je viens de lire. J’en ai les larmes et oui car moi aussi j’ai eu une césarienne pour ma 2eme mais je n’en voulai pas. On m’a appeler le vendredi soir à 16h30 pour me dire le chirurgien veut vous voir en urgence à 17h (j’étais à 15 jours de mon terme) et au final à 18h je rencontre le chir qui me dit on doit vous césariser car si vous avez un accouchement par voie basse avec ce que vous avez pour votre 1er accouchement et qu’il y a des complications, vous serez incontinente à vie . Du coup le rendez vous est pris pour le lundi suivant à 9h30 la césarienne sera faite mais il faut rentrer le dimanche à 16v. Du coup il me restait que le samedi pour m’y faire et tout préparer . J’ai pleurer et pleurer et pleurer…..Je ne voulai pas de césarienne et encore maintenant j’ai du mal avec le fait d’avoir eu une césarienne, de voir cette cicatrice sur mon corps et que la cicatrice interne me fait toujours aussi mal….Repose toi bien et prends soin de toi. Ah je sais pas si quelqu’un t’en a parlé mais tu peux mettre de la crème Cicalfate sur ta cicatrice. Ça va te soulager en cas de démangeaisons ou douleur et surtout ça aide à l’estomper et à devenir blanche .

  4. Bravo pour cet accouchement !
    J’ai également plutôt bien vécue ma césarienne non programmée, je pense comme toi que cela est dû au fait que j’avais tout fait auparavant pour qu’il sorte. En gros, ce n’est pas de ma “faute” si ça ne se déroule pas comme je l’avais souhaité…
    En tout cas, je te souhaite plein de belles choses avec tes loulous !

  5. J’adore! Quelles émotions à chaque récit d’accouchement… C’est vrai que les choses peuvent être chamboulées ou pas du tout comme on l’imaginait mais tout compte fait Maman et Bébé vont bien et c’est l’essentiel! Encore toutes mes félicitations pour cette merveilleuse Little Marmotte ☺️

  6. Merci pour ces mots qui raisonnent tant en moi. Pour avoir eu 2 accouchements chamboulés en ayant pourtant eu le sentiment d’aller au bout de ce que je pouvais les 2 fois, je comprends bien ce que tu peux ressentir. Je garde tout de même une petite déception pour le deuxième en me disant que je ne connaîtrais sans doute jamais d’accouchement naturel, mais je me rattrape en lui offrant tout le lait dont il a besoin 🙂 J’espère que ton allaitement aura aussi été bien accompagné et n’aura pas souffert de ce contre-temps, mais tu avais la confiance de l’expérience du premier, c’est précieux ! Félicitations pour l’arrivée de votre Little Marmotte en tout cas et plein de bonheur et d’amour pour cette nouvelle vie de famille.

    1. J’ai eu la chance d’accoucher dans une maternité où ils essaient de respecter au maximum les souhaits des mamans. Pour l’allaitement avant qu’on me césarise, j’ai demandé à ce qu’on la fasse patienter si possible. J’ai donc pu lui offrir sa première tétée et l’allaitement se passe à merveille 🙂

      Merci pour ton commentaire 🙂

A vous !

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