Bienveillance, c’est plus facile avec le mien

Si vous me lisez un peu, vous devez savoir que j’ai décidé de m’affranchir de ma propre éducation pour emprunter le chemin de l’éducation bienveillante. J’ai beau adoré mes parents malgré les claques reçues, je ne souhaite pas reproduire ce modèle éducatif, car pour moi une gifle ou une fessée ne sont pas des solutions, quoi qu’on puisse me rétorquer. Je crois profondément qu’on peut faire autrement.

Je viens de terminer mon contrat avec petit V, et je pense avoir été une nounou relativement bienveillante… J’utilise le terme “relativement”, car j’ai souvent été dépassée, et j’aurais pu mieux faire. Dépassée et déboussolée par cette opposition parfois permanente avec ce petit garçon de 2 ans et demi (oui je sais, c’est de son âge…). Perdue aussi face à ce petit qui pouvait être si adorable et l’instant d’après me taper, me tirer la langue, me défier à coups de “nananère”, martyriser les chiennes… Parfois, souvent même, je n’ai pas su réagir de la bonne manière. J’ai un peu trop haussé le ton, trop râlé, pas assez écouté.

Avec le recul, je suis arrivée à la conclusion que la bienveillance c’est plus difficile avec les enfants des autres, en tout cas pour moi. Je suis de nature calme et patiente, mais il y a des petites choses qui alliées à ma fatigue me font immédiatement sortir de ma zone d’acceptation (cf. Thomas Gordon)… et j’ai pu constater, non sans culpabilité, que cette zone n’a pas les mêmes limites quand j’interagis avec mon Girafon qu’avec un autre enfant (en l’occurrence petit V cette année). Cela vient-il du fait que je tolère des comportements à 10, 12 ou 16 mois, que je ne tolère plus à 2 ans ou 2 ans et demi? Ou est-ce juste “normal” d’accepter différemment les choses d’un enfant à l’autre?

Je ne sais pas vraiment, cependant le résultat est le même… en terme de bienveillance, je trouve cela plus facile avec le mien.

L’éducation bienveillante est déjà en soi un chemin difficile je trouve. Il faut commencer par être bienveillant avec soi-même et c’est peut-être ce qu’il y a de plus compliqué. Il faut également accepter de se tromper, de se remettre en question. Il faut être capable d’admettre qu’on n’a pas eu le bon comportement, savoir demander pardon. Il faut CONSIDERER son enfant. Tout ça même quand il nous pousse à bout, quand il teste notre résistance aux cris, quand il vit mal une frustration… C’est dur. 

Eduquer sans taper, je pense que j’en suis capable… sans crier, cela va me demander d’avantage d’efforts, et surtout d’apprendre chaque jour à mieux gérer ma fatigue.

Il me reste à réfléchir comment je pourrais mieux gérer la phase d’opposition avec Petit Girafon au vue de mon expérience avec petit V… Beaucoup de questionnements et de doutes sur moi-même… Parfois j’ai l’impression que je n’y parviendrais pas… Heureusement, je retrouve l’envie d’y arriver par l’expérience d’autres mamans.

 

bienveillance

 

Pour ceux qui sont engagés sur le chemin de la bienveillance, trouvez-vous aussi que c’est plus dur avec ceux des autres? Acceptez-vous différemment les comportements selon les enfants, leurs âges? Comment avez-vous ou gérez-vous l’opposition, la frustration?

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Maud

Maman multi-casquettes, un brin écolo et pratiquant l'instruction en famille. Résolument optimiste, j'espère vous transmettre ma bonne humeur et ma douceur!
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12 thoughts on “Bienveillance, c’est plus facile avec le mien

  1. Je suis enseignante et j’en ai tiré la même conclusion…
    C’est plus simple d’être bienveillante avec son enfant qu’avec les autres. Mais je pense que c’est aussi la fatigue et le nombre qui joue pour moi, mais pas que. Je vais persévérer et j’espère un jour avoir la même bienveillance au travail, qu’à la maison.

    1. J’étais animatrice et directrice d’un centre de loisirs, et quand je regarde en arrière, je reviens à la même conclusion que dans cet article… Je pense qu’il y a le nombre, la fatigue, mais aussi l’ambiance générale, les collègues, les parents… qui ne sont pas forcément bienveillants… Beaucoup de facteurs entrent en jeu.

  2. Peut-etre est-ce aussi plus difficile parce c’est un enfant qui ne beneficie pas de cette education a temps complet : si le matin et le soir il se fait crier dessus, punir etc, il va developper en reaction des comportements qui ne vous facilitent pas la tâche

    1. Non, pourtant les parents appliquent eux aussi une éducation bienveillante, même si comme tous parents parfois ils sont dépassés, on discutait beaucoup, ils se remettaient souvent en question, tentaient de trouver des solutions…
      Je ne sais pas trop expliquer pourquoi d’un enfant à l’autre, je vais avoir moins de patience ou moins tolérer certains comportements… Je suis en train de lire Thomas Gordon qui lui pense que c’est assez normal…
      Mais ça ne m’empêche pas de travailler sur moi 🙂

  3. Je trouve aussi que c’est plus difficile à être bienveillant avec les enfants des autres…Bon, je ne suis pas Nounou (ouf!). Je trouve que la bienveillance est super mais ne jamais crier, je ne trouve pas ça naturel…La vie est ainsi faite non? D’émotions bonnes et mauvaises…Je ne dis pas que c’est bien mais je ne culpabilise pas car quand j’ai prévenu gentiment plusieurs fois et qu’il insiste alors oui, je crie car il sait que mon seuil est atteint. Je préviens toujours que je suis fatiguée ou qu’il dépasse la limite etc…alors peut-être y a t’il une solution pour ne pas crier et si tu la trouves, je suis preneuse 🙂

  4. Je ne sais pas si je suis engagée sur le chemin de la bienveillance . Mais Comme toi je considère avoir une patience a toutes épreuves que ce soit avec mes loustics ou les petits que je garde ! Dernièrement la petite que je garde à tester les limites et elle m’a épuisée psychologiquement . A cinq ans elle me défiait du regard pour tout, pleurait, râlait pour tout et n importe quoi ( une mouche qui volait etc) et me répondait comme une ado etc ! Parfois le métier est dur si le comportement des enfants est difficile . Je ne pense que si mon fils avait eu son comportement je serais rester aussi zen . Sans mettre une fessée ou autre, car je trouve sa inutile. Éduquer sans crier … Je dirais que je me suis améliorée. Mais parfois comment faire autrement surtout si l’enfant ou l’ado dépasse les limites?? Être parent n’est pas simple .

    1. Oh non, c’est loin d’être simple!… mais déjà quand on fait la démarche de se remettre en question, de réfléchir à comment faire autrement, qu’on verbalise, je crois qu’on a déjà fait un bon bout du chemin 🙂

  5. J’essaye aussi la bienveillance avec Mini… enfin à ma sauce. Je ne veux pas élever Mini dans la violence ou la crainte de prendre une fessée ais plutôt dans le dialogue et le respect. Comme toi, j’ai plus de patience avec lui qu’avec son cousin de 7 ans qu’on garde quelques jours. J’ai tendance à d’être vite à cran par le cousin que par Mini qui pourtant teste les limites beaucoup plus que son cousin…

A vous !

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